Dernière mise à jour le 23/06/2009 à 00h28 TU | AVEC L'INTERSYNDICALE
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Lettre au Président de la République

Paris, le 22 juin 2009

Monsieur le Président de la République,

Radio France internationale entre dans sa septième semaine de grève contre un Plan de Sauvegarde de l’Emploi qui prévoit la suppression de 22% des effectifs (soit 206 postes sur un millier) et la fermeture de six rédactions en langues étrangères.

C’est un plan qui induit des licenciements secs, contrairement aux promesses que notre PDG, Alain de Pouzilhac, avait  faites publiquement lors son arrivée à RFI. Ces licenciements sont en contradiction avec la priorité affichée par le gouvernement de sauver les emplois.
Dans un contexte de crise économique mondiale, RFI est la SEULE société nationale de service public, financée à 100% par l’Etat, où un plan de licenciements contraints est en cours.

RFI a été longtemps la seule voix de l’audiovisuel extérieur de la France. Le lancement de France 24 et la création de l’entité Audiovisuel Extérieur de la France (AEF) étaient l’occasion d’engager une réflexion sur les missions respectives de chaque société pour faire vivre la diplomatie audiovisuelle de la France. Le seul effet tangible de ces réformes est la fragilisation de RFI dont les salariés n’ont pourtant pas démérité de la mission de service public qui leur est confiée.

Monsieur le Président, c’est parce que vous saviez quel rôle jouent les rédactions de langues étrangères au sein de RFI que vous avez choisi son antenne hispanophone quand vous avez voulu vous adresser aux FARC. Dans la jungle colombienne, RFI est en effet le seul média français qu’écoutait Ingrid Betancourt.

 La nouvelle direction de RFI a suscité beaucoup d’espoir lors de sa nomination. Les salariés sont aujourd’hui profondément déçus. Ils ont le sentiment de payer seuls la charge de réformes menées, à marche forcée, sans dialogue, sans prise en compte de la spécificité de l’entreprise, et savent que les arguments invoqués pour ces bouleversements (déficits du budget et de l’audience) sont contestables.
Est-ce en imposant un PSE à RFI, en mettant dos-à-dos les salariés des entités qui constituent l’AEF que l’on œuvre pour un Audiovisuel Extérieur de la France plus fort, plus dynamique et compétitif ?
Est-ce en perdant des compétences, en laissant la place libre à d’autres médias, en tournant le dos à l’Europe et aux Balkans, voire à l’Asie, que l’AEF sera plus fort ?

Monsieur le Président, RFI, ses salariés et leurs compétences doivent pouvoir trouver pleinement leur place, et toute leur place, dans le paysage audiovisuel extérieur de la France qui se dessine. Nous avons des arguments et propositions à faire valoir. Or notre direction refuse tout dialogue.
Face à ce blocage, l’intersyndicale de RFI a décidé, il y a maintenant cinq semaines, de demander la nomination d’un médiateur et une audience auprès de Monsieur Soubie, votre conseiller aux Affaires sociales. Nous vous demandons instamment de donner votre feu vert à cette rencontre, et de permettre que le dialogue social puisse avoir lieu aussi dans les entreprises gérées par l’Etat. Il y a urgence.

 Veuillez agréer, Monsieur le Président l’expression de notre très haute considération,

L’intersyndicale FO, SNRT-CGT, SNJ-CGT, SNJ 

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