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Ainsi fond RFI. Après des mois de grèves, de blocages
et de recours en justice de l’intersyndicale, voilà que le plan de
sauvegarde de l’emploi (PSE), en clair le plan social, annoncé par
la direction en janvier, est mis en œuvre. «La plus longue grève de
l’audiovisuel public depuis 1968», comme le rappelle chaque dépêche
de l’AFP, est bien finie : place aux départs volontaires et aux
restructurations.
Acte I du plan social. La semaine dernière, la
direction annonçait l’arrêt de la diffusion hertzienne de ses
programmes en allemand, polonais, laotien, albanais et turc à partir
du 19 ou du 31 décembre. Au compteur de la radio du monde, cinq
langues en moins et autant de rédactions fermées, faute d’audiences
suffisantes selon la direction. Dans le même temps, la même
direction semble vouloir finaliser la cession de trois de ses
filiales. Le 3 décembre, toujours faute d’audience, RFI cédait RFI
Bulgarie à une société privée bulgare qui s’est engagée à reprendre
la vingtaine de salariés de la station. Les cessions de Radio Europa
Lisboa au Portugal et de Beta RFI en Serbie devraient suivre début
2010. A terme, RFI ne conservera que deux filiales : Monte Carlo
Doualiya et RFI Romania, qui couvre la Roumanie et la Moldavie.
«Hémorragie». Le deuxième acte du PSE, lui, est
un peu plus compliqué à mettre en place. Car au lieu des 201 départs
volontaires initialement prévus par le plan social, ce sont 270
salariés - dont plus de la moitié de journalistes - qui se sont
portés candidats. Pour Raphaël Reynes (CFDT), ces demandes en nombre
s’expliquent par les bonnes conditions de départ - les indemnités
atteignent jusqu’à trente-six mois de salaire, en fonction de
l’ancienneté. Côté intersyndicale (FO, SNJ, SNRT-CGT et SNJ-CGT), on
parle plus volontiers de «fuite des cerveaux» et de «vote
de défiance avec les pieds».«Personne ne peut se réjouir d’une telle
hémorragie des forces vives de RFI», indique un communiqué de
l’intersyndicale. «C’est la preuve que la direction a dégoûté les
salariés de travailler avec elle», estime Françoise Delignon
(SNRT-CGT), pour qui le nombre élevé de candidats au départ est un
«désaveu» pour la direction devant la «casse de
l’entreprise».
Le nombre de volontaires au départ excédant le nombre
de postes supprimés, il n’y aura pas de licenciements secs. Les
départs s’échelonneront «sur plusieurs mois en fonction des
projets et des impératifs des directions concernées»,
explique-t-on à la direction de RFI. Mais qu’adviendra-t-il des 69
salariés supplémentaires qui veulent partir ? «Avec 270
suppressions de postes non remplacés, l’entreprise ne tournerait
pas», avait admis Geneviève Goëtzinger, directrice déléguée de
RFI, interrogée par l’AFP. La direction de RFI a deux possibilités.
Refuser le départ de ces 69 personnes. Ou, comme le demande
l’ensemble des syndicats, d’accord sur ce point, les laisser partir
et compenser ces départs par de nouvelles embauches. La direction
n’est pas fondamentalement opposée à élargir son plan social à ces
salariés supplémentaires. Mais est-elle en mesure de le faire ?
«Il faudrait que ces nouvelles embauches soient juridiquement et
économiquement acceptables», explique un proche du dossier.
Autorités de tutelle. Juridiquement, car les
licenciements économiques imposent des conditions pour réembaucher -
un délai d’un an pour une embauche au même poste, par exemple. Et
économiquement, car RFI doit obtenir le feu vert de ses autorités de
tutelle. La station, dans le giron de l’Audiovisuel extérieur
français (AEF, qui rassemble en outre France 24 et TV5Monde), est
pieds et poings liés à l’Etat via Matignon. Le coût du plan social à
RFI est entièrement supporté par son unique actionnaire, l’Etat. Et
l’enveloppe de l’actionnaire correspond, pour le moment, à 201
départs.
La direction de RFI est donc allée sonder vendredi la
Direction du développement des médias (DDM). Geneviève Goëtzinger
refuse de faire des commentaires avant d’avoir la réponse de la
tutelle, attendue début 2010. Mais au ministère de la Culture, on
estime qu’il faut déjà savoir comment traiter ces 69 cas :
reclassements, reconversions à l’intérieur de l’entreprise ? La
question d’éventuelles embauches ne semble pas pour l’instant à
l’ordre du jour. «Juridiquement, on n’a pas le droit d’aller
au-delà du PSE», se contente-t-on d’indiquer rue de
Valois.
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