Dernière mise à jour le 17/11/2009 à 00h00 TU |   PAR LA REDACTION DE RFIENACTION.com                                            Share/Bookmark
Laurence Franceschini:« la désignation d'un médiateur à RFI ne parait pas pouvoir être retenue »

Née en 1957,Laurence Franceschini (  photo à droite ) ,est directrice du développement des médias (service du Premier ministre mis à la dispostion du Ministère de la Culture) depuis le 17 janvier 2007,elle est aussi membre du conseil d'administration de la holding Audiovisuel Extérieur de la France.Diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris,Laurence Franceschini est titulaire d’une maîtrise de droit public et elle a été élève de l’Ecole nationale d’administration.

Le 4 novembre dernier,elle a été auditionnée par la Commission des affaires étrangères du Sénat,l'occasion d'obtenir un éclairage sur la mise en oeuvre de la réforme de l'audiovisuel extérieur et des précisions au sujet des priorités du futur contrat d'objectifs et de moyens entre l'Etat et la holding Audiovisuel Extérieur de la France mais également l'opportunité, de connaître les moyens consacrés à l'audiovisuel extérieur dans le projet de loi de finances pour 2010 et les synergies et les mutualisations entre les différents opérateurs, c'est-à-dire TV5 Monde, France 24 et RFI, face aux nouveaux enjeux, comme le basculement de l'analogique au numérique et le développement des nouvelles technologies, comme la télévision sur Internet ou sur téléphone mobile et enfin réfléchir sur la situation des différentes sociétés et notamment sur les conséquences de la grève au sein de RFI sur l'équilibre budgétaire de la radio.

Laurence Franceschini a rappelé que la réforme de l'audiovisuel extérieur, lancée à l'été 2007 par le Président de la République, partait du constat selon lequel la diversité des opérateurs, avec d'abord Radio France Internationale, puis TV5 Monde et enfin France 24,ainsi que la faiblesse du pilotage stratégique de l'Etat, ajoutée à la multiplicité des tutelles et des sources de financement, nourrissaient depuis plusieurs années, et à juste titre, les critiques sur le manque de cohérence de la politique audiovisuelle extérieure de la France. Cette réforme avait donc pour objectifs d'améliorer la cohérence de la politique audiovisuelle extérieure, la lisibilité de ses orientations stratégiques et l'efficacité de chacun de ses opérateurs.

Cette réforme s'est traduite par la création, en avril 2008, de la société holding «audiovisuel extérieur de la France », dont le capital est entièrement détenu par l'Etat et qui a vocation à regrouper l'ensemble des participations publiques dans les différentes sociétés de l'audiovisuel extérieur, c'est-à-dire RFI, TV5 Monde et France 24, de manière à renforcer les synergies et les mutualisations entre ces sociétés.

La société « audiovisuel extérieur de la France » est devenue, avec la loi du 5 mars 2009 relative à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision,une société nationale de programme, dont la mission est de contribuer à la diffusion et à la promotion de la langue française, des cultures française et francophone, ainsi qu'au rayonnement et à la présence de la France dans le monde, notamment par la programmation et la diffusion d'émissions de télévision et de radio ou de services en ligne relatifs à l'actualité française, francophone, européenne et internationale.Par ailleurs, la constitution du groupe, qui nécessitait des réorganisations capitalistiques complexes, est désormais achevée. La holding détient aujourd'hui 100 % du capital de RFI et de France 24, ainsi que 49 % de celui de TV5 Monde.

L'abécédaire
La direction du Développement des médias (DDM),est une direction ministérielle française, créée par un décret du 3 novembre 2000.Placée sous l'autorité du Premier ministre et rattachée pour sa gestion au secrétariat général du gouvernement,la direction est mise à la disposition du ministre chargé de la communication.

Elle a pour mission de définir et mettre en œuvre la politique du gouvernement en faveur du développement et du pluralisme des médias et des services de la société de l'information.À ce titre, elle prépare la législation, la réglementation et les décisions du Premier ministre relatives à la presse écrite, à la communication audiovisuelle et aux autres services de communication destinés au public. Dans ces différents secteurs elle suit les négociations relatives aux professions concernées, gère des aides financières attribuées aux entreprises et participe à la mise en œuvre des procédures relevant du droit de la concurrence.

Elle participe à l'élaboration et à la mise en œuvre de la politique du gouvernement en faveur de l'action audiovisuelle extérieure de la France.

La direction du développement des médias est responsable de la tutelle de l’AEF d'un point de vue administratif en rapportant au cabinet du Premier ministre qui exerce son pilotage politique.

Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques lancée le 10 juillet 2007 par le Premier ministre afin de repréciser le périmètre des politiques publiques et de les adapter aux exigences de ce début de XXIe siècle,le ministère de la culture et de la communication recentrera à compter du 1er janvier prochain son administration centrale autour d’un secrétariat général et de trois directions générales parmi lesquelles:la direction générale des médias et des industries culturelles du ministère de la culture et de la communication.

A compter du 13 janvier 2010 la direction du développement des médias deviendra donc  la direction générale des médias et des industries culturelles du ministère de la culture et de la communication.

Laurence Franceschini a détaillé les crédits consacrés à l'audiovisuel extérieur dans le cadre du projet de loi de finances pour 2010, qui relèvent pour partie du programme « Action audiovisuelle extérieure » de la mission « Médias » et pour une autre partie des crédits de redevance du programme « Contribution au financement de l'action audiovisuelle extérieure » de la mission « Avances à l'audiovisuel public ».Pour 2010, la dotation globale allouée à la société « Audiovisuel extérieur de la France » s'établit à 312,6 millions d'euros, ce qui représente une augmentation de 16,7 millions d'euros par rapport au montant voté en loi de finances initiale pour 2009, soit une hausse de + 5,6 %.Si cette augmentation est inférieure de 2,9 millions d'euros aux demandes de la société holding, elle n'en traduit pas moins un réel effort financier de la part de l'Etat.La directrice de la DDM a avoué que sont surtout les dotations pour 2012 et 2013 qui font actuellement l'objet de divergences entre l'Etat et les dirigeants de la holding.La réforme de l'audiovisuel extérieur trouve sa traduction dans les modalités de financement des sociétés de l'audiovisuel extérieur. Alors que, avant la réforme, les crédits étaient attribués individuellement à chacune des trois entités, désormais les financements font l'objet d'une enveloppe globale confiée à la société holding, à charge pour elle de la répartir entre les différentes sociétés qui lui sont rattachées.En effet, l'Etat conserve un droit de regard sur la stratégie de l'audiovisuel extérieur,mais ne gère plus au quotidien les différentes sociétés.

Au sujet de RFI,Laurence Franceschini,a affirmé que la réforme de Radio France Internationale, attendue depuis une dizaine d'année, s'est traduite par un plan global de modernisation, accompagné d'un plan de sauvegarde de l'emploi, qui prévoit 206 suppressions de postes et 34 créations, avec des mesures d'accompagnement comme des reclassements, des départs volontaires, des mises à la retraite ou des licenciements.

Sur la mise en oeuvre du plan social elle a indiqué que 202 demandes d'information avaient été relevées par la direction dont 108 salariés dès le premier jour, "ce qui permet d'espérer voir les départs contraints limités".La directrice a révélé que le ministère de la culture et de la communication a organisé plusieurs réunions entre la direction et les représentants des personnels de RFI sans aboutir à de réelles avancées et elle rétorque: "les nombreux retards dans la mise en oeuvre du plan social de RFI ont inévitablement des conséquences sur son équilibre financier et il faut souhaiter une solution rapide à ce conflit".

À propos de la demande de l'intersyndicale (CGT,SNJ,FO) de RFI de nommer un médiateur elle a répondu que la désignation d'un médiateur risquerait de retarder la sortie de la situation actuelle de RFI et ne parait donc pas pouvoir être retenue.

Laurence Franceschini a souligné à maintes reprises s'agissant de RFI que la stratégie des dirigeants de l'AEF repose sur l'idée de relancer cette radio, qui selon elle "reste une belle et grande maison avec des personnalités d'exception, à la conquête de nouveaux bassins d'audience tout en confortant ses positions en Afrique".Cette stratégie vise donc d'abord à redéfinir les priorités géographiques en réorganisant les rédactions en langues étrangères, afin d'en supprimer certaines, comme celles en allemand, en polonais, en serbo-croate, en albanais, en turc et en laotien, tout en encourageant les programmes dans d'autres langues, comme l'anglais, l'espagnol, le portugais-brésilien, l'haoussa et le swahili s'agissant de la radio, ou le mandarin, le russe, le vietnamien et le persan en ce qui concerne les programmes sur Internet.

L'objectif,ajoute-t-elle:"est non seulement de consolider les positions de RFI en Afrique francophone, mais aussi de développer son audience en Afrique lusophone et anglophone.Cette stratégie,souligne-t-elle s'accompagne de l'idée de mieux prendre en compte la dimension économique et de renforcer la place de la musique.Elle vise ensuite à développer RFI sur Internet.Laurence Franceschini a declaré que est necessaire redresser la situation financière de RFI et d'améliorer sa gestion:"ce qui implique de redéfinir les métiers des salariés, dans le cadre d'un dialogue social rénové et dans un climat de confiance avec la direction".Toujours concernant RFI elle a estimé par ailleur:"que l'idée d'un déménagement de RFI, qui occupe actuellement des locaux au sein de Radio France, pour se rapprocher géographiquement de France 24, serait de nature à favoriser ces évolutions".

Concernant le futur contrat d'objectifs et de moyens (COM) entre l'Etat et la société « audiovisuel extérieur de la France », Mme Laurence Franceschini a indiqué que sa rédaction était quasiment achevée.Elle a imputé le retard de son élaboration à des discussions concernant l'avenir de la radio Monte Carlo Doualiya.

Le projet de COM se fonde sur les orientations stratégiques suivantes :

  • Pour France 24 : une couverture mondiale dès 2010 et une diffusion en arabe 24h/24h
  • S'agissant de RFI : le développement de nouvelles langues et une diffusion dans les vingt plus grandes agglomérations françaises
  • Concernant TV5 Monde : la poursuite du plan stratégique.

Relativement à TV5 Monde elle a declaré que la conférence de Vancouver de novembre 2008 a adopté le plan stratégique pour la période 2009-2011 et selon elle ce plan stratégique repose sur l'idée de faire de TV5 Monde un « média global » présent sur tous les supports,et notamment l'Internet, ce qui suppose un développement important du sous-titrage, tout en préservant les valeurs et la spécificité de cette chaîne généraliste francophone.

Laurence Franceschini a souligné que avec une hausse de 2,5 % de sa dotation, la subvention versée à TV5 Monde est en augmentation pour 2010:"elle correspond aux engagements pris par la France vis-à-vis de ses partenaires francophones et elle donnera les moyens à la chaîne de mettre en oeuvre les priorités de son plan stratégique".Le conseil d'administration de TV5 Monde du 21 octobre 2009 a fixé à 72,4 millions d'euros la dotation pour 2010.

TV5 Monde donc occupe une place à part dans l'AEF, puisqu'elle est un partenaire et non une filiale de la holding, ce qui a permis d'apaiser les craintes des partenaires francophones.Sur le souhait de Marie-Christine Saragosse,directrice de TV5Monde de diffuser la chaîne sur la télévision numérique terrestre en France,elle repond qu'il s'agisse avant tout d'une décision politique et non seulement budgétaire.

Pour France 24 d'après elle,la première priorité  est l'extension progressive à 24h/24h de programmation en arabe, en s'appuyant sur les synergies entre France 24 et la radio Monte Carlo Doualiya, filiale de RFI.

S'agissant du pilotage de l'audiovisuel extérieur, Laurence Franceschini a rappelé que la direction du développement des médias avait un rôle de premier plan dans l'exercice de la tutelle de l'Etat sur la société « audiovisuel extérieur de la France », mais qu'elle se faisait en concertation étroite avec les autres ministères, notamment la direction du budget, l'agence des participations de l'Etat, ainsi que le ministère des affaires étrangères et européennes qui joue un rôle important dans ce domaine.

Enfin, concernant les mutualisations entre les différentes sociétés, elle a indiqué que,contrairement à une crainte qui avait été exprimée lors de la création de la holding, qui tenait au risque d'une concurrence entre les différents opérateurs face aux distributeurs,la distribution des programmes faisait l'objet des plus fortes synergies.Elle a communiqué entre autres que des mutualisation sont en cours, notamment en matière de gestion ou de recherche et développement.

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