Après le jugement de la Cour d’appel du lundi 28 septembre, la
direction de RFI a engagé une intense campagne de propagande
(communiqués, interviews, réunions avec l’encadrement, article dans
« Les Echos » du 6 octobre) pour faire croire à sa version du
jugement.
Il est donc important de rétablir les faits sur ce
jugement et de ses attendus :
La Cour d’appel a suivi l’appréciation des avocats du CE sur
pratiquement tout leur argumentaire visant à montrer des
irrégularités dont est entaché ce plan, à savoir :
- La période d’adaptation sur des postes en reclassement
:
La Cour a en effet estimé que « l’offre faite au salarié
doit avoir un caractère concret, sérieux et donc définitif,
incompatible avec la possibilité ici instituée d’une rupture pouvant
survenir du fait du nouvel employeur, au seul constat, non motivé,
par lui d’une inadaptation du salarié reclassé, en l’état abandonnée
à sa seule appréciation, et alors exclusive pour le salarié des
garanties attachées à une procédure de licenciement. » (extrait
des attendus)
- L’insuffisance des mesures de reclassement dans l’ensemble
de l’audiovisuel public :
La Cour, après avoir constaté que
« la contestation du CE RFI consiste ici exactement à reprocher à
la société RFI une carence à mener sérieusement et efficacement la
recherche qui lui incombe dans tout ce périmètre (de l’audiovisuel
public) », ordonne à RFI « pour mettre fin à cette
insuffisance du PSE (…) de procéder régulièrement et complètement à
la recherche des offres de reclassement nécessaires au soutien de
son PSE, avant de consulter son CE à son sujet. ». (extrait des
attendus)
- La discrimination entre journalistes qui travaillent en
français et journalistes travaillant en langues étrangères
:
La Cour constate « Qu’il n’est pas discuté que le métier
de journaliste procède d’une formation commune à tous, quelle que
soit la langue parlée pour l’exercer ;
Qu’il ne peut être
valablement soutenu que l’exercice d’une langue, avec ce qui s’y
attache comme éléments de connaissance du pays de son usage,
constituerait une modalité d’exercice spécifique du métier de
journaliste, et serait un obstacle à l’interchangeabilité des
journalistes au sein des différentes rédactions de RFI ;
Qu’en
effet une telle affirmation n’est pas compatible avec les
connaissances personnelles éventuelles de chacun des journalistes
concernés leur permettant de parler d’autres langues que celle de
leur emploi, comme avec leur capacité à s’adapter avec une
formation, conformément au PSE. » (extrait des attendus)
Ce jugement donne raison au CE et à l’intersyndicale sur
des points essentiels que nous contestions depuis le début. Il nous
conforte donc dans notre combat contre ce plan injuste et
injustifié.
Au vu de ses réactions, la direction semble pourtant ne pas
vouloir tenir compte du jugement. Mais au nom de quoi la direction
prétend-elle se situer au-dessus des lois et de la justice de ce
pays ?
Paris,6 Octobre 2009