Madame la Chancelière, Monsieur le Président,
Vous vous êtes engagés récemment en paroles et en actes pour l’entente
franco-allemande. A plusieurs reprises, vous avez souligné le caractère
unique de la relation entre nos deux pays. Monsieur le Président, vous
avez dit début avril lors du Sommet de l’OTAN à Strasbourg :
“L’entente, l’amitié entre l’Allemagne et la France, ce n’est pas
simplement un choix, c’est un devoir (...) de porter l’amitié entre nos
deux peuples comme un trésor, peut-être le plus précieux, le plus
nécessaire en Europe.”
Or, la Direction de RFI ne voit pas les choses de cette façon. Elle a
décidé de fermer la rédaction allemande et son bureau de Berlin. Ainsi
disparaît la plateforme pour l’information audio et web la plus complète
et approfondie sur la France en allemand. Dans la nouvelle stratégie de «
l’Audiovisuel Extérieur de la France » l’Europe et l’Allemagne n’ont plus
leur place. Elle est à l’exact opposé de vos ambitions politiques.
A l’annonce de la Direction de RFI d’arrêter les émissions en allemand,
M. Klaus Wowereit, Maire de Berlin et Ministre plénipotentiaire de la
République Fédérale d’Allemagne pour les affaires culturelles
franco-allemandes, déclarait : « La fermeture de la rédaction…donnerait
l’impression que l’espace culturel germanophone n’intéresserait plus la
France. Car la rédaction allemande est devenue une vitrine importante de
notre coopération. »
Pour rappel : L’esprit qui a toujours inspiré notre travail se nourrit
bel et bien du Traité de l’Elysée signé en 1963 par MM. Charles de Gaulle
et Konrad Adenauer, qui constitue le fondement de l’amitié
franco-allemande. C’est avec stupéfaction que nous avons pris
connaissance, par le biais de la presse, des propos tenus par un membre de
la Direction de RFI: « Les émissions en allemand se justifiaient avant la
chute du mur. Aujourd’hui, c’est à la limite injurieux pour les
Allemands.» Le Mur de Berlin n’a jamais été notre raison d’être comme veut
le faire croire la Direction.
Etant donné le nombre d’Allemands apprenant le français toujours en
baisse, notre mission consiste – plus que jamais - à susciter l’intérêt et
la compréhension des germanophones (110 millions) pour la France. Nous
contribuons tous les jours à stimuler cette amitié franco-allemande, que
vous, Madame la Chancelière, avez jadis qualifiée d’«essentielle».
Est-ce que vous, Madame la Chancelière et Monsieur le Président,
pourriez admettre qu’une entreprise d’Etat méprise ainsi votre volonté
politique ?
La rédaction allemande de RFI
Paris, le 26 mai 2009