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Le 9 novembre, à l'Assemblée
nationale, le ministre de la Culture et de la
communication, Frédéric MITTERRAND, a apporté un certain
nombre de réponses aux questions concernant
l'audiovisuel extérieur mais un quasi silence sur RFI.
Voici l'intégralité du discours de
Frédéric MITTERRAND sur l'audiovisuel
extérieur
Le budget 2010 de l’audiovisuel public et
extérieur que j’ai aujourd’hui le plaisir de vous
présenter est en augmentation de +91 millions d'€, soit
+2,5% par rapport au budget inscrit en loi de finances
initiale 2009.Cette progression significative, rendue
possible par l’indexation de la redevance sur
l’inflation et son augmentation de deux euros décidée
l’hiver dernier par le Parlement, lors du débat sur la
loi relative à la communication audiovisuelle, permettra
de mener à bien les réformes majeures engagées pour le
secteur et de poursuivre notre politique de soutien
actif à la création.
Première réforme d’importance :
celle de l’audiovisuel extérieur.
Cette réforme, engagée dès l’été 2007 à
l’initiative du Président de la République, était
indispensable. Vous le savez,l’ensemble des acteurs du
secteur partageait le constat que notre politique
audiovisuelle extérieure souffrait depuis trop longtemps
d’un manque de cohérence et d’efficacité de ses
opérateurs.Cette réforme est aujourd’hui très bien
avancée : la constitution du groupe de l’audiovisuel
extérieur autour de la société holding Audiovisuel
Extérieur de la France (AEF) estachevée.
En outre, la loi du 5 mars 2009, que je
vous citais il y a quelques instants, a permis de tirer
les conséquences de cette réforme, puisqu’elle réaffirme
le rôle de pilotage stratégique et de coordination d’AEF
qui devient la société nationale de programme chargée de
l’audiovisuel extérieur de la France. A ce titre, la
négociation de son contrat d’objectifs et de moyens est
en cours.Dans ce cadre, la stratégie proposée par les
dirigeants d’AEF consiste, dans un premier temps, à
réaliser de forts investissements dans chacune des
sociétés avant une phase de retour sur investissements
grâce à une meilleure coordination entre les sociétés et
grâce au développement des ressources propres. La forte
augmentation des ressources publiques inscrite au PLF
pour la société AEF témoigne du soutien de l’Etat à la
stratégie proposée par ses dirigeants :315 millions d'€
à l’audiovisuel extérieur de la France en 2010, soit une
dotation en hausse de 6% par rapport au montant inscrit
en loi de finances initiale 2009.Grâce à ces moyens
renforcés, France 24, chaîne d’information née en 2006,
va se déployer progressivement au niveau mondial et en
plusieurs langues. TV5 Monde, chaîne à laquelle je suis
particulièrement attaché, s’engage dans la deuxième
année de mise en oeuvre de son plan stratégique
2009-2012 avec l’ambition de conforter sa diffusion sur
les cinq continents, où elle est une vitrine de la
culture et des valeurs de la France et de la
francophonie.
Quant à RFI, la relance de ses audiences
est prioritaire en développant notamment la diffusion
FM, mais également la diffusion sur les nouveaux médias.
Il conviendra également d’adapter la politique des
langues aux évolutions géopolitiques du monde, en
développant notamment les langues prioritaires pour le
groupe. C’est le sens du plan global de modernisation
actuellement en cours.Quelques mots à ce sujet. Vos
interventions l’ont rappelé et je le sais : la réforme
en profondeur engagée par les dirigeants de RFI est
douloureuse et c’est pourquoi j’ai à coeur que chaque
salarié de RFI soit accompagné dans cette période
difficile. Mais, et je crois qu’aujourd’hui tout le
monde en convient, cette réforme est indispensable à la
survie de la société, qui traverse une crise
existentielle profonde, et elle a été trop longtemps
différée.Cependant, je tiens à vous dire que, malgré les
difficultés rencontrées, la réforme avance. Le processus
de consultation du comité d’entreprise est aujourd’hui
achevé,et le 28 octobre dernier a été ouverte la période
des départs volontaires, qui durera un mois et qui
devrait permettre de limiter voire d’éviter les
licenciements par désignation. La relance de RFI doit
désormais se mettre en oeuvre dès le début de 2010,
c’est une exigence que nous devons tous porter
ensemble.
Enfin, concernant le pilotage politique de
l’audiovisuel extérieur, j’ai compris qu’il s’agissait
là d’un sujet qui fait l’objet de beaucoup
d’interrogations.Je tiens à vous le redire : il est
connu et déjà opérant. D’un point de vue administratif,
la Direction du développement des médias est responsable
de la tutelle de l’AEF. Pour cette mission spécifique,
la DDM rapporte au cabinet du Premier ministre. D’un
point de vue politique maintenant, il est tout aussi
clair que c’est à ce niveau que le pilotage s’exerce.
Les différents ministères concernés par l’audiovisuel
extérieur, qu’il s’agisse des Affaires étrangères et
européennes, de l’Economie, du Budget, ou de la Culture
et de la Communication, se retrouvent à Matignon en
réunions interministérielles pour débattre et arbitrer
des grandes orientations stratégiques de l’AEF.Ce
fonctionnement très encadré nous permet de ne pas
reproduire les erreurs du passé en ressuscitant par
exemple l’ancien Conseil Audiovisuel Extérieur de la
France (CAEF), qui a existé de 1989 à 1996, une
structure, il faut bien en convenir,qui n’a pas fait ses
preuves. Aujourd’hui ce qui doit nous guider,c’est
l’efficacité, c’est le souci d’un pilotage réactif,
adapté à cet outil qui faisait cruellement défaut et que
la réforme a mis en place : la holding Audiovisuel
extérieur de la France. |