Dernière mise à jour le 17/09/2009 à 23h22 TU | AVEC LIBERATION.FR PAR ISABELLE HANNE | PHOTO:Stéphane PORTIER
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RFI : «206», le docu qui balance

Deux cent six. C’est le nom du documentaire réalisé par les salariés de RFI en lutte. 206, c’est le nombre de suppressions de postes prévues par le plan social, qui annonce aussi la disparition de six rédactions en langues étrangères - un plan destiné à pallier un «déficit chronique» de la radio, selon la direction.

Tee-shirts noir et rouge floqués «RFI, l’Etat licencie», quelques salariés de l’antenne-monde assistent, lundi soir, à la projection de ce «film militant», selon Daniel Desesquelle, du SNJ. Un docu de dix-sept minutes (1) qui retrace les mois de mobilisation des salariés de RFI, en grève depuis mai 2009, à l’appel de l’intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT, SNRT-CGT. La CFDT, elle, vote depuis le début contre la grève et tente de négocier avec la direction. «Le noyau dur de la mobilisation, une cinquantaine de personnes, est toujours actif, décrit Nicolas Vescovacci, journaliste au service International. Mais sinon, le mouvement s’effrite. Il y en a qui baissent les bras.»

Début septembre, la direction «a tenté de casser la grève en remplaçant les grévistes par des non-grévistes», explique Françoise Delignon, du SNRT-CGT. Du coup, d’autres journalistes se sont mis en grève pour protester contre ces méthodes. Ils sont tous très remontés contre Alain de Pouzilhac, PDG de la radio et de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF) - qui chapeaute RFI, France 24 et TV5 Monde. Ils sont tous exaspérés par la «reine Christine» - Christine Ockrent, numéro 2 d’AEF. Tous voient dans ce plan social «une porte ouverte à d’autres plans sociaux dans l’audiovisuel public».Et toujours «au détriment du contenu», estime Daniel Brown, de la rédaction anglophone. «RFI, c’est pouvoir parler des élections au Népal, s’exclame une journaliste. Là, on a l’impression qu’ils veulent faire de nous une espèce de LCI.»

Reçus la semaine dernière, les salariés n’ont pas trouvé plus de réconfort auprès du ministère de la Culture : «Ils nous ont redit la même chose. En substance : "Circulez, y a rien à voir."»Le sort de RFI est dorénavant entre les mains du juge de la cour d’appel de Paris, à qui les salariés demandent d’établir la «nullité du plan social» et qui doit rendre son jugement le 28 septembre. Après la projection, leurs avocats expliquent : «Ce plan de sauvegarde est frauduleux. La direction tente de licencier sans justifications. Et puis, beaucoup de possibilités de reclassement, au sein du groupe audiovisuel public, n’ont pas été explorées.»

Au début du docu, deux phrases, en voix off, ont fait rire jaune le public :«France Monde [le précédent nom d’AEF, ndlr]va créer des emplois, c’est bien évident. Ou alors on aura échoué, et vous aurez le responsable de l’échec en face de vous.»C’était en 2008. Sur RFI. Et c’est Alain de Pouzilhac qui parle.

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