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La cour d'appel de Paris vient de
trancher en faveur des grévistes de RFI : le plan de modernisation
mis en oeuvre par la direction est "entaché
d'irrégularités".
La cour d'appel de Paris a rendu lundi
un arrêt concernant le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de Radio
France International (RFI), dans lequel elle demande à la direction
d'effectuer des modifications. Pour l'intersyndicale, le plan social
est de fait suspendu, mais la direction de RFI assure de son côté
qu'elle présentera "rapidement" les changements réclamés par la
justice.
Dans un communiqué, l'Intersyndicale (SNJ, FO, SNJ-CGT, SNRT-CGT)
assure que la cour d'appel "vient d'invalider dans sa totalité" le
PSE. Pour elle, l'arrêt "donne raison aux salariés en grève depuis
le 12 mai" qui "n'ont cessé de dénoncer le caractère illégal de la
restructuration et des licenciements envisagés par la direction de
RFI".
Selon l'Intersyndicale, les magistrats de la cour d'appel ont
constaté "qu'aucune tentative de reclassement au sein de
l'audiovisuel public n'avait été effectuée par la direction, que le
PSE qui sépare les journalistes français des journalistes étrangers
est discriminatoire, et que la société RFI avait cherché à
instrumentaliser le PSE pour licencier le personnel sans avoir à se
justifier".
"Cet arrêt bloque tout le projet de reprise en main de
l'audiovisuel public dont RFI était la première étape", souligne
l'Intersyndicale qui accuse la direction de "désinformation".
Dans un communiqué, la direction déclare de son côté que la cour
d'appel a rejeté "la demande du comité d'entreprise réclamant la
nullité" et fait savoir qu'elle "présentera rapidement les
modifications demandées par la justice, notamment la suppression de
la période d'adaptation et la création d'une catégorie
professionnelle unique pour les journalistes". La direction assure
que la procédure s'achèvera "dans les prochains jours, avec la
dernière séance d'information et de consultation du comité
d'entreprise".
"S'ouvrira alors la période de départs volontaires" qui "marquera
la fin d'une situation de blocage chaque jour plus insupportable",
ajoute-t-elle. La direction assure qu'elle s'engage à "examiner
toutes les situations individuelles, avec l'objectif de trouver pour
chacun la solution la plus humaine et la meilleure possible".
Françoise Delignon (SNRT-CGT) a jugé "scandaleux" que le
communiqué de la direction. Le PSE est suspendu "tant que des
modifications ne sont pas faites au plan social", a-t-elle déclaré à
l'Associated Press.
En janvier, la direction de RFI a présenté un plan social
prévoyant 206 suppressions d'emplois sur environ un millier, ainsi
que la fermeture de six bureaux en langues étrangères (allemand,
polonais, serbo-croate, albanais, laotien et turc), évoquant une
audience insuffisante. Cette annonce a déclenché une grève au sein
de RFI qui a duré deux mois, du 12 mai au 14 juillet, et qui a
redémarré le 1er septembre.
Dans un communiqué, le secrétaire national du PS chargé des
médias, Patrick Bloche, a appelé le gouvernement à "sortir de son
silence" pour demander à la direction l'annulation du plan social.
"Il a été montré devant la Cour d'appel que ce plan social, unique
dans une entreprise publique, a été élaboré sans qu'à aucun moment
n'apparaisse la volonté réelle de reclassement des personnels
licenciés", souligne-t-il.
Pour lui, le gouvernement "doit reprendre la main et rappeler aux
dirigeants de RFI qu'en pleine crise économique et sociale la seule
solution raisonnable qui s'impose est l'annulation pure et simple
d'un plan social". "RFI est un média écouté et respecté. Son avenir
doit être garanti", rappelle Patrick Bloche. "Il y va du rayonnement
international de la France et à la Francophonie à travers le
monde". |