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Selon un rapport d’expertise remis au CHSCT de
Monte Carlo Doualiya, la synergie mise en place depuis le printemps
entre la radio et France 24 est « déséquilibrée » en faveur de la
chaîne TV. Ne faisant l’objet d’aucune convention,elle entraîne en
outre des problèmes de coordination entre les deux
médias.
| Repères |
Le rapport d’expertise
complet CHSCT Monte Carlo
Doualiya |
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| Radio du groupe RFI, Monte-Carlo Doualiya
(anciennement RMC-Moyen Orient), lancée en 1972 est basée à
Paris (dans les locaux de RFI) et diffuse son programme dans
le Moyen-Orient, et depuis 1999 dans le Maghreb. Le reste du
monde peut l'écouter sur le net et le satellite. Ses
programmes généralistes sont axés sur l'info, le tout en
arabe. | La synergie mise en place au
printemps entre France 24 et Monte Carlo Doualiya (MCD),filiale de
RFI, apparaît « déséquilibrée » au profit de la chaîne TV, et pose
des problèmes d’organisation du travail, selon un récent rapport
d’expertise du cabinet Technologia. Ce rapport d’expertise, dont
nous avons obtenu copie, a été commandécet été par le CHSCT de la
radio pour examiner les conséquences à MCD de la mise en place, en
mars, du pôle arabophone de l’Audiovisuel extérieur de la France
(AEF). Le document pointe le désarroi des salariés de la radio, et
les problèmes pratiques entraînés par la synergie avec le canal
arabe de France 24, voulue par la direction de l’AEF. Cette
synergie, note le rapport, ne fait pour l’instant l’objet d’aucune
convention entre la radio et la chaîne TV « pour définir précisément
omment se font les prêts ou les transferts de personnel, comment
sont prises les décisions pour savoir qui fait quoi, qui part en
mission, etc. ou encore comment sont gérées au quotidien la
multitude de questions qui se posent ».Et le fait qu’il n’y a pas de
convention est « troublant et perturbateur pour le personnel » de la
radio, ajoute-t-il.Interrogée vendredi, Geneviève Goetzinger,
directrice déléguée de RFI et directrice générale de Monte Carlo
Doualiya, nous répond que deux entreprises d’un même groupe « ont le
droit de travailler l’une pour l’autre », et que la signature d’une
convention « n’est pas une obligation légale ». « Mais on y
travaille », précise-t-elle cependant.
Dysfonctionnements
Le rapport relève en outre plusieurs cas concrets de
dysfonctionnements. Ainsi, il arrive que des journalistes de France
24 qui partent en reportage pour le compte de France 24 et de MCD ne
soient pas au courant qu’ils doivent couvrir un événement pour les
deux antennes,d’après le cabinet Technologia. Par exemple, en juin,
« le journaliste de France 24 qui couvrait la rencontre de Bernard
Kouchner (ministre des Affaires étrangères et européennes,ndlr) avec
l’envoyé spécial de Barack Obama (président américain, ndlr) au
Proche-Orient n’aurait pas été au courant qu’il couvrait aussi pour
MCD », selon le rapport. La journaliste de France 24 couvrant le 6
juin les cérémonies commémoratives du débarquement en Normandie
n’aurait pas non plus été informée qu’elle devait le faire aussi
pour la radio. Sur ce point,Geneviève Goetzinger reconnaît qu’« on a
démarré de manière assez compliquée » la coopération entre les deux
chaînes, mais se dit néanmoins « extrêmement étonnée » par ces
exemples. « Aujourd’hui, quand un journaliste part en mission, on
lui demande s’il est d’accord pour travailler pour les deux
antennes. C’est décidé à l’avance », assure-t-elle. Le rapport
d’expertise ajoute que la synergie en elle-même n’est pas refusée
par la plupart des salariés de MCD, « mais ce sont bien les
conditions dans lesquelles cette synergie se réalise qui posent
problème ». « L’opacité actuelle du fonctionnement commun est
fortement préjudiciable et crée une suspicion quant au devenir de la
radio », ajoute-t-il.
Le cabinet Technologia pointe aussi une « synergie
déséquilibrée », dans laquelle le personnel de MCD a le sentiment
que les décisions prises dans le cadre de cette coopération le sont
« en général en faveur de France 24 ».Pour la dg de MCD, «
l’objectif n’est pas de déséquilibrer » la radio mais d’« enrichir
les deux grilles ». Elle estime cette coopération nécessaire en
raison du déficit de la radio,estimé à 2,2 M€ en 2008, et des
résultats d’audience de MCD,« en chute libre ». « Les synergies
permettent les coûts les plus faibles possibles », dit-elle encore.
Cette politique de diminution des coûts s’est traduite par une
réduction d’effectifs, conséquente à des départs volontaires de
salariés, au non renouvellement de plusieurs CDD et à la décision de
mettre fin à la collaboration de plusieurs pigistes. |