L’antenne de Radio France Internationale (RFI) était
toujours perturbée mardi par la grève "illimitée" contre le plan social,
qui entre dans sa cinquième semaine, tandis que le dialogue entre
syndicats et direction est toujours dans l’impasse.
La grève "illimitée" à Radio France Internationale (RFI),
entamée le 12 mai contre un plan social qui prévoit plus de 200
suppressions d'emplois, est entrée dans sa cinquième semaine, continuant
de perturber l'antenne, a-t-on appris de source syndicale.
"On demande la suspension des procédures du plan, conformément
à l’arrêt de la Cour d’appel", a expliqué Mme Afonso. La Cour d’appel de
Paris, saisie par le CE, a suspendu le 12 mai le plan social, demandant à
la direction d’informer les représentants du personnel sur la mise en
place de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF) qui coiffe
RFI, France 24 et TV5Monde. Le juge doit se prononcer sur la conformité de
cette injonction le 17 juin. "Notre direction continue de nous proposer
des dates dans le cadre du plan social. On est face à une absence de
dialogue, c’est du jamais vu dans une entreprise audiovisuelle publique",
a commenté Catherine Rolland (SNJ-CGT).
Les syndicats, qui demandent "zéro licenciement contraint", ont
écrit au conseiller social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, pour
obtenir un médiateur. "M. Soubie ne nous a toujours pas répondu", a
regretté la secrétaire du CE. De son côté, la direction a soumis aux
syndicats un projet de protocole de fin de grève, dans lequel elle
"réaffirme la nécessité de réformer RFI et de réaliser l’objectif de
retour à l’équilibre budgétaire qui, seul, permettra d’assurer l’avenir de
l’entreprise". Elle assure qu’elle "fera en sorte de favoriser, autant que
faire se peut, le recours au volontariat des salariés au départ, à la
retraite et au reclassement sur des postes internes à RFI, à l’AEF ou à
l’audiovisuel extérieur"
Le mouvement a été reconduit aujourd'hui
pour 24 heures lors d'une assemblée générale rassemblant "200
salariés".
Cette grève d'une durée record pour la radio publique française
émettant majoritairement pour l'étranger, est suivie chaque jour par une
minorité mais selon les syndicats, les salariés se relaient pour faire
grève.
Le personnel est toujours aussi remonté. Et réussit à
bloquer l’antenne à peu de frais - les
grévistes sont payés par les non-grévistes, grâce à une caisse de
solidarité. Voilà pourquoi la direction ne comptabilise que moins de 5% de grévistes dans l’entreprise...
Toujours est-il que les négociations sont au point mort.
L’intersyndicale estime que la direction est aux abonnés absents ; la
direction, elle, a transmis un protocole de sortie de grève, et attend les
propositions des salariés.
Qui a dit dialogue de
sourds ?
L'intersyndicale demande à la direction un
"moratoire" sur le plan social annoncé en janvier, qui prévoit 206
suppressions d'emplois sur un millier, et la fermeture de plusieurs
bureaux de langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et
laotien).