Dernière mise à jour le 21/09/2009 à 10h30 TU | AVEC L'INTERSYNDICALE SNJ /FO / SNRT-CGT / SNJ-CGT I | PHOTO:Stéphane PORTIER
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Chroniques de la guerre sociale à RFI
CHAPITRE 1 : Le front idéologique

Dès son arrivée, il y a un an, la nouvelle direction a eu pour objectif de transformer profondément RFI. Non pas pour la développer, mais pour la réduire à la portion congrue. Plus de développement, plus de projet d’entreprise, mais une seule obsession : tailler, sabrer….

Cela commença par une rupture unilatérale du contrat social. Tout comme une ligne rédactionnelle, un contrat social ne fait jamais l’objet d’un écrit, ce qui ne l’empêche pas d’exister. Il s’agit en fait d’un tissu capillaire tramant la texture des relations sociales. Jusque là RFI avait toujours été une entreprise où l’on se sentait bien  parce que depuis sa création, elle n’avait cessé d’aller de l’avant et que chacun était associé à cette aventure collective. Le nouveau mot d’ordre fut : machine arrière toute !

Afin de mettre RFI à leur main, nos réducteurs de têtes ont employé la stratégie dite de l’électrochoc, consistant à plonger les salariés en état de sidération et les syndicats en échec. Ce n’est donc pas simplement une rupture du pacte social mais bel et bien une guerre qui a été déclenchée en rase campagne, sans sommation.

 La direction mène simultanément son offensive sur 3 fronts : les licenciements, la remise à plat de la convention collective et le front idéologique.

Dans toute guerre, la communication est une arme. Celle-ci donne lieu à d’étranges manifestations. Dans sa propagande, la direction a tenté de créer une novlangue. Elle parle de « modernisation » pour qualifier le rétrécissement qu’elle nous impose. Elle n’emploie jamais le mot de « licenciement » mais parle pudiquement de « départs contraints » ou de « départs volontaires ». Elle ne ment pas seulement par omission mais aussi par des affirmations comme celle prétendant qu’il y a eu une croissance exponentielle de la masse salariale, parmi les arguments « économiques » fabriqués pour justifier l’injustifiable.

Autre outil de communication pervers : les réunions de persuasion de la direction. Elles ont pour objectif de faire intérioriser aux salariés la nécessité d’un plan social, de les faire adhérer à leur licenciement, d’en faire les acteurs bénévoles de leur propre malheur professionnel. La méthode s’apparente à une tentative de lavage de cerveau express avec des mantras se voulant hypnotiques du type « J’ai besoin de vous. Merci de votre aide », et des arguments comme : « Est-ce qu’on veut être fier ? Les gens qui ne veulent pas changer sont en train de vous prendre en otage. C’est vrai que c’est un cap difficile. Mais il faut ramener la joie de vivre à RFI. »  Bref, ils veulent inoculer aux salariés le syndrome de Stockholm que l’on constate dans certains cas de prise d’otages, lorsque la victime sympathise avec la cause de ses persécuteurs. Les participants ont ainsi la surprise de se retrouver infantilisés par les gourous d’une nouvelle secte « Les adeptes du salarié nouveau » voulant faire leur bonheur malgré eux. Derrière cette offensive idéologique apparait la volonté d’imposer une culture d’entreprise renvoyant la culture de service public aux oubliettes.

 Face à cette agression multiforme, l’intersyndicale a su résister, transformer le choc, infligé par cette direction à ses salariés, en colère et en énergie.  Elle a su recréer du lien et des solidarités nouvelles.

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