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Née en 1957,Laurence Franceschini (
photo à droite ) ,est
directrice du développement des médias (service du Premier ministre
mis à la dispostion du Ministère de la Culture) depuis le 17
janvier 2007,elle est aussi membre du conseil d'administration de la
holding Audiovisuel Extérieur de la France.Diplômée de l’Institut
d’études politiques de Paris,Laurence Franceschini est titulaire
d’une maîtrise de droit public et elle a été élève de l’Ecole
nationale d’administration.
Le 4 novembre dernier,elle
a été auditionnée par la Commission des affaires étrangères du
Sénat,l'occasion d'obtenir un éclairage sur la mise en oeuvre de la
réforme de l'audiovisuel extérieur et des précisions au sujet des
priorités du futur contrat d'objectifs et de moyens entre l'Etat et
la holding Audiovisuel Extérieur de la France mais également
l'opportunité, de connaître les moyens consacrés à l'audiovisuel
extérieur dans le projet de loi de finances pour 2010 et les
synergies et les mutualisations entre les différents opérateurs,
c'est-à-dire TV5 Monde, France 24 et RFI, face aux nouveaux enjeux,
comme le basculement de l'analogique au numérique et le
développement des nouvelles technologies, comme la télévision sur
Internet ou sur téléphone mobile et enfin réfléchir sur la situation
des différentes sociétés et notamment sur les conséquences de la
grève au sein de RFI sur l'équilibre budgétaire de la
radio.
Laurence Franceschini a rappelé que la réforme de
l'audiovisuel extérieur, lancée à l'été 2007 par le Président de la
République, partait du constat selon lequel la diversité des
opérateurs, avec d'abord Radio France Internationale, puis TV5 Monde
et enfin France 24,ainsi que la faiblesse du pilotage stratégique de
l'Etat, ajoutée à la multiplicité des tutelles et des sources de
financement, nourrissaient depuis plusieurs années, et à juste
titre, les critiques sur le manque de cohérence de la politique
audiovisuelle extérieure de la France. Cette réforme avait donc pour
objectifs d'améliorer la cohérence de la politique audiovisuelle
extérieure, la lisibilité de ses orientations stratégiques et
l'efficacité de chacun de ses opérateurs.
Cette réforme s'est traduite par la création, en avril
2008, de la société holding «audiovisuel extérieur de la France »,
dont le capital est entièrement détenu par l'Etat et qui a vocation
à regrouper l'ensemble des participations publiques dans les
différentes sociétés de l'audiovisuel extérieur, c'est-à-dire RFI,
TV5 Monde et France 24, de manière à renforcer les synergies et les
mutualisations entre ces sociétés.
La société « audiovisuel extérieur de la France » est
devenue, avec la loi du 5 mars 2009 relative à la communication
audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision,une
société nationale de programme, dont la mission est de contribuer à
la diffusion et à la promotion de la langue française, des cultures
française et francophone, ainsi qu'au rayonnement et à la présence
de la France dans le monde, notamment par la programmation et la
diffusion d'émissions de télévision et de radio ou de services en
ligne relatifs à l'actualité française, francophone, européenne et
internationale.Par ailleurs, la constitution du groupe, qui
nécessitait des réorganisations capitalistiques complexes, est
désormais achevée. La holding détient aujourd'hui 100 % du capital
de RFI et de France 24, ainsi que 49 % de celui de TV5 Monde.
| L'abécédaire |
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La direction du Développement des médias (DDM),est
une direction ministérielle française, créée par un décret du
3 novembre 2000.Placée sous l'autorité du Premier ministre et
rattachée pour sa gestion au secrétariat général du
gouvernement,la direction est mise à la disposition du
ministre chargé de la communication.
Elle a pour mission de définir et mettre en œuvre la
politique du gouvernement en faveur du développement et du
pluralisme des médias et des services de la société de
l'information.À ce titre, elle prépare la législation, la
réglementation et les décisions du Premier ministre relatives
à la presse écrite, à la communication audiovisuelle et aux
autres services de communication destinés au public. Dans ces
différents secteurs elle suit les négociations relatives aux
professions concernées, gère des aides financières attribuées
aux entreprises et participe à la mise en œuvre des procédures
relevant du droit de la concurrence.
Elle participe à l'élaboration et à la mise en
œuvre de la politique du gouvernement en faveur de l'action
audiovisuelle extérieure de la France.
La direction du développement des médias est responsable de
la tutelle de l’AEF d'un point de vue administratif en
rapportant au cabinet du Premier ministre qui exerce son
pilotage politique.
Dans le cadre de la révision générale des politiques
publiques lancée le 10 juillet 2007 par le Premier ministre
afin de repréciser le périmètre des politiques publiques et de
les adapter aux exigences de ce début de XXIe siècle,le
ministère de la culture et de la communication recentrera à
compter du 1er janvier prochain son administration centrale
autour d’un secrétariat général et de trois directions
générales parmi lesquelles:la direction générale des médias et
des industries culturelles du ministère de la culture et de la
communication.
A compter du 13 janvier 2010 la direction du
développement des médias deviendra donc la
direction générale des médias et des industries culturelles du
ministère de la culture et de la
communication.
 | Laurence Franceschini a
détaillé les crédits consacrés à l'audiovisuel extérieur dans le
cadre du projet de loi de finances pour 2010, qui relèvent pour
partie du programme « Action audiovisuelle extérieure » de la
mission « Médias » et pour une autre partie des crédits de redevance
du programme « Contribution au financement de l'action audiovisuelle
extérieure » de la mission « Avances à l'audiovisuel public ».Pour
2010, la dotation globale allouée à la société « Audiovisuel
extérieur de la France » s'établit à 312,6 millions d'euros, ce qui
représente une augmentation de 16,7 millions d'euros par rapport au
montant voté en loi de finances initiale pour 2009, soit une hausse
de + 5,6 %.Si cette augmentation est inférieure de 2,9 millions
d'euros aux demandes de la société holding, elle n'en traduit pas
moins un réel effort financier de la part de l'Etat.La directrice de
la DDM a avoué que sont surtout les dotations pour 2012 et 2013 qui
font actuellement l'objet de divergences entre l'Etat et les
dirigeants de la holding.La réforme de l'audiovisuel extérieur
trouve sa traduction dans les modalités de financement des sociétés
de l'audiovisuel extérieur. Alors que, avant la réforme, les crédits
étaient attribués individuellement à chacune des trois entités,
désormais les financements font l'objet d'une enveloppe globale
confiée à la société holding, à charge pour elle de la répartir
entre les différentes sociétés qui lui sont rattachées.En effet,
l'Etat conserve un droit de regard sur la stratégie de l'audiovisuel
extérieur,mais ne gère plus au quotidien les différentes sociétés.
Au sujet de RFI,Laurence Franceschini,a
affirmé que la réforme de Radio France Internationale, attendue
depuis une dizaine d'année, s'est traduite par un plan global de
modernisation, accompagné d'un plan de sauvegarde de l'emploi, qui
prévoit 206 suppressions de postes et 34 créations, avec des mesures
d'accompagnement comme des reclassements, des départs volontaires,
des mises à la retraite ou des licenciements.
Sur la mise en oeuvre du plan social elle a indiqué
que 202 demandes d'information avaient été relevées par la direction
dont 108 salariés dès le premier jour, "ce qui permet d'espérer voir
les départs contraints limités".La directrice a révélé que le
ministère de la culture et de la communication a organisé plusieurs
réunions entre la direction et les représentants des personnels de
RFI sans aboutir à de réelles avancées et elle rétorque: "les
nombreux retards dans la mise en oeuvre du plan social de RFI ont
inévitablement des conséquences sur son équilibre financier et il
faut souhaiter une solution rapide à ce conflit".
À propos de la demande de l'intersyndicale
(CGT,SNJ,FO) de RFI de nommer un médiateur elle a répondu que la
désignation d'un médiateur risquerait de retarder la sortie de la
situation actuelle de RFI et ne parait donc pas pouvoir être
retenue.
Laurence Franceschini a souligné à maintes reprises
s'agissant de RFI que la stratégie des dirigeants de l'AEF repose
sur l'idée de relancer cette radio, qui selon elle "reste une belle
et grande maison avec des personnalités d'exception, à la conquête
de nouveaux bassins d'audience tout en confortant ses positions en
Afrique".Cette stratégie vise donc d'abord à redéfinir les priorités
géographiques en réorganisant les rédactions en langues étrangères,
afin d'en supprimer certaines, comme celles en allemand, en
polonais, en serbo-croate, en albanais, en turc et en laotien, tout
en encourageant les programmes dans d'autres langues, comme
l'anglais, l'espagnol, le portugais-brésilien, l'haoussa et le
swahili s'agissant de la radio, ou le mandarin, le russe, le
vietnamien et le persan en ce qui concerne les programmes sur
Internet.
L'objectif,ajoute-t-elle:"est non seulement de
consolider les positions de RFI en Afrique francophone, mais aussi
de développer son audience en Afrique lusophone et anglophone.Cette
stratégie,souligne-t-elle s'accompagne de l'idée de mieux prendre en
compte la dimension économique et de renforcer la place de la
musique.Elle vise ensuite à développer RFI sur Internet.Laurence
Franceschini a declaré que est necessaire redresser la situation
financière de RFI et d'améliorer sa gestion:"ce qui implique de
redéfinir les métiers des salariés, dans le cadre d'un dialogue
social rénové et dans un climat de confiance avec la
direction".Toujours concernant RFI elle a estimé par ailleur:"que
l'idée d'un déménagement de RFI, qui occupe actuellement des locaux
au sein de Radio France, pour se rapprocher géographiquement de
France 24, serait de nature à favoriser ces évolutions".
Concernant le futur contrat d'objectifs et de
moyens (COM) entre l'Etat et la société « audiovisuel extérieur de
la France », Mme Laurence Franceschini a indiqué que sa rédaction
était quasiment achevée.Elle a imputé le retard de son élaboration à
des discussions concernant l'avenir de la radio Monte Carlo
Doualiya.
Le projet de COM se fonde sur les
orientations stratégiques suivantes :
- Pour France 24 : une couverture mondiale dès 2010 et une
diffusion en arabe 24h/24h
- S'agissant de RFI : le développement de nouvelles langues et
une diffusion dans les vingt plus grandes agglomérations
françaises
- Concernant TV5 Monde : la poursuite du plan
stratégique.
Relativement à TV5 Monde elle a declaré que la
conférence de Vancouver de novembre 2008 a adopté le plan
stratégique pour la période 2009-2011 et selon elle ce plan
stratégique repose sur l'idée de faire de TV5 Monde un « média
global » présent sur tous les supports,et notamment l'Internet, ce
qui suppose un développement important du sous-titrage, tout en
préservant les valeurs et la spécificité de cette chaîne généraliste
francophone.
Laurence Franceschini a souligné que avec une hausse
de 2,5 % de sa dotation, la subvention versée à TV5 Monde est en
augmentation pour 2010:"elle correspond aux engagements pris par la
France vis-à-vis de ses partenaires francophones et elle donnera les
moyens à la chaîne de mettre en oeuvre les priorités de son plan
stratégique".Le conseil d'administration de TV5 Monde du 21 octobre
2009 a fixé à 72,4 millions d'euros la dotation pour 2010.
TV5 Monde donc occupe une place à part dans l'AEF,
puisqu'elle est un partenaire et non une filiale de la holding, ce
qui a permis d'apaiser les craintes des partenaires francophones.Sur
le souhait de Marie-Christine Saragosse,directrice de TV5Monde de
diffuser la chaîne sur la télévision numérique terrestre en
France,elle repond qu'il s'agisse avant tout d'une décision
politique et non seulement budgétaire.
Pour France 24 d'après elle,la première priorité
est l'extension progressive à 24h/24h de programmation en arabe, en
s'appuyant sur les synergies entre France 24 et la radio Monte Carlo
Doualiya, filiale de RFI.
S'agissant du pilotage de l'audiovisuel extérieur,
Laurence Franceschini a rappelé que la direction du développement
des médias avait un rôle de premier plan dans l'exercice de la
tutelle de l'Etat sur la société « audiovisuel extérieur de la
France », mais qu'elle se faisait en concertation étroite avec les
autres ministères, notamment la direction du budget, l'agence des
participations de l'Etat, ainsi que le ministère des affaires
étrangères et européennes qui joue un rôle important dans ce
domaine.
Enfin, concernant les mutualisations entre les
différentes sociétés, elle a indiqué que,contrairement à une crainte
qui avait été exprimée lors de la création de la holding, qui tenait
au risque d'une concurrence entre les différents opérateurs face aux
distributeurs,la distribution des programmes faisait l'objet des
plus fortes synergies.Elle a communiqué entre autres que des
mutualisation sont en cours, notamment en matière de gestion ou de
recherche et développement. |