«Bonjour, vous écoutez RFI Riposte et il est 12h30». Sur le
parvis de l’hôtel de ville de Paris, les grévistes de Radio France
Internationale abordent leur septième semaine de mobilisation au son d’une
radio autonome, le temps d'un après-midi.
Pendant sept heures, personnalités, élus et journalistes prennent tour
à tour le micro, de quoi faire bouger les choses dans le conflit qui
oppose les grévistes à la direction de la radio. Du moins c'est ce qu'ils
espèrent.
Depuis sept semaines maintenant que techniciens et journalistes de la
radio sont en grève, «la direction n’a pas bougé d'un
centimètre».

«Il nous faut impérativement un médiateur, neutre, pour discuter du
problème», lance Nina Desesquelle, journaliste à la rédaction russe
de RFI et déléguée syndicale du Syndicat National des Journalistes
(SNJ).
L’enjeu est clair: 206 emplois menacés par le plan social décidé par la
direction de la radio, motivée par des baisses d’audience et de budget.
Des arguments que continuent à réfuter les grévistes, même si leur
position a évolué. «Au début du mouvement, nous ne voulions même pas
du plan social. Aujourd’hui on lutte pour ne plus avoir de licenciements
contraints», raconte Nina Desesquelle.
«On fera beaucoup moins de reportages»
L’émission spéciale débute avec des messages de soutien, notamment
d’Ingrid Betancourt. RFI se fait entendre auprès de millions d’auditeurs,
du Kamchatka jusqu’à la jungle colombienne, où l’otage gardait
précieusement le contact avec le reste du monde grâce aux ondes
courtes.
«L’état licencie, RFI riposte», disent les t-shirts des
grévistes. Dans sa rédaction russe à Paris, Nina pourrait voir deux de ses
collègues partir. Les conséquences, elle les connaît déjà: «Avec deux
personnes en moins, on fera beaucoup moins de reportages. Nous serons des
producteurs d’informations privés du temps nécessaire pour un traitement
journalistique de l’information».
SOURCE:LIBERATION.FR