Invitée mercredi du Buzz Média Orange-Le
Figaro, Christine Ockrent est aujourd'hui directrice générale de France 24
et directrice déléguée de RFI.
Interrogée sur les 206 suppressions
d'emplois prévues dans le plan social de RFI et le mouvement de grève qui
a débuté le 12 mai dernier, Christine Ockrent estime que RFI, dont le
budget s'élève à 130 millions d'euros (le plus gros budget de
l'audiovisuel extérieur) «est encore une très grande radio avec 35,6
millions d'auditeurs. Malheureusement, son audience est en érosion et la
radio a accumulé les déficits, à hauteur de 16,9 millions d'euros. Il faut
relancer RFI, mais pour cela, il faut pouvoir la remettre à zéro. Il faut
alléger dans certaines rédactions [travaillant dans des] langues qui ne
sont plus pertinentes par rapport aux bouleversements géopolitiques du
monde. Le service public ne consiste pas à prendre en otage les auditeurs.
Nous espérons que cette radio pourra se remettre au travail».
Christine Ockrent dirige par ailleurs depuis
janvier 2008 la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF)
rassemblant France 24, RFI et TV5 Monde, aux côtés d'Alain de Pouzilhac,
son président. Un rapprochement novateur aux yeux de l'ex-présentatrice du
JT de 20 heures, qui considère que «ce n'est pas français. En général, on
a de grandes ambitions, de petits moyens qu'on éparpille. Les synergies
entre une radio et une télévision consistent à mutualiser nos moyens, nos
experts, à couvrir ensemble des événements… C'est le chantier le plus
passionnant de l'audiovisuel. Il est encourageant de voir qu'en un an,
nous sommes parvenus, malgré les difficultés et différences de culture, à
mettre tout cela en mouvement». Et d'ironiser : «Je suis ravie que M6
fasse un journal. J'ai trouvé cocasse que l'argument soit de dire : «elle
est en jean et elle est debout». Je signale qu'à France 24, les
présentateurs sont debout depuis l'origine, et même parfois en jean
!».
