Les salariés de Radio France Internationale (RFI) vont se réunir en
assemblée générale le 1 septembre pour décider de la reprise de la grève.
Un préavis avait été déposé par quatre syndicats de l'entreprise, le SNJ,
FO et deux syndicats CGT, le SNRT-CGT et le SNJ-CGT au même moment que la
trêve estivale le 10 juillet dernier, pour ne pas pénaliser les CDD et les
pigistes durant l'été.
Entamé le 12 mai, le mouvement a paralysé la station pendant près de
deux mois pour protester contre un plan social prévoyant 206 suppressions
d'emplois sur environ 1 millier et la fermeture de six rédactions en
langues étrangères basées à Paris.
La veille du 1er septembre, les syndicats et la direction prévoient de
se réunir dans le cadre de ce préavis, pour tenter une fois de plus de
concilier leurs positions.Pour l'heure, aucune date de comité d'entreprise
(CE) n'a été fixée. Seul un comité d'hygiène, de sécurité et des
conditions de travail (CHSCT) est prévu le 7 septembre avec les nouveaux
membres.
En juin, l'information et la consultation du CE n'avait en effet pas pu
se faire en raison d'un vice de procédure lié à cet organe. Les élus du
CHSCT avaient été consultés sur le plan le 1 1 juin dernier, alors même
que leurs mandats avaient pris fin le 31 mai . De plus, le 14 septembre un
autre rendez-vous est attendu par les syndicats. Le tribunal de grande
instance de Paris doit rendre son verdict sur le fond du plan social.
En attendant, la direction a décidé d'expliquer à l'ensemble du
personnel sa stratégie. M. Alain de POUZILHAC, président-directeur général
de RFI, reçoit les salariés par groupe de 30 à 40 dans son bureau. Etalés
sur plusieurs semaines, ces rendez-vous visent à répondre aux
interrogations des salariés. "Alors, une fois encore, Alain de POUZILHAC
essaie de nous vendre ses savonnettes. Mais ce n'est que de "l'esbroufe
communicationnelle". Comment croire à un dialogue ouvert et constructif
avec la direction alors que pendant les longues semaines de grève, elle
s'est refusée à un dialogue digne de ce nom ?", s'insurge
l'intersyndicale. "Ces réunions de rentrée viennent clore (provisoirement
sans doute) une campagne de communication destinée à "reprendre en main",
par l'intimidation, les salariés", ajoute-t-eile.
L'intersyndicale a envoyé mercredi une lettre au ministre de la Culture
et de la Communication Frédéric MITTERRAND pour réitérer sa demande de
médiation formulée avant l'été. "Pour qu'une sortie juste et honorable
soit trouvée à la crise que connaît actuellement RFI, il serait légitime
que vous entendiez les deux parties prenantes du conflit, d'autant plus
que, selon votre conseiller, M. CALLET, l'Elysée vous a confié la
médiation dans ce conflit que nous réclamons depuis longtemps", ont-ils
écrit. Au final, les premiers départs sont retardés par les
différents
rebondissements. Ils pourraient maintenant avoir lieu dans le courant du
dernier trimestre de l'année.