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Le 18
décembre, le glas aura sonné subrepticement pour 6 rédactions en
langues étrangères à RFI sur les 20 qui existaient jusque-là. Le
silence radio se fera définitivement en polonais, en albanais, en
laotien et en allemand, à la veille du 65e anniversaire des
émissions en langue allemande. La rédaction en langues slaves du sud
(serbo-croate) a encore quelques semaines de sursis quant à celle en
turc, elle a cessé d’émettre longtemps.
En plus des rédactions étranglées d’autres sont
écorchées comme la rédaction roumaine où il ne restera plus que 2
journalistes.
Ces fermetures s’accompagnent de la vente des filiales
à l’étranger. On brade à tout va : en Bulgarie notre filiale à 100 %
est vendue avec sa fréquence FM de Sofia au plus offrant, c’est-à
dire à une société d’obédience orthodoxe liée au sulfureux
métropolite Kiril de Varna ; même désengagement de notre filiale à
Belgrade montée en partenariat avec l’agence de presse serbe Beta ;
à Lisbonne notre filiale sera vendue en janvier après 20 ans de bons
et loyaux services ; à Budapest la cession de nos parts dans une
filiale commune avec la BBC a déjà eu lieu.
La France lutte pour la diversité linguistique mais sa
radio internationale avale ses langues. Ce vendredi 18 décembre 2009
est à marquer d’une pierre noire. Depuis sa naissance, RFI s’était
toujours développée. Ce développement a été stoppé net par le couple
dirigeant de l’Audiovisuel extérieur de la France au profit d’on ne
sait quel mirage télévisuel qui risque de mener l’AEF vers un lent
naufrage. Ces dirigeants, le ministre de la Culture, Frédéric
Mitterrand les a surnommés « Bonnie & Clyde » : on ne saurait
mieux dire.
Pour la première fois de son histoire, RFI
subit un processus de strangulation intensif. S’arrêtera-t-il avant
la suffocation ?
Paris, le 16
décembre
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