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Bernard
Kouchner règne sur le Quai d'Orsay et peine à exister dans l'ombre
de l'Elysée. Christine Ockrent codirige l'audiovisuel extérieur
français, en proie aux conflits sociaux. Leur popularité intrigue,
leur opportunisme agace, mais ils résistent et gèrent leurs affaires
comme une petite entreprise. Histoire d'une duo à
part.
Bernard Kouchner tel qu'en lui-même. En trente ans,
des boat people aux pages people, l'homme, en apparence,
n'a pas changé. Le 4 février 2009, face à David Pujadas, au 20
Heures de France 2, ses phrases s'étirent dans des soupirs de
tragédien, son menton tremble sous le coup de l'indignation. Alors,
ce bouquin de Pierre Péan, ces accusations de dérive opportuniste à
la solde de vieux dictateurs africains? "Honteux!" ; "Ces
mensonges vont disparaître..." ; "Oui, je pense qu'on peut porter
plainte!"
Des mots. Neuf mois plus tard, Pierre Péan attend
encore de recevoir la moindre assignation. Mais il n'en finit pas de
remâcher les soupçons d'antisémitisme exprimés à son encontre par le
ministre des Affaires étrangères. "Ça nous a tués, mon bouquin et
moi", admet-il. Parti pour casser la baraque, Le Monde
selon K. s'est vendu à 32 000 exemplaires, loin, très loin des
100 000 visés par les éditions Fayard. Kouchner, lui, s'en sort sans
une égratignure. Dans les sondages, il continue de planer: 67 %
d'opinions favorables au dernier palmarès de l'Ifop. La routine.
Les réseaux d'Ockrent
Christine Ockrent telle qu'en elle-même. En trente
ans, de son piédestal de présentatrice du JT au trône de directrice
générale de l'Audiovisuel extérieur de la France (AEF), la reine
Christine, en apparence, n'a pas changé.
Ce 10 juin 2009, devant la commission des Affaires
culturelles du Sénat, qui la questionne sur le climat social à Radio
France internationale (RFI), ses accents de grande bourgeoise
n'estompent guère cette ironie pincée qui est aussi sa marque.
Evénement rarissime sous la coupole: la sénatrice des
Verts Marie-Christine Blandin, lassée de se faire rabrouer, claque
la porte en pleine séance. "Mme Ockrent nous a houspillés comme si
elle s'adressait à une assemblée de grévistes récalcitrants!"
dit-elle, sidérée par tant d'aplomb. Le surlendemain, elle recevra
des fleurs ornées de ce mea culpa : "Seule la passion
m'éclaire..."
Les grands sentiments. On dirait du Kouchner. Bernard
et Christine. Une histoire française. Un couple aimanté par la
lumière doublé d'une entreprise de lobbying parfaitement huilée.
Lui, l'éternel French doctor, immunisé à vie contre
les accusations de cynisme et de compromission par ses états de
service au chevet des damnés de la terre. Elle, l'incarnation du
professionnalisme "à l'américaine", cuirassée dans son CV d'ancienne
journaliste de la chaîne CBS et de première femme, en France, ayant
présenté durablement le 20 Heures. Un mythe, donc, que ce tandem de
feu et de glace qui, au milieu des années 1980, inaugura l'ère
triomphante des amours politico-médiatiques.
"Je maintiendrai": empruntée au prince Guillaume
d'Orange, la devise favorite de Christine Ockrent résume
parfaitement la somme d'orgueil et d'entêtement exigée par la
conquête du pouvoir. Mais l'ambition n'est qu'une lubie si elle ne
s'appuie pas sur de puissants réseaux d'influence.
L'ex-journaliste peut compter sur le plus indéfectible
d'entre eux: la famille. Françoise Sampermans, à l'époque directrice
générale de la Générale occidentale, qui détenait L'Express, se
souvient du jour de 1994 où la candidature d'Ockrent pour la
direction de la rédaction lui a sauté au visage: "Je déjeunais avec
sa soeur, Isabelle, ancienne dircom de la Seita, et j'évoquais mon
souci de moderniser L'Express. C'est elle qui m'a soufflé le nom
auquel je n'aurais jamais pensé : 'Et pourquoi pas Christine'?"
Le droit d'ingérence, spécialité de
Kouchner
La "Reine" chez les maîtres du
monde
Entre eux, ils s'appellent les
Bilderbergers. Eux, ce sont les "maîtres du monde". Chaque
année, dans un secret absolu, une centaine de membres de ce
cercle euro-américain, cofondé en 1954 par David Rockefeller,
se retrouvent pour cogiter, durant trois jours, sur l'avenir
de la planète.
Industriels, gourous de la finance,
conseillers de chefs d'Etats forment le noyau dur de ce
cénacle baptisé groupe Bilderberg, à côté duquel le Forum de
Davos passerait presque pour une réunion du Rotary.
Curieusement, si son ministre de
compagnon n'a été admis qu'une seule fois, en 2005, aux
assemblées de ce gotha géostratégique, Christine Ockrent,
elle, y possède son rond de serviette.
Elle y a, en effet, participé à trois
reprises, la dernière fois en juin 2008, à l'hôtel
Westfields Marriot de Chantilly, dans l'Etat de Virginie
(Etats-Unis), en compagnie, notamment, de Condoleezza Rice,
Henry Kissinger et du président de la Banque centrale
européenne, Jean-Claude Trichet. Un rendez-vous durant lequel,
dit-on, Barack Obama et Hillary Clinton auraient scellé leur
réconciliation au terme de l'investiture démocrate.
On dit, il est vrai, beaucoup de choses
sur ce club assimilé par les sites conspirationnistes à un
gouvernement mondial occulte, faisant et défaisant les
présidents, planifiant les agendas du FMI, voire du
G 8.
Il arrive aussi aux "maîtres du monde"
d'inviter des esprits de gauche jugés prometteurs. Ainsi le
socialiste Manuel Valls était-il du raout de Chantilly.
"Je n'ai pas vraiment le droit d'en
parler, admet-il. Pour que la liberté de parole soit totale
lors de ces réunions, nous ne devons rien en divulguer. Disons
qu'on s'y préoccupe essentiellement de la prééminence de
l'Alliance atlantique... "
Nous voilà rassurés avec Bernard
Kouchner, mais aussi Christine Ockrent, la politique étrangère
de la France est bien gardée.
H.
H. | A l'été 2007, l'Histoire
bégaie. Devant plusieurs de ses ministres, le chef du gouvernement,
François Fillon, réfléchit à la création d'une société regroupant
les médias français diffusés à l'étranger. Kouchner trouve l'idée
épatante : "J'espère que vous n'oublierez pas Christine!" Le droit
d'ingérence, sa spécialité.
Au fil du temps, Christine Ockrent a fini par se
construire un carnet d'adresses digne d'un ministre, lui aussi.
Comme par capillarité, c'est elle qui s'est immiscée, discrètement,
au sein des cercles de réflexion les plus privés de la planète,
de ceux qui bombardent les gouvernants de prescriptions
économiques et diplomatiques, voire militaires.
Fidèle du groupe Bilderberg (voir l'encadré), membre
de l'International Crisis Group et de l'European Council on Foreign
Relations, elle joue les oracles quand son compagnon voit chaque
jour son champ d'action se réduire du fait de l'activisme du
secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant. Se dessinent alors
les contours d'un couple à front renversé, lui en bateleur
d'estrade, elle en éminence géostratégique: Bernard Ockrent et
Christine Kouchner, en quelque sorte.
Ils s'aiment. "Bernard et moi, ce sont deux vies qui
se sont croisées, presque enroulées l'une à l'autre", dit-elle
joliment. Dès lors, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver.
Dans la promotion du 14 juillet 2007 de la Légion d'honneur,
Christine Ockrent est hissée au grade d'officier. Or, comme pour
tous les étrangers – elle est belge – sa médaille fait partie du
contingent du Quai d'Orsay, où son compagnon a emménagé avec fracas
deux mois plus tôt. Népotisme? Kouchner, qui, à titre personnel, a
fait le serment de refuser toute décoration de la République, grimpe
aux rideaux: "Je n'ai rien signé concernant Christine. C'est
Jean-Pierre Jouyet, ministre des Affaires européennes, qui s'en
est occupé. De plus, l'initiative remontait au gouvernement
précédent."
Joint par L'Express, le secrétaire général adjoint des
Nations unies Philippe Douste-Blazy, prédécesseur de Bernard
Kouchner au ministère, ne se souvient pas "d'avoir entériné ou
proposé la nomination de Christine Ockrent à quelque grade que ce
soit... " Bref, le doute subsiste. Ironie du sort : en 1999, pour sa
première médaille de chevalier, son compagnon était déjà là, au
gouvernement. Pour l'occasion, c'était à gauche. Un destin vaut
parfois mieux qu'un long discours.
2009, l'année des controverses
2009 aurait dû être leur Graal: lui, la voix de la
France sous les lambris ; elle, sur les ondes et les écrans. Il n'en
restera bientôt que doutes, controverses et suspicions.
A peine sorti du guêpier Péan, Kouchner pensait avoir
fait le plus dur en mettant sur le banc de touche l'encombrante
secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme, Rama Yade, lors du
remaniement de juin dernier. Lui-même, pourtant, est passé à deux
doigts du carton rouge : Nicolas Sarkozy a confié à un
responsable de la majorité avoir failli l'évincer en le
présentant à un poste européen. "La magie Kouchner n'opère plus",
confirme un élu UMP.
Sa diplomatie à l'estomac, ses facéties de carabin,
ses emportements shakespeariens ont fini par lasser comme autant de
ficelles d'un vieil acteur.
Ockrent, elle, tient et "maintient", mais à quel prix?
A RFI, la mise en place d'un plan social drastique a provoqué la
plus longue grève de l'audiovisuel public depuis mai 1968. A TV5, ce
sont les actionnaires étrangers qui ont ferraillé pour la priver du
fauteuil de directrice déléguée. "Est-ce qu'on imagine une seule
seconde que le mari de Condoleezza Rice puisse diriger l'audiovisuel
extérieur des Etats-Unis? interroge un ancien membre du conseil
d'administration de la chaîne francophone. Dans les pays
anglo-saxons, chers au coeur de Mme Ockrent, l'interdit, ce n'est
même pas le conflit d'intérêts, mais l'apparence de conflit
d'intérêts..."
Cette confusion des genres lui a servi d'escorte lors
de ses trois excursions africaines depuis sa nomination. Accueil
protocolaire sur le tarmac, formalités douanières escamotées, saut
de puce en hélicoptère privé... Mais qui, au juste, le président
sénégalais Abdoulaye Wade et l'Ivoirien Laurent Gbagbo avaient-ils
le sentiment d'accueillir? La directrice de l'AEF, la statue
cathodique ou la première dame du Quai?
C'est d'ailleurs par un coup de fil du cabinet de
Bernard Kouchner qu'André Janier, alors ambassadeur de France à
Abidjan, a été informé de la venue de l'éminente personnalité. "Je
préférerais en parler avec l'intéressée elle-même", répondra-t-il,
en briscard de la diplomatie.
Le plus drôle, c'est que Christine Ockrent n'a pas été
prise une seule fois en flagrant délit d'interventionnisme depuis
son sacre de février 2008. Mais il arrive que ses intuitions
journalistiques forcent l'admiration.
Les "ménages"
d'Ockrent
Loué soit le Vatican
Il n'y a qu'en France qu'un ministre peut être locataire
d'un logement appartenant à un autre Etat sans que cela
fasse polémique. Rue Guynemer, à Paris (VIe), Bernard Kouchner
occupe avec Christine Ockrent un duplex émargeant au
patrimoine immobilier du... Vatican.
Révélée le 16 avril par Le Parisien, cette
information n'a pas remué les foules, mais Catherine Kintzler,
professeure émérite de philosophie à l'université de
Lille III, l'a repérée. Sur son blog (www.mezetulle.net), cette
apôtre de la laïcité a aussitôt fait le lien avec l'accord
signé entre la France et le Vatican, en décembre 2008,
sous l'égide du ministre des Affaires étrangères.
Rebaptisé "accord Kouchner-Vatican" par ses détracteurs, ce
texte prévoit la reconnaissance par la France des diplômes
délivrés par les établissements d'enseignement supérieur
catholiques agréés par le Saint-Siège. Il s'agit donc d'une
brèche dans le monopole de l'Etat pour la délivrance des
diplômes. Cet accord, cantonné à l'origine aux disciplines
canoniques, a été élargi aux matières profanes (communication,
ingénierie...).
Selon le Collectif pour la promotion de la laïcité,
qui rassemble des organisations allant du Grand Orient de
France à l'Union des familles laïques, l'accord
Kouchner-Vatican est également contestable sur la
forme.
Sa publication par décret est, en effet, contraire à l'article 53 de la Constitution, qui
prévoit que tout traité international modifiant la loi
française ne peut être approuvé que par voie parlementaire. Un
recours, pour excès de pouvoir, a été déposé devant le
Conseil d'Etat par le Collectif. Et, sur le Net, une pétition
contre l'accord Kouchner-Vatican a déjà recueilli plus de 15
000 signatures.
Interrogé par L'Express, le ministre des
Affaires étrangères tourne en dérision ses supposés
liens avec l'Etat bailleur, mais il admet qu'un nouveau texte
de loi est en préparation, "l'ancien n'étant pas
satisfaisant... "
H.H |
A France 24, lors d'une réunion, en septembre, elle
annonce une série de grands entretiens sur l'identité française.
Dans la rédaction, on s'interroge: a-t-on déjà vu CNN diffuser un
programme sur l'identité américaine? Deux mois plus tard, quand le
débat sur l'identité nationale, dégoupillé par le gouvernement,
explose sur la place publique, c'est la stupeur. "Dans ces cas-là,
on ne peut pas s'empêcher de penser qu'elle a lu ça dans le marc de
café lors de ce dîner d'été, au cap Nègre, avec Bernard et les époux
Sarkozy", souligne un journaliste de la chaîne. Selon le directeur
de la rédaction, Vincent Giret, l'idée date du mois de juin, sur une
proposition de la sociologue Caroline Fourest. On ne prête qu'aux
riches.
Il ne fallait pas être devin pour pressentir que le
salaire d'Ockrent, dans ses nouveaux habits de cost killer,
provoquerait de l'eczéma jusque chez les parlementaires. A l'instar
d'Alain de Pouzilhac, PDG de l'AEF, sa rémunération annuelle peut
grimper jusqu'à 310 000 euros par an, au gré d'un système de primes
qui, le 4 novembre, a fortement agacé les élus examinant le budget
2010.
"Il est invraisemblable que l'on ne parvienne pas à
obtenir de chiffres précis et que ces montants puissent être
supérieurs à ce qui existe à l'étranger " s'est étranglé le député
UMP Lionnel Luca devant la commission des Affaires étrangères. "Nous
sommes légitimement choqués qu'un groupe licencie quand les salaires
de ses dirigeants explosent ", a ajouté, dans le camp d'en face, le
député PS Jean Glavany.
L'argent: vieux sujet, têtu comme un boomerang, qui
n'a jamais vraiment laissé en paix le couple Ockrent-Kouchner. A la
tête d'une petite holding, ils vivent à Paris dans un somptueux
duplex loué au Vatican à des conditions longtemps restées
confidentielles (voir l'encadré). Lui s'est illustré par ses
brillants rapports, et la justification, auprès de quelques amis
socialistes, du passage du Rubicon, en 2007: "Je n'ai pas de
retraite, il me faut bien un revenu!"
Ockrent, elle, traîne une réputation de pitbull dès
qu'il s'agit de monnayer son talent. A la fin des années 1980, la
révélation de ses émoluments de présentatrice du JT d'Antenne 2
déclenche une grève et une polémique nationale. Dix ans plus tard,
la voici sur France 3, avec un salaire deux fois supérieur à celui
de Rémy Pflimlin, directeur général de la chaîne, grâce à un
fructueux système de primes à l'émission. "Je me rappelle que le
contrôleur d'Etat s'était arraché les cheveux au moment de valider
cet accord, raconte Christian Dauriac, à l'époque directeur de la
rédaction de France 3. Finalement, il a dû s'exécuter sur
ordre."
Les "ménages", ces animations de séminaires
d'entreprise tarifées 15 000 euros la journée, ont longtemps
constitué une manne pour celle qui, paradoxalement, se réclame du
puritanisme déontologique anglo-saxon.
Sainte Christine vénérée par les jeunes générations de
reporters, au point que Loïc Hervouet, alors directeur de l'Ecole
supérieur de journalisme de Lille, l'invite à donner la leçon
inaugurale de la promotion 1999. Une tradition. Tous les grands noms
du PAF y sont passés: Jean-Pierre Elkabbach, Michèle Cotta, Robert
Namias, Dominique Baudis... Tous sauf elle, en définitive. "C'est la
seule à nous avoir réclamé de l'argent, raconte Loïc Hervouet. Dans
mon souvenir, elle exigeait l'équivalent de 5 000 euros, puis,
devant mon refus, son assistante a rappelé pour la proposer à moitié
prix..." Finalement, c'est Jean-Marie Cavada qui l'a remplacée au
pied levé. Et contre zéro franc.
"Chacun vit avec ses
contradictions..."
Bien sûr, à 70 et 65 ans, Bernard Kouchner et
Christine Ockrent ne sont pas seulement ce que le pouvoir a fait
d'eux. Sous le vernis de la complaisance, l'infatigable bretteur
apparaît encore, de temps à autre, en pointillés. "C'est incroyable
comme il est flatteur: à chaque Conseil des ministres, il explique:
'C'est grâce à vous monsieur le Président...', souligne un membre du
gouvernement. En même temps, il est l'un des rares à avoir de vrais
débats avec Sarkozy et à oser, parfois, s'opposer à lui."
Ockrent, elle, fera toujours figure d'Himalaya. "Elle
m'a tout appris: comment choisir le bon angle pour un reportage,
pourquoi privilégier telle information... C'est la meilleure d'entre
nous", affirme l'ancien journaliste de FR3 Pierre Fraidenraich. Il
la découvre aux commandes du Soir 3, voilà quinze ans. Face à
l'inertie de la rédaction, elle décide d'adouber deux reporters
débutants pour lui servir de garde rapprochée: le premier,
Fraidenraich, deviendra le patron d'iTélé ; le second, Guy Lagache,
l'une des stars de M 6.
C'est sûr: Ockrent a fait valser les archaïsmes, et
Kouchner, en son temps, a révolutionné les consciences. Mais
cela remonte au siècle dernier, loin de la pompe, des ors et des
prébendes du régime.
En 2003, lors de la publication de son best-seller sur
Françoise Giroud, Une ambition française (Fayard), Christine Ockrent
est accusée de trahison pour avoir révélé d'inavouables secrets sur
son amie décédée. Au téléphone, un ami de la biographe lui demande
comment elle régirait, elle, si l'on venait fouiller dans les
arrière-cuisines de son existence? La reine Christine étouffe un
rire de fillette insolente: "Chacun vit avec ses contradictions..."
Quelques icônes de la politique et de la télévision ne font même que
cela. C'est juste une question d'habitude.
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