La grève "illimitée" à Radio France Internationale (RFI),
entamée le 12 mai contre le plan social qui prévoit 206 suppressions
d'emplois, est entrée mardi dans sa quatrième semaine, continuant de
perturber l'antenne, a-t-on appris de source syndicale.
Le mouvement a été reconduit mardi en assemblée générale, pour
une durée de 24 heures, a précisé à l'AFP Maria Afonso, secrétaire (FO) du
comité d'entreprise.
"Les gens tiennent bon. Il y a de la solidarité", a-t-elle
affirmé.
Le mouvement, qui perturbe l'antenne, est suivi chaque jour
selon la direction par une minorité, mais selon les syndicats, les
salariés se relaient pour pénaliser le moins possible le
personnel.
Dans un communiqué, l'intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT et
SNRT-CGT a réitéré sa demande auprès du conseiller social de Nicolas
Sarkozy, Raymond Soubie, afin qu'une "délégation soit reçue" d'urgence à
l'Elysée, dont elle souhaite la médiation.
"Nous ne pouvons en effet admettre que l'Etat licencie à RFI",
écrivent ces syndicats.
La Cour d'appel, saisie par le CE, a suspendu le 12 mai le plan
social, demandant à la direction d'informer les représentants du personnel
sur la mise en place de la holding Audiovisuel extérieur de la France
(AEF) qui chapeaute RFI, France 24 et TV5Monde. Mercredi, le tribunal doit
examiner la conformité de cette injonction, a précisé Mme Afonso.En effet
le Comité d’entreprise a saisi le juge de l’exécution, considérant
que la direction de RFI fait figure de l’arrêt de la Cour d’appel – comme
s’il n’existait pas – et continue de vouloir passer en
force.
L'intersyndicale demande un "moratoire" sur le plan
social annoncé en janvier pour pouvoir "négocier dans de bonnes
conditions", selon Mme Afonso.
La direction a proposé un protocole de fin de conflit mais "en
réaffirmant la nécessité de mettre en oeuvre le plan social" a déploré la
secrétaire du CE. Dans un courrier interne adressé aux salariés, le PDG
Alain de Pouzilhac écrit que "l'arrêt des déficits" est un
"préalable".
Il précise qu'il est "prêt à signer" avec les
syndicats n'appelant pas à la grève (CFDT, CFTC et CFE-CGC) un accord sur
les conditions des départs volontaires qui "améliore les conditions
financières" et doit permettre de "réduire les départs
contraints".
"Nous n'avons pas fait trois semaines de grève pour négocier le
plan social", a répondu l'intersyndicale.