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Quelque 271 salariés de Radio France Internationale
(RFI), dont la moitié de journalistes, sont candidats au départ dans
le cadre du plan social qui ne prévoit, lui, que 206 suppressions
d'emplois, indique jeudi l'intersyndicale, dénonçant une "fuite des
cerveaux".
Le guichet départs, ouvert fin octobre et clôt la
semaine dernière, a enregistré 271 candidats, qui ont jusqu'au 8
décembre pour se rétracter.
"Face à l'afflux des départs, la direction semble
accepter de ne pas procéder à des licenciements secs", écrit dans un
communiqué l'intersyndicale SNJ, FO, SNRT-CGT et SNJ-CGT, qui
réclame depuis des mois que le plan social soit transformé en plan
de départs volontaires.
La directrice déléguée, Geneviève Goëtzinger, a
confirmé à l'AFP qu'il pourrait n'y avoir aucun départ contraint
mais "à condition que les salariés dont le poste est supprimé
acceptent d'être reclassés dans l'entreprise".
Le plan social annoncé en janvier prévoit 206
suppressions d'emplois sur un millier et la fermeture de six
rédactions de langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate,
turc et laotien). Environ 80 postes doivent disparaître dans les
rédactions de langues, une vingtaine à la rédaction en français.
Mais selon Maria Afonso, secrétaire (FO) du CE, "la
plus grosse hémorragie se fait dans les secteurs censés se
développer: le français, l'anglais et le multimédia. C'est un
désaveu de la direction".
"Cinq chefs de service sur sept", dont le chef de
service en langue anglaise, et "80% de l'encadrement intermédiaire à
la rédaction en français", veulent partir ajoutent les
syndicats.
"La fuite des cerveaux, des talents et des compétences
à laquelle on assiste n'est rien d'autre, dans la très grande
majorité des cas, qu'un vote de défiance avec les pieds",
commentent-ils.
"Comment faire fonctionner la société après une telle
saignée?", s'interrogent-ils, ajoutant que le PDG de la station
publique, Alain de Pouzilhac, va devoir maintenant obtenir "le feu
vert financier des autorités de tutelle".
La direction, qui ne fera un point sur la situation
qu'après le 8 décembre, fait valoir que les conditions de départ
proposées sont "intéressantes", avec notamment 36 mois de salaire
pour les salariés de plus de 30 ans d'ancienneté.
"Elles ne sont pas si avantageuses pour les autres.
Mais de nombreux jeunes veulent quand même partir: la précarité et
la crise ne les retiennent pas, preuve qu'il n'y a pas de
perspectives pour l'entreprise", a dénoncé Mme Afonso.
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