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Dernière mise à jour le 06/10/2009 à
11h04 TU | AVEC LES ECHOS,PROPOS RECUEILLIS
PAR GREGOIRE POUSSIELGUE
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INTERVIEW AVEC ALAIN DE
POUZILHAC PRESIDENT DE RFI, DE FRANCE 24 ET DE L'AUDIOVISUEL
EXTERIEUR DE LA FRANCE « Le plan social de
RFI n'est pas remis en cause » |
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Neuf mois après l'annonce
d'un plan social, la radio internationale RFIest toujours dans la
tourmente. Lundi dernier, la décision de la cour d'appel de Paris
n'a pas calmé les esprits : qualifié de
« victoire » par l'intersyndicale, qui demandait
l'annulation du plan social, l'arrêt ne fera que le retarder, selon
la direction de RFI. Ce plan, qui prévoit notamment la suppression
de 206 postes et la fermeture de six langues de diffusion,
donne lieu à la plus longue grève dans l'audiovisuel public depuis
1968. Mais son impact sur l'antenne de la station internationale
reste limité.
Comment interprétez-vous l'arrêt de la cour d'appel de
Paris concernant le plan social de RFI rendu le 28 septembre
dernier ?
Le comité d'entreprise demandait à la Justice la nullité de ce
plan social et la présentation d'un nouveau plan, cette demande a
été rejetée. Le plan social n'est nullement remis en cause, il est
simplement suspendu. La cour d'appel a demandé à la direction de RFI
de modifier quatre points du plan social, comme par exemple ne pas
faire des catégories professionnelles différentes entre les
journalistes selon la langue dans laquelle ils travaillent. Le juge
nous demande également d'élargir nos recherches de reclassement à
Arte, Gulli et aux chaînes parlementaires. Nous allons modifier ces
points comme nous l'a demandé la justice, et ensuite nous
consulterons le comité d'entreprise. Cela aura probablement comme
conséquence de retarder le plan d'environ quinze jours. Cela
signifie que les premiers départs volontaires pourront avoir lieu
pendant un mois, puis il y aura les départs contraints. Au final, le
plan devrait être bouclé début 2010. Je tiens à rappeler que nous
avons organisé 87 réunions avec les syndicats depuis le début
de l'année. Pour une direction accusée de ne pas vouloir négocier,
c'est déjà pas mal !
A combien de départs volontaires vous
attendez-vous ?
Quel sera le résultat de RFI en
2009 ?
RFI sera déficitaire dans une fourchette comprise entre 2 et
4 millions d'euros. Si le calendrier avait été tenu, le plan
social aurait permis à RFI de renouer avec l'équilibre dès cette
année. On en revient toujours au même : ce plan est nécessaire
car, chez RFI, il y a une culture du déficit récurrente que nient
les syndicats, en tout cas la majeure partie d'entre eux. Avant de
réinvestir, l'actionnaire me demande de rétablir l'équilibre chez
RFI. Le contrat d'objectif et de moyens de l'Audiovisuel Extérieur
de la France (AEF, société holding qui coiffe RFI et qui est
également présidée par Alain de Pouzilhac, NDLR) sera signé quand le
plan de mise à l'équilibre de RFI sera réalisé.
Comment comptez-vous relancer RFI après ce plan social
traumatisant ?
RFI a perdu plus de 8 millions d'auditeurs en quatre ans,
passant de 44 millions à 35,6 millions dans le monde. Nous
voulons d'abord stabiliser la chute. C'est pour cela que nous avons
réorganisé les langues et supprimé celles qui n'avaient plus
d'audience, comme l'allemand. Après, nous voulons relancer la
dynamique. Dans un monde qui évolue à une vitesse vertigineuse, une
société qui n'évolue pas se condamne à terme. Il nous faut un RFI
performant pour permettre à l'AEF d'être plus compétitif. RFI doit
réinvestir dans les relais FM, développer ses langues de diffusion
prioritaires et en lancer de nouvelles, à commencer par le swahili,
partir à la conquête de l'Afrique lusophone et anglophone, et
investir également dans les nouvelles technologies. D'ici à 2013,
RFI va récolter 24 millions d'euros de ressources
supplémentaires pour ces investissements. Ils seront nécessaires.
Nous devons compenser la chute du média radio classique, enregistrée
par toutes les radios, par des développements sur Internet et dans
la téléphonie mobile.
Certains salariés craignent une absorption de RFI par
France 24, que vous présidez également. Que leur
répondez-vous ?
La radio ne peut pas être traitée comme la télévision. Cela dit,
le développement sur Internet se fera avec des synergies de plus en
plus importantes entre ces deux médias. Par exemple, toutes les
images de France 24 seront disponibles sur le site de RFI et
tous les sons de RFI seront sur celui de France 24. Les
synergies existeront également au niveau de la distribution, des
études, des langues. Il n'est pas question d'une fusion des équipes,
notamment au niveau éditorial, mais de la mutualisation de certains
moyens.
Quels sont les projets pour France 24 pour
l'année prochaine ?
France 24 doit devenir une chaîne mondiale,
c'est-à-dire continuer à se développer en Amérique du Nord, en
Amérique du Sud et en Asie. La diffusion en arabe, langue lancée
cette année, va se développer l'année prochaine. Nous allons passer
à 15 heures par jour début 2010 et à 24 heures sur 24 dans
le courant de l'année. |
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