Le comité d'entreprise (CE) de Radio France
internationale (RFI) joue son va-tout mercredi devant le Tribunal de
grande instance de Paris. Le juge des référés devra trancher sur l'action
en nullité engagée par les représentants des salariés concernant le plan
social voulu par la direction, et qui prévoit la suppression de 206
emplois et la fermeture de six rédactions basées à Paris.
C'est l'audience de la dernière chance pour les salariés de Radio
France internationale (RFI). Engagés dans une grève illimitée depuis le 12
mai dernier pour protester contre un plan social souhaité par la
direction, les employés de l'antenne publique suivront avec attention
l'audience de mercredi devant le juge des référés du tribunal de grande
instance (TGI) de Paris. Le magistrat devra trancher au sujet de l'action
en nullité engagée par le comité d'entreprise (CE) au sujet de ce plan
social qui prévoit la suppression de 206 postes, sur un millier environ,
et la fermeture de six rédactions en langue étrangère basées à Paris.
Le comité d'entreprise demande en fait au tribunal de grande
instance de Paris de constater "l'insuffisance patente du plan de
sauvegarde de l'emploi présenté par RFI", et donc d'exiger "la
nullité de la procédure de licenciement pour motif économique des salariés
de RFI" et "la présentation d'un nouveau plan de sauvegarde de
l'emploi, conforme aux exigences légales". Les élus du CE estiment en
effet que la direction de RFI n'a engagé "aucune recherche sérieuse de
postes disponibles" dans les autres rédactions de radio
France.
Terrain judiciaire
Les syndicats SNJ, FO,
SNRT-CGT et SNJ-CGT -seule la CFDT est non-gréviste - sont bien décidés à
tout faire pour que ce plan de départs en partie contraints ne voit jamais
le jour. Depuis le 12 mai donc, la rédaction est en grève illimitée. Le 10
juillet dernier, une trêve estivale a été votée, mais dès la rentrée de
septembre, le mouvement devrait reprendre de plus belle. Parallèlement,
les représentants des salariés n'hésitent pas à attaquer sur le terrain
judiciaire. Le 11 mai, la Cour d'appel de Paris avait d'ailleurs ordonné
la suspension de la procédure de licenciement, considérant que "le
refus de la société RFI d'informer et consulter le CE du chef de la mise
en place d'AEF (Audiovisuel extérieur de la France) est constitutive d'un
trouble manifestement illicite à la régularité de la procédure
d'information et consultation sur son Plan de Modernisation et ses
conséquences sur l'emploi."
La direction de RFI avait alors
engagé le dialogue avec la seule CFDT et présenté un nouveau plan social
comprenant cette fois des départs volontaires. Mais le front syndical n'en
avait pas voulu non plus. Le 29 juin, le CE qui s'estimait une nouvelle
fois pas assez informé, avait été débouté par un juge parisien. Le comité
d'entreprise avait alors décidé d'intenter une nouvelle action, en nullité
cette fois et qui sera jugée ce mercredi. Mais une chose est sûre, le
conflit social, le plus long depuis 1968 dans l'audiovisuel public, est
loin d'être terminé.