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La justice a suspendu lundi le
plan social à Radio France internationale (RFI), en demandant à la
direction de revoir sa copie, une décision vécue comme une
"victoire" par les syndicats même si elle ne remet pas en cause, sur
le fond, les 206 suppressions d'emplois.
Saisie par le comité
d'entreprise (CE) qui avait été débouté en première instance en
juillet, la Cour d'appel a estimé que ce plan, à l'origine de la
plus longue grève dans l'histoire de l'audiovisuel public depuis
1968, était "entaché d'irrégularités".Elle a ordonné la suspension
de la procédure et posé à la direction plusieurs conditions pour que
le plan puisse être recevable, jugeant notamment insuffisantes les
propositions de reclassement et demandant de supprimer la
distinction entre journalistes de langue française et les
autres.
La direction de RFI a annoncé en janvier un plan social de 206
suppressions d'emplois sur un millier et la fermeture de six bureaux
en langues étrangères (allemand, albanais, polonais, serbo-croate,
turc et laotien), arguant de difficultés financières et d'une trop
faible audience.
Pour l'intersyndicale (SNJ, FO, SNRT-CGT, SNJ-CGT) de la station
publique, l'arrêt est une "victoire" qui "donne raison aux salariés
en grève".
"Rien ne pourra redémarrer tant que la direction n'aura pas revu
sa copie entièrement, tant sur le fond que sur la forme", selon
eux.
Pour l'avocat du CE, Fiodor Rilov, l'arrêt "met en échec la
première étape de la restructuration de l'audiovisuel public". RFI,
dirigé par Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, fait partie de
la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui comprend
également France 24 et les participations françaises de
TV5Monde.
Mais selon la direction, la procédure n'est pas invalidée.
"Nous allons la continuer en intégrant rapidement les deux
modifications que nous demande le juge", a déclaré Geneviève
Goëtzinger, directrice déléguée."La procédure s'achèvera dans les
prochains jours, avec la séance d'information et de consultation du
comité d'entreprise. S'ouvrira alors la période de départs
volontaires", ajoute la direction.
Le litige porte notamment sur l'offre de reclassement proposée
aux salariés: dans le plan actuel, elle est assortie d'une période
"d'adaptation" dont la cour ordonne la suppression puisqu'elle peut
s'assimiler à une période d'essai et donc entraîner une rupture de
contrat du nouvel employeur.
La justice dénonce aussi le fait qu'"aucune modalité de
formation" à ce nouvel emploi ne soit prévue.
Elle a également demandé la suppression de la distinction opérée
par la direction entre les salariés de rédaction en langue française
et les autres et que les syndicats jugeaient "discriminatoire".
L'arrêt ordonne ainsi à RFI "d'inclure tous les journalistes dans
une seule et même catégorie professionnelle".
Enfin, la justice intime à la radio de procéder "à une recherche
effective et sérieuse de toutes offres de reclassement existantes au
sein de toutes les sociétés de l'audiovisuel public" (France
Télévisions, Radio France, Arte..) et non d'un nombre restreint
d'entre elles.
"C'est un soulagement pour des dizaines de personnes d'origine
étrangère. Il y avait une concentration du plan social envers les
langues. Désormais ces salariés seront moins dans l'impossibilité de
se reclasser", a réagi un journaliste anglophone sous couvert
d'anonymat.
Le 12 mai, date de début de la grève, la Cour d'appel avait
suspendu une première fois le plan social, demandant à la direction
une consultation approfondie du CE |