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La Cour d’appel de Paris a
suspendu le plan social de RFI. Pas sûr que ses patrons, Ockrent et
Pouzilhac, tout occupés à construire l’Audiovisuel extérieur
français, aient pris le temps de lire le jugement…
En
voilà une mauvaise nouvelle de rentrée. Tout à leur réorganisation
de l’Audiovisuel Extérieur Français, avec France 24 en tête de pont,
Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent viennent de se prendre une
vilaine droite de la Cour d’appel de Paris. Pile sur RFI, qui devait
servir de laboratoire à la réforme et à l’économie dans
l’audiovisuel public.
Las, trois fois las, la justice, par un arrêté du 28
septembre,vient de suspendre le joli plan social mitonné depuis des
mois par Poupou et Titine, qui prévoyait 206 suppressions de
postes.
Exaspéré par les méthodes dures des deux têtes de l’audiovisuel
extérieur, le Comité d’Entreprise (CE) avait déposé une plainte
dénonçant les irrégularités du Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE)
prévu à RFI. D’abord rejetée par le Tribunal de Grande Instance de
Paris, la plainte a cette fois-ci été entendue, au motif que le PSE
est « entaché d’irrégularités ».
Exemple des manquements soulignés. RFI étant une entreprise
publique, avant de penser à licencier, elle doit s’arranger pour
reclasser ses salariés. Mais, d’après le jugement de la Cour d’appel
que Bakchich s’est procuré, bizarrement, pour reclasser les 206
personnes menacées par la perte de leur poste, RFI n’a communiqué
que « 6 courriers-circulaires, vers seulement AEF
(Audiovisuel Extérieur Français), TV5 Monde, France 24,
France-Télévisions, l’INA et Radio-France »… Pas suffisant
pour justifier« une recherche effective et sérieuse de
reclassement » de ses salariés, selon la Cour.
En somme, la direction aurait fait le minimum syndical, pour une
fois…
Partant de ce constat, la Cour « ordonne à la société Radio
France Internationale, pour les inclure au PSE, avant la
consultation du CE, de procéder à une recherche effective et
sérieuse de toutes les offres de reclassement existantes au sein de
toutes les sociétés de l’audiovisuel publique ».
Or, l’avocat du CE, maître Fiodor Rilov, l’assure, « les
possibilités de reclassement dans le secteur de l’audiovisuel public
sont bien supérieures au nombre de licenciements voulus par la
direction ». De là à déduire le jugement rend impossibles
les 206 licenciements.
« La direction est obligée de tout
recommencer à zéro »
Un peu moins politiquement correct, la Cour s’est immiscée dans
les petits arrangements des contrats de RFI. Et a exigé «
d’inclure tous les journalistes dans une seule et même catégorie
professionnelle ». Souvenir du poste colonial sans doute, la
direction avait opté pour une légère distinction entre Français et
Etrangers… « Une discrimination qui n’a pas échappé aux
juges », se réjouit le défenseur du CE de RFI. Et Maître Rilov va
plus loin. « Avec une telle décision, c’est tout le plan social qui
est remis en cause. La suspension vaut presque lieu d’annulation. La
direction est obligée de tout recommencer à zéro ». Et tant pis
pour la charrette de journalistes gênants qui devaient aller quérir
une onde ailleurs ?
Que nenni. Faisant fi de la décision de justice, la direction de
RFI s’est dépêchée d’allumeur les contre-feux. Et de faire tinter
les téléphones de l’AFP, du Monde et du Figaro, afin de s’assurer
que leur message soit entendu par les journalistes. En résumé, tout
va bien. Les remarques et la suspension du plan social ne changent
rien…
Une prêche dont le dogme est incrit noir sur blanc dans un
communiqué interne sobrement et vaillamment intitulé : « Le
tribunal rejette la demande de nullité du PSE de RFI » (le
ton est donné !). Le texte commence ainsi : « La Cour d’appel de
Paris rejette la demande du Comité d’entreprise réclamant la nullité
du Plan de Sauvegarde de l’Emploi. » Et d’annoncer que
« la direction prend acte de la décision de la Cour ». Sans
un mot sur les exigences de reclassement formulées par le tribunal.
Ni la suspension du plan social : >« La direction
présentera rapidement les modifications demandées par la justice,
notamment la suppression de la période d’adaptation et la création
d’une catégorie professionnelle unique pour les journalistes. La
procédure s’achèvera donc dans les prochains jours, avec la dernière
séance d’information et de consultation du Comité d’Entreprise.
S’ouvrira alors la période de départs volontaires. Elle marquera la
fin d’une situation de blocage chaque jour plus insupportable.
»
A RFI, en proie à la plus longue grève d’une radio publique
depuis la libération, le dialogue ne paraît pas encore
rétabli…..
SOURCE:BAKCHICH.INFO
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