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Le conflit social qui perdure à RFI se double d'une
lutte entre deux fronts syndicaux : d'un côté, la CFDT, syndicat
réformiste, et de l'autre une intersyndicale intransigeante qui va
du SNJ à la CGT (celle des journalistes et celle des techniciens),
en passant par FO. Tout en étant opposée au plan social, la CFDT,
principal syndicat, a accepté de discuter avec Alain de Pouzilhac,
le patron de RFI, des modalités du plan de départs volontaires.
L'intersyndicale, quant à elle, a toujours refusé tout dialogue et
multiplié les recours en justice contre la volonté de la direction
de supprimer 201 postes correspondant à la fermeture de six langues
(allemand, polonais, serbo-croate, albanais, turc et laotien). Pas
plus tard que jeudi, l'intersyndicale a d'ailleurs décidé de saisir
le Conseil d'État en référé...
Néanmoins, depuis mercredi, le plan de départs
volontaires est ouvert. Quelle était la meilleure façon de défendre
les salariés de RFI ? On le saura dans un mois. Si le nombre de
volontaires est suffisant, on pourra dire que la CFDT a plutôt bien
fait de privilégier cette voie. Si, en revanche, les volontaires ne
sont pas très nombreux, la voie du rapport de force pure et dure de
l'intersyndicale traduisait, bien mieux, la volonté des salariés.
"Bientôt, on sera accusé du génocide
cambodgien" (CFDT)
En attendant, le niveau de haine a atteint un point de
non-retour et fait peser sur la boîte un climat très lourd. Dimanche
25 octobre, l'intersyndicale s'est ainsi fendue d'un communiqué
assassin contre la CFDT qualifiée de "traître". "À force de
pratiquer la cogestion, la CFDT-RFI a fini par basculer de l'autre
côté du cheval", assène ce tract accusateur. "On ne leur répond pas
depuis le début du conflit", rétorque Marc Thiébault, représentant
de la CFDT. On nous donne du "traître", du "collabo", bientôt, on
sera accusé du génocide cambodgien !" La CFDT pointe néanmoins du
doigt les diverses positions adoptées par l'intersyndicale. "Au
départ, elle voulait le retrait du plan social pur et simple. Puis,
elle a voulu "un autre plan social" différent de celui de la
direction. Ensuite, elle a souhaité que la direction ouvre un
guichet de départs, puis des départs volontaires, mais pas les mêmes
que nous... Mais dans tous les cas de figure, l'intersyndicale ne
souhaitait pas se mettre à la table des négociations. Nous, on ne
met pas la tête dans le sable. RFI avait besoin d'être réformée,
notamment son système de langues."
À l'heure actuelle, l'état des forces en présence est
le suivant : sur 52 élus du personnel, la CFDT dispose de 23
représentants. C'est beaucoup, mais pas suffisant pour atteindre la
majorité. Dans le détail, la CFDT compte 11 membres, dont 6
suppléants. Parmi les délégués du personnel, 12 sont CFDT (dont 6
suppléants). L'intersyndicale, majoritaire, continue donc à
maintenir la pression judiciaire sur le tandem Pouzilhac-Ockrent. Sa
plus grande victoire fut obtenue, fin septembre, devant la cour
d'appel de Paris. Ce jour-là, les juges ont amputé le plan social de
l'un de ses volets essentiels : il instituait un critère de langues
chez les journalistes. Ce critère, jugé discriminatoire, avait pour
objectif de protéger les journalistes français par rapport à leurs
collègues étrangers. Cette protection a sauté. Si bien que
l'intersyndicale a obtenu que soit détruit le plan stratégique de
modernisation des langues imaginé par Alain de Pouzilhac...
SOURCE:LE
POINT.FR |