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CHAPITRE 2 : Comment on nous parle
!
Lundi 28 Septembre, moins d’une heure
après l’arrêt de la cour d’appel de Paris, la direction publie un
tract victorieux et Geneviève Goetzinger se répand dans la presse
pour évoquer les « deux ou trois coups de Tipp-ex nécessaires » pour
mettre en conformité le plan social prévu à RFI avec le code du
travail français . Evoquer Tipp-Ex, le correcteur ultime,
c’est ringard à l’heure de la modernité à RFI. C’est faire preuve
d’une totale indifférence et d’une légèreté coupable quand il s’agit
de décider du sort de 206 salariés. La direction sait très bien
qu’il lui faut revoir totalement sa copie. Tenir d’autres propos
relève du mensonge.
Lundi soir,
Isabelle Poiraudeau la directrice de l’info prend la plume pour
guider la main des présentateurs et rédige la version « officielle »
sur l’arrêt de la Cour d’appel qu’elle envoie aux chefs de service,
en signalant que ce texte peut servir de base pour tout traitement à
l’antenne. Le texte est aussi publié sur le site de rfi, sans
signature. Notre directrice de l’info confond traitement de
l’information et propagande. Où est passé l’indépendance éditoriale
?
Mardi, les cadres sont « invités » par la
direction à une séance d’explication de texte. La directrice
déléguée agite la menace de l’étranger. Elle évoque un arrêt
qui « ne sera pas forcément favorable aux salaires » et
déplore – pour respecter les critères - devoir se séparer d’un
Français jeune et sans enfants pour garder un étranger vieux
et avec enfants. Apparemment madame Geneviève Goetzinger regrette
d’appliquer le droit et de ne pas pouvoir choisir ceux qui partent
!
Mercredi, 13 salariés CDI obtiennent aux
prud’hommes la reconnaissance de leur ancienneté à la date de leur
première collaboration dans l’entreprise. La direction est condamnée
lourdement, à payer plus de 300 000 euros aux salariés. Ca va
peut-être donner des idées à certains, à moins que la direction se
décide d’elle-même à régulariser l’ensemble des salariés dans une
situation similaire.
Jeudi, les délégués syndicaux participent à une
réunion de cadrage sur la renégociation de la convention collective
en présence de la DRH de l’AEF, madame N’Guyen alors que ces
négociations ne concernent que l’entreprise RFI. Les syndicats ont
alors demandé de bénéficier d’experts extérieurs à l’entreprise au
même titre que la direction. Celle-ci embarrassée par la requête a
suspendu la séance d’une semaine. Encore une fois, le dialogue et la
négociation attendront.
Vendredi, rien ! Pas besoin de Tipp-ex pour nos
dirigeants. Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent sont restés
invisibles. La direction n’a toujours pas pris le soin de rencontrer
les syndicats pour négocier la fin du conflit ! |