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Mip. La semaine derniere à Cannes le
président de l’Audiovisuel extérieur de la France a présenté sa
stratégie à l’économie.
Le président de l’Audiovisuel extérieur
de la France, Alain de Pouzilhac, est un grand voyageur. «La semaine
dernière, j’étais à Berlin, il y avait les élections. J’ai rien
compris, j’parle pas allemand.» le 6 octobre il était à Cannes,
au Marché international des programmes (Mipcom) pour présenter sa
stratégie et on a tout compris. Faut dire qu’il parlait français et
s’aidait de slides, pardon de diapositives, et de Christine Ockrent,
pardon de la compagne du ministre des Affaires étrangères.
Oui, ça fait un peu conflit d’intérêt mais,
pchitt-pchitt, balayons tout ça car il est question, dans le cadre
certes chic d’un restaurant cannois mais où l’on sert en apéro des
bouts de pizza, de la bière et du coca éventé, de l’Audiovisuel
extérieur de la France (AEF). Soit le rassemblement de RFI, France
24 et de 49 % de TV5 Monde. Le slide dit que ce fut«lent et
difficile»et Pouzilhac approuve. En français, on dit «merdier velu».
La France a été à deux doigts d’une guerre nucléaire avec la
Belgique et le Québec, qui ne voulaient pas voir TV5, dont ils sont
actionnaires, devenir le porte-voix de la France. Côté France 24, il
a fallu racheter sa part à TF1 qui, d’un coup, jugeait qu’elle avait
pris de la valeur…
Quant à RFI, le slide est définitif : «déficit
chronique => plan social». En vrai, c’est plus compliqué. Après
presque six mois de grève, les grandes lignes du plan social,
touchant 206 personnes, ont été rejetées par la justice. Mais,
minimise Geneviève Goetzinger, directrice générale de RFI, «le petit
travail de réécriture est quasiment fait». Une jolie litote pour
expliquer que la direction a dû revoir le plan social de fond en
comble. Une formalité pour Pouzilhac qui a déjà scellé le sort des
206 salariés: «Le plan social repassera d’ici quinze jours devant le
comité d’entreprise, il y aura un mois pour les départs volontaires,
ensuite ce sera les départs contraints, tout ça sera fini avant fin
2009.» Emballé, c’est pesé.
D’ailleurs, si tout cela fut donc «lent et
difficile», Pouzilhac décrète que «maintenant, c’est terminé».
Délestée de 20 % de ses effectifs, RFI devrait revenir à l’équilibre
l’année prochaine, la condition sine qua non pour que l’Etat remette
au pot de l’audiovisuel extérieur de la France : un peu en 2010,
plus en 2011 et ensuite, ça baisse. L’AEF devra alors compenser
grâce à ses ressources propres. Entendre : éconocroques à tous les
étages, notamment sur les 60 millions d’euros de contrats divers
(AFP, etc) qui devront fondre de 10 à 15 %. Entendre, surtout,
synergies à fond les ballons. De la revue de presse commune à France
24 et Monte Carlo Doualiya, filiale arabophone de RFI, en passant
par la «mutualisation des équipes de direction» (par exemple, un
directeur technique pour RFI et France 24) jusqu’à Internationales,
une émission de politique étrangère diffusée simultanément sur les
antennes de RFI et TV5. En attendant le déménagement de ce beau
monde dans un siège unique en 2011. Autant dire que Pouzilhac et
Ockrent ont beau vanter le noble «rayonnement de la France», ils
vont surtout devoir briller par leur sens de la parcimonie. Et les
cocoricos de ce bidule mal né qu’est l’AEF vont continuer de faire
couac.
SOURCE:LIBERATION.FR | PHOTO: © OLIVIER ROLLER |