Pour justifier son plan de licenciements la direction de
RFI prétend :
- une diminution des auditoires
- un déficit «
structurel »
L’argument de la diminution des
auditoires
« RFI perd des parts de marché dans toute les parties du monde
y compris en Afrique francophone, écrit la direction ».
Nous
avons mis en évidence l’absence totale de pertinence de la notion de part
de marché pour une radio non-commerciale dont la vocation n’est pas de
faire des bénéfices mais d’informer et de porter haut les valeurs de la
France.
La direction reconnaît que le chiffre de 46 millions
d’auditeurs dans le monde est très fiable et qu’il pourrait même être en
hausse dans la nouvelle étude en cours. Nous avons pour notre part
souligné l’augmentation du nombre d’auditeurs dans la plupart des
capitales d’Afrique francophone.
Conclusion : pendant que l’auditoire de RFI baisse, le nombre
de ses auditeurs… augmente. La direction a retiré la « baisse » de
l’auditoire de son argumentaire pour justifier les
licenciements.
L’argument du déficit « structurel
»
Les trois derniers exercices 2006, 2007 et 2008 sont
déficitaires d’un strict point de vue comptable, mais pas d’un point de
vue économique comme le soulignent les experts-comptables du cabinet INA
mandaté par le CE.
Un déficit de 11 M € en 2006, provenant d’un
abandon de créances sur TDF : l’opération a certes été lourde pour les
comptes cette année-là, mais elle sera très largement bénéficiaire à
l’horizon 2011 puisqu’elle aura généré 37 millions de cash flow d’ici là.
L’année 2007 affiche un léger déficit comptable. Pourtant à Matignon,
la Direction du Développement des Médias nous félicite. Voici ce qu’écrit
sa directrice, Laurence Franceschini : « Malgré l’application d’un
gel budgétaire de 1,7 M€ sur la subvention du ministère des Affaires
étrangères, l’exécution budgétaire apparait légèrement excédentaire grâce
à une bonne maîtrise des charges et à des ressources propres supérieures
aux prévisions. »
En 2008, le déficit se situe autour des 8,6 M€. Il est
constitué de la manière suivante :
• 1,9 M€ de redressement URSSAF suite à une erreur de la DRH en
2003.
• 2,4 M€ dans notre filiale en langue arabe Monte-Carlo-Doualiya
(MCD).
• 2,8 M€ de charges de personnel incluant le coût des
licenciements et des limogeages des directeurs de la direction précédente.
• 1 M€ de provisions pour contentieux.
Nous observons qu’à ce stade la situation déficitaire de RFI
n’a rien d’alarmant puisque les autorités de tutelle et la direction ont
validé un budget « voté » avec une perte de 2,8 ME. (Rapport du cabinet
INA)
Selon le Bilan d’activité de RFI, de 2004 à 2008,
l’augmentation des recettes publiques de RFI à été de 3,4 % alors qu’elle
était de 11,9 % en moyenne dans l’audiovisuel public.Nous en concluons que
l’argument du déficit « structurel » est également un faux prétexte car
pendant des années, « l’Etat a eu pour politique de maintenir RFI juste
sur la ligne de l’équilibre comptable avec des résultats économiques nets
de -0,5 M€ à +1 M€ », et le plan de la direction « ne contient aucun
élément qui montre en quoi il va remédier à partir de 2009 à une situation
prétendue difficile » (Rapport du cabinet INA).