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Premières
synergies opérationnelles pour l'AEF. Dix huit mois après la
création de"l'audiovisuel extérieur français", la holding pilotant
France 24 et RFI a simultanément dévoilé cette semaine deux sites,
réalisés en interne par les équipes du Studio Multimedia dirigé par
Michel Levy-Provençal.
Fruits de neuf mois de gestation, France24.com et
RFI.fr sont néanmoins de faux jumeaux. Partageant un même outil de
publication (drupal), un même hébergeur, une ergonomie et un design
commun, les deux sites se distinguent par leurs contenus.
RFI met par exemple l'accent sur les podcasts audio et
les "voix de son antenne" tandis que France 24 privilégie les
vidéos, désormais en haute définition. Malgré un fort accent mis sur
les contenus textuels, les deux sites conservent également leur
propre ligne éditoriale et des "Unes" distinctes.
Certains sujets par contre sont mutualisés comme par
exemple les webdocumentaires, des sujets très travaillés qui
utilisent tous les modes d'expressions, vidéo, audio, écriture. Il y
en a déjà eu un sur la chute du mur de Berlin, un autre sur la
conquête de la Lune et prochainement un sur le sommet de Copenhague.
TV5 Monde n'est pas concerné par la refonte des sites mais RFI et
France 24 reprennent sa météo, jugée parfaite.
"Nous n'avons absolument pas l'intention de fusionner
les deux sites qui doivent garder leur propre identité. Nous
entendons par contre multiplier les synergies éditoriales avec des
renvois de trafic ou la production commune de web documentaires"
explique Stanislas Leridon, Directeur des activités multimédia de
l'AEF.

Des entreprises extérieures ont été consultées mais il
a finalement été développé en interne. Le travail a été mutualisé
entre les deux médias qui ont travaillé ensemble. Coté technique,
c'est le logiciel libre Drupal, qui a été choisi. Il a été aussi
adopté par de nombreux sites de médias dont la RTBF, Rue 89, et même
la Nasa ou la Maison Blanche.
Cette architecture commune et ouverte a permis
d'adapter les deux sites aux besoins de tous ceux qui y travaillent.
Des consultants extérieurs ont été aussi mis à contribution pour
optimiser le projet, dont Jeff Mignon, un français exerçant aux
USA.Les sites sont volontairement multimédias. De plus en plus, les
journalistes travailleront eux même sur les sujets, les étofferont
par rapport à ce qui est passé à l'antenne pour être plus complets.
Toute la partie technique étant commune, les moteurs de recherche
font apparaitre travaillent sur les deux sites. Donc un article de
RFI peut apparaitre sur le site de France 24.
Alimentés par les dizaines de journalistes de l'AEF et
par les milliers "d'observateurs" partenaires de France24 partout
dans le monde, les deux sites affichent une belle production
éditoriale mais font par contre preuve d'une certaine prudence en
matière de collaboration avec les internautes.
En dehors des traditionnels liens de partage, d'un fil
Twitter ou d'un groupe Facebook, France24.com et RFI.fr ont par
exemple opté pour une modération à priori des commentaires.
"L'interdiction des Minarets en Suisse à suscité beaucoup de
critiques des internautes et nous préférons pour le moment conserver
cette modération pour éviter tout débordement" explique Vincent
Roux, rédacteur en chef du site rfi.fr.

RFI a voulu que son site soit un site d'information
mais aussi celui de la radio.14 journalistes de RFI ont leur blog
sur le site.On peut bien évidement écouter ou réécouter la radio à
volonté.Même si aujourd'hui la nouvelle version du site n'est qu'en
français, prochainement toutes les versions dans les autres langues
vont y passer. Si les 19 langues aujourd'hui utilisées, il
n'en restera qu'une dizaine après la restructuration de RFI.
Peut-être plus car si des langues peu suivies sont supprimées,
d'autres pourraient être développées, notamment des langues
africaines.RFI Musique, un site qui a un très gros trafic, ainsi que
le site de l'apprentissage du français, seront eux aussi refaits
plus tard.
Le site de France 24 est dans trois langues, le
français, l'anglais et l'arabe mais la structure est totalement
identique. Là encore, les journalistes sont incités à travailler eux
même sur les deux médias, télévision et Web. Une première pour une
télévision d'info, le player est dans deux versions, normal et HD.
Avec ce dernier, on peut faire le contrôle du direct, aller en
arrière sur 24 heures. La mise en ligne est faite par Yacast avec le
logiciel Microsoft Sylverlight.Un coté anecdotique mais significatif
de la modernité du site. L'internaute peut envoyer par mail le
timecode exact d'un programme. Il peut donc dire à son correspondant
: "regarde cela".
Christine Ockrent, la directrice générale holding
Audiovisuel Extérieur de la France est venue à la fin de la
conférence de presse. Elle a répondu à quelques questions mais a mis
l'accent sur le travail des équipes des deux rédactions.
Une nouvelle plate-forme qui devrait en tout cas
permettre à l'Audiovisuel Extérieur Français de poursuivre sa
croissance sur le web. Selon Mediametrie, France24.com et RFI.fr
attirent respectivement plus de 4 millions et 2 millions de
visiteurs uniques chaque mois (majoritairement hors de France),
générant au passage un chiffre d'affaires publicitaires de 1,5
millions d'euros grâce aux bannières et aux publicité vidéo
pre-roll. Des revenus qui devraient d'ailleurs être complétés par
des services mobiles premium, en particulier en Afrique, où les deux
sites comptent de nombreux auditeurs.
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