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La justice contraint la direction de RFI à
revoir sa copie après quasiment neuf mois de lutte dont cinq mois de
grève des salariés.
Les salariés de RFI ont refusé de plier et ils ont eu
raison. Lundi, la cour d’appel a invalidé le plan social qui
prévoyait, entre autres, 206 suppressions d’emplois à la radio.
Saisi par le comité d’entreprise, le tribunal a « ordonné la
suspension de l’information-consultation du comité d’entreprise de
Radio France Internationale sur le plan de sauvegarde de l’emploi
(PSE) litigieux ». Un sacré camouflet pour la direction de
RFI, qui a durant ces derniers mois usé d’une morgue insupportable
vis-à-vis des salariés. Le plan social à RFI avait été annoncé par
la direction en janvier dernier. Il comporte 206 suppressions
d’emplois et la fermeture de six bureaux en langue étrangère
(allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien). Les
salariés de RFI, qui s’opposent à la philosophie de ce plan social,
sont en grève depuis le 12 mai dernier (avec une pause pendant les
mois d’été). Ils ont ainsi mené le plus long conflit social de
l’audiovisuel public depuis 1968. Pour l’intersyndicale SNJ, FO,
SNRT-CGT et SNJ-CGT, cet arrêt est « une victoire » qui « donne
raison aux salariés en grève ».
« En suspendant le plan social de RFI, la cour d’appel
de Paris a rappelé à monsieur de Pouzilhac et à madame Ockrent qu’il
existe encore un Code du travail en France », a pour sa part estimé
dans son communiqué Patrick Bloche, pour le Parti socialiste. Et
pour cause : dans le plan actuel, l’offre de reclassement proposée
aux salariés était assortie d’une période « d’adaptation », dont la
cour réclame la suppression, puisqu’elle pourrait s’assimiler à une
période d’essai… au terme de laquelle la direction aurait pu virer
les salariés. Le plan social ne prévoyait d’ailleurs pas de «
modalité de formation » à ces postes. De la même façon, la
cour d’appel a réclamé la suppression de la distinction de
traitement entre les journalistes français et les salariés
étrangers, dénoncée comme « discriminatoire » par
l’intersyndicale. Enfin, la cour d’appel demande à la radio de «
procéder à une recherche effective et sérieuse de toutes offres de
reclassement existantes au sein de toutes les sociétés de
l’audiovisuel public », qu’il s’agisse de France Télévisions, Radio
France, Arte… et non d’un nombre restreint d’entre elles.
Pour Fiodor Rilov, l’avocat du comité d’entreprise de
RFI, cet arrêt de la cour d’appel « met en échec la première étape
de la restructuration de l’audiovisuel public ». Car RFI, dirigée
par Christine Ockrent et Alain de Pouzilhac, fait partie de la
holding Audiovisuel extérieur de la France, qui comprend aussi
France 24 et les participations françaises de TV5 Monde. La
direction, qui fait preuve depuis le début du conflit d’une
arrogance déconcertante, a continué sur sa lancée hier. Geneviève
Goëtzinger, directrice déléguée de RFI, a considéré hier que la
procédure n’est pas invalidée. Elle a indiqué que la direction
allait modifier les points exigés par le juge. « La procédure
s’achèvera dans les prochains jours, avec la séance d’information et
de consultation du comité d’entreprise. S’ouvrira alors la période
des départs volontaires. » C’est compter sans la colère des
salariés, reboostés par cette victoire.
SOURCE:HUMANITE.FR
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