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Le Contrat d’objectifs et de moyens 2010-2013
d’Audiovisuel extérieur de la France (hors TV5 Monde) est« sur le
point d’être signé » mais ne sera valide qu’une fois RFI de retour à
l’équilibre. Le holding prévoit une montée en puissance sur deux ans
de la dotation publique, puis une compensation par l’accroissement
des recettes propres. Elle mise sur des économies sur ses divers
contrats et sur des synergies de contenu, d’organisation, de coûts
et dans le domaine du multimédia.
Audiovisuel
extérieur de la France (AEF), créée par la loi du 5 mars 2009,
est « sur le point de signer » son Contrat d’objectifs et de moyens
2010-2013 pour le holding, France 24 et RFI / Monte Carlo Doualiya
(MCD) avec l’Etat, mais cette signature n’interviendra que lorsque «
RFI ne sera plus déficitaire », a indiqué Alain de Pouzilhac, pdg
du holding « Il est légitime que l’Etat actionnaire se dise prêt
à investir dans une société (132 M€ en 2009 pour RFI / MCD, ndlr) si
celle-ci arrête de faire des déficits chroniques », a-t-il justifié.
Après un déficit de 13 M€ en 2008 et une recapitalisation de 16,9 M€
en début d’année 2009,le déficit du réseau est estimé à 2 à 4 M€
pour cette année, a-t-il ajouté.
Ce déficit devrait, selon Alain de Pouzilhac, être
comblé par le plan social prévu par AEF, dont la version
modifiée,établie après la décision de la cour d’appel de Paris,
devrait être présentée au comité d’entreprise de RFI d’ici une
quinzaine de jours, a précisé Geneviève Goetzinger,directrice
déléguée de RFI. Rappelons que, dans sa décision du 28 septembre, la
cour d’appel a suspendu l’application du plan social et a imposé au
groupe plusieurs conditions pourqu’il soit jugé recevable.« Ce petit
travail d’écriture est quasi terminé ; encore une petite semaine,
ensuite le comité d’entreprise sera réuni autour de la table »,
a-t-elle ajouté. En tenant des délais de la procédure,Alain de
Pouzilhac a estimé qu’AEF devrait pouvoir signer son Com dans le
courant du mois de novembre.
Montée en puissance jusqu’en 2011 de la
dotation publique
Sur le plan financier, le projet de Com prévoit une «
montée en puissance sur deux ans » de la dotation publique :après un
budget 2010 de 300 M€, AEF voit ses ressources publiques portées à
315 M€ en 2010, selon le projet de loi de finances présenté en debut
du mois d'Octobre et, a priori, plus encore pour 2011. Le projet
prévoit également que « petit à petit, les ressources propres
compensent la diminution de la dotation de l’Etat », a précisé Alain
de Pouzilhac. AEF a aussi l’objectif de réaliser des économies de «
10 à 15 % sur l’ensemble des contrats signés (technique, diffusion,
maintenance, etc., ndlr) sur un chiffre de base de 60 M€, en année 1
», a-t-il indiqué. « Nous allons regarder toutes les économies
possibles de manière à ce qu'elles soient efficaces sur 2010 et ces
économies ne seront pas rendues à notre actionnaire, mais seront
réinvesties dans les sociétés », a-t-il insisté. Cet objectif
s’inscrit dans une volonté d’harmonisation de la gestion des coûts.
Le holding vient d’ailleurs de nommer Jean-Yves Bonsergent au
poste de directeur de la gestion des coûts ; il conservera par
ailleurs ses fonctions de directeur délégué en charge de la
technologie, de la distribution et des directions fonctionnelles de
France 24, nous a-t-on précisé. Et AEF prévoit, en guise de deuxième
étape, d’effectuer un audit sur ces achats.D’une manière générale,
ce projet de Com a pour objet de « dynamiser, de rendre plus
compétitif » l’audiovisuel extérieur français, a expliqué Alain de
Pouzilhac. « Il définit quatre missions essentielles », a enchaîné
Christine Ockrent, directrice générale déléguée d’AEF : développer
la présence française dans le monde, représenter « les voix de la
France », « améliorer les performances et l’efficacité de toutes les
sociétés d’AEF » et « moderniser la gestion de la société ».
« Intensifier » les synergies entre les
sociétés
Le holding, qui emploie 1 816 personnes en
équivalent plein temps (hors pigistes et correspondants), va ainsi«
intensifier » les synergies entre les sociétés, mouvement déjà
entamé avec, par exemple, la création du pôle arabophone dirigé par
Nahida Nakad qui « mutualise les équipes de France 24 et de MCD (…)
avec la volonté de faire,à terme, une seule équipe », a raconté
Alain de Pouzilhac.La mise en place de ces synergies fait l'objet de
critiques dans un rapport commandé cet été par le CHSCT de Monte
Carlo Doualiya. « On essaye également de mutualiser les équipes de
direction », a aussi précisé Alain de Pouzilhac. Sont ainsi prévues
les mises en place de directions communes technique, éditorial du
pôle arabophone et multimédia. Par ailleurs, une régie publicitaire
commune (hors TV5 Monde) sera effective « dans les jours qui
viennent ».
Une « harmonisation » des études est également en
cours avec une direction des études et stratégies, a poursuivi
Christine Ockrent : rappelant la sélection de TNS Sofres
après appel d’offres, elle a indiqué que, outre les études
existantes (EMS…), des « études spécifiques, seront réalisées deux
fois par an ». « L’intérêt est d’avoir des outils
fiables,comparables » et de « mesurer, pour la première fois, les
audiences dans 34 pays ». AEF a également « la volonté de développer
des accords avec la BBC, qui a manifesté un intérêt particulier pour
ce pool études, et avec la Deutsche Welle et Voice of América »,
a-t-elle annoncé.Synergie enfin, également sur le contenu (événement
du type 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin) et le
multimédia avec la mise en place d’une rédaction en chef web et
d’une équipe technique internet commune ainsi que le déploiement de
mini-sites dédiés, l’utilisation d’un même outil de gestion des
contenus multimédias, ou l’accès réciproque par exemple aux vidéos
de France24 ou aux « sons » RFI / MCD.
La direction d’AEF a également donné quelques
indications sur les objectifs du projet de Com pour ses différentes
antennes. France 24 doit ainsi atteindre une « diffusion mondiale à
la fin 2010 » et intensifier son effort vis-à-vis de sa diffusion en
langue arabe : après le seuil des 15 heures souhaité pour le
printemps,elle doit passer « de 15 heures à 24 d’ici la fin 2010 »,
a-telle ajouté. Quant à sa stratégie à destination du
multimédia,elle doit être « très centrée sur le mobile ».RFI
/ MCD, dont l’audience a connu une « chute vertigineuse » de «
8,5 millions de personnes hebdomadaires en 4 ans » à 35,6
millions actuellement, a souligné Alain de Pouzilhac, doit «
développer sa diffusion en FM partout où c’est possible ». Elle
doit également ajouter de nouvelles langues comme le swahili et «
préempter les évolutions technologiques » afin de palier le déclin
des ondes courtes moyennes, a précisé Christine Ockrent. Son
développement en France passe par la radio numérique, a-t-elle
ajouté. Dans un entretien accordé le 6 Octobre au journal Les Echos,
Alain de Pouzilhac indique que d’ici à 2013, RFI « va récolter 24 M€
de ressources supplémentaires pour ces investissements ».
Alain de Pouzilhac a par ailleurs annoncé le
regroupement de toutes les sociétés d'AEF, dans « un lieu unique, à
Paris ou en proche banlieue », au premier trimestre 2011. Il a
indiqué avoir missionné une société pour proposer divers
lieux. |