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Service public . Sixième semaine de grève et
manifestation aujourd’hui des salariés de France Télévisions et de l’AFP.
Entretien avec Jacques Rozenblum, journaliste à Radio France
Internationale (RFI).
Jacques
Rozenblum. Nous allons en effet dépasser le cap d’un mois. C’est un record
dans l’audiovisuel depuis 1968. À l’époque, Radio France avait été en
grève pendant sept semaines. Nous appelons également à manifester
aujourd’hui à 15 heures, départ du pont de l’Alma en direction de
l’Élysée, avec des salariés de France Télévisions et de l’Agence France
Presse. RFI est d’une certaine manière un agrégateur des différents
mouvements dans l’audiovisuel et la presse. C’est un combat
phare.
Aujourd’hui, nous attendons également que le juge se prononce
sur l’arrêt de la cour d’appel qui avait suspendu le plan social le 12 mai
dernier à certaines conditions soumises à la direction de RFI. Or, cette
dernière tente de passer en force puisqu’elle a repris hier les procédures
du plan social, pourtant gelé par la cour d’appel. C’est typique du
comportement de la direction de RFI. C’est pour cela que nous réclamons
depuis des jours la nomination d’un médiateur.
Au-delà de la défense des 206 postes menacés par le plan
social, pouvez-vous rappeler quelles sont les valeurs que vous défendez à
RFI ?
Jacques Rozenblum. La mission essentielle de RFI, c’est de
promouvoir les valeurs de la France au travers de ses émissions
d’information et ses magazines. Informer, éduquer, divertir, nous sommes
dans un triptyque traditionnel d’un service public. Et comme nous nous
adressons à un public étranger, notre mission est de porter haut les
valeurs de la France à l’étranger : les droits de l’homme, le débat
contradictoire, la diversité culturelle, linguistique, la défense du
multilatéralisme dans les relations internationales, la laïcité, l’art de
vivre… Pour cela, on s’adresse aux auditeurs en français bien sûr, mais
aussi dans les langues étrangères.
Or, le plan social prévoit la fermeture de six bureaux de
langues, on dit les langues inutiles, trop chères…
Jacques Rozenblum. Et les auditeurs méprisés. En
Île-de-France, nous avions un émetteur en ondes moyennes
qui émettait nos émissions en langue étrangère pour les communautés
étrangères vivant ici. Les Chinois, les Vietnamiens, les
Iraniens écoutaient religieusement ces émissions. La direction s’est
appuyée sur un sondage bidon pour dire le contraire. L’émetteur a été
fermé le 5 mars dernier. Les Chinois vont écouter d’autres radios
communautaires qui véhiculent plutôt la propagande de Pékin. Voilà le type
d’économie que l’on fait. Le plan social inclut la suppression de six
langues. Une langue qui meurt sur RFI, c’est un appauvrissement de la
diversité linguistique. Et quatre langues sur les six sont des langues
européennes (l’allemand, l’albanais, le polonais, le serbo-croate - NDLR).
Le gouvernement allemand a protesté contre la fermeture de la rédaction
allemande. L’Europe sur RFI, c’est cela, on ferme des rédactions. Mais
avant tout, l’objectif de ce plan social, c’est de faire partir les vieux.
On abandonne les valeurs du service public au profit d’une nouvelle
culture d’entreprise. Les nouveaux dirigeants de RFI veulent créer le
salarié nouveau. Le fric d’abord, l’obéissance, la peur et l’info
spectacle comme ces paris stupides sur l’actualité que l’on peut voir sur
le site de France 24. C’est le contraire du respect de
l’auditeur.
SOURCE:HUMANITE'.FR
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