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salariés de RFI se sont porté candidats au départ volontaire de
l’entreprise dans le cadre du plan de licenciement. C’est beaucoup
plus que le chiffre de suppression de postes prévu par le PSE. Cinq
chefs de service sur sept, 80 % de l’encadrement intermédiaire sont
partants à la rédaction en français. La direction comptait sur cet
encadrement pour accompagner le PSE et mettre en place sa nouvelle
stratégie : c’est raté ! Á la technique, 36 salariés sur 150, soit
20 % seulement, ont postulé sur la fonction TCR que la direction
veut généraliser. La direction voulait s’exempter d’une négociation
avec les syndicats pour mettre en place ce nouveau métier : encore
raté !
La fuite des cerveaux, des talents et des compétences
à laquelle on assiste n’est rien d’autre, dans la très grande
majorité des cas, qu’un vote de défiance avec les pieds. Beaucoup
des candidats au départ sont loin d’être des seniors, ce sont aussi
de jeunes collègues que rien ne semble plus retenir. Ils ont
participé au mouvement de grève le plus long de l’audiovisuel public
afin d’alerter les pouvoirs publics sur la casse de l’entreprise. Le
pouvoir politique a fait la sourde oreille. Ces collègues ne croient
plus aux nouvelles orientations stratégiques ni aux perspectives de
développement de RFI au sein de l’Audiovisuel extérieur de la
France. La décision leur appartient, mais c’est aujourd’hui à la
direction de prouver à ceux qui restent que ceux qui partent ont eu
tort, car personne ne peut se réjouir d’une telle hémorragie des
forces vives de RFI.
L’intersyndicale, elle, s’est toujours prononcée pour
que le PSE soit transformé en un plan de départs volontaires. C’est
la perspective qui semble se dessiner.
1. Face à l’afflux des départs, la direction semble
accepter de ne pas procéder à des licenciements secs. Soulignons que
c’est la victoire de l’intersyndicale en Cour d’appel qui a permis
de regrouper des catégories de personnel. Cela a eu 2 conséquences
:
- rendre beaucoup plus difficile les licenciements secs dans les
secteurs de langue
- permettre de partir à des journalistes travaillant dans les
secteurs qui n’étaient pas touchés par des suppressions de
poste.
Cela dit, la direction pose comme condition pour
éviter les licenciements secs que les salariés dont le poste est
supprimé acceptent un reclassement interne. Pour nous il faut que
les propositions de reclassement soient acceptables par les
salariés.
2. La direction semble d’accord pour accepter tous les
départs. C’est maintenant au président d’obtenir le feu vert
financier des autorités de tutelle puisqu’elles ont soutenu son plan
social contre vents et marées.
3. Il ne saurait y avoir plus de 206 suppressions de
poste sans que cela soit compensé par une embauche pour un départ
supplémentaire.
4. Si le président obtient un engagement financier des
tutelles sur ces 2 derniers points, il lui revient alors de
présenter aux syndicats un accord d’entreprise sur ces bases.
Il y a ceux qui partent, il y a ceux qui
restent. Comment faire fonctionner la société après une telle
saignée ? Comment reconstruire sur de nouvelles bases ? Telle est
aujourd’hui notre principale préoccupation.
Paris, jeudi le 3
décembre
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