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Impossible de trouver vos programmes habituels sur RFI ? Rien de
plus normal : depuis le 12 mai, les personnels de Radio France
Internationale sont en grève illimitée pour protester contre un
« plan de modernisation » qui supprimerait 206 emplois et ferait
disparaître sept rédactions en langues étrangères.
En effet la situation est toujours bloquée
à Radio France Internationale (RFI), où la grève va entrer dans sa
troisième semaine. Suivie selon la direction par 2 à 3 % des salariés,
exclusivement des techniciens, ce mouvement perturbe profondément
l'antenne de la station.Au quinzième jour de grève, les salariés
témoignent de l’impossibilité de dialoguer avec une direction de moins en
moins présente.
L'intersyndicale FO, SNJ, SNJ-CGT et
SNRT-CGT de Radio France Internationale (RFI) a écrit donc au conseiller
social de Nicolas Sarkozy, Raymond Soubie, pour demander une médiation
alors que la grève contre le plan social entre mardi dans sa troisième
semaine.
Les quatre syndicats demandent une "audience de toute urgence"
pour qu'un médiateur soit nommé, dans une "lettre ouverte" envoyée lundi à
M. Soubie.
"Est-il concevable qu'une entreprise de service public licencie
alors que l'emploi est déclaré priorité numéro un du gouvernement",
demandent ces syndicats.
Entamée le 12 mai, la grève "illimitée" à l'appel de ces quatre
syndicats se poursuivait mardi, perturbant partiellement les programmes de
cette radio publique diffusée en priorité à l'étranger.
Les syndicats dénoncent le plan social annoncé en janvier par
la direction, qui prévoit 206 suppressions d'emplois sur un millier et la
fermeture de plusieurs bureaux de langues (allemand, albanais, polonais,
serbo-croate, turc et laotien).
La mobilisation continue et l’intersyndicale à l’origine de la
grève a des revendications claires : retrait du plan de la direction
et ouverture de vraies négociations. En particulier, les salariés
soulignent que le plan prévoit des licenciements « économiques »
sans aucune justification économique dans le service public, maquille des
licenciements en « départs volontaires », est discriminatoire
entre journalistes en français et en langues étrangères - limitant les
possibilités de reclassement- et implique des conversions
forcées.
Alors que la chaîne de télévision France 24 vient de lancer une
nouvelle grille des programmes, force est de constater que les directions
de RFI et d’AEF - et avec elles le gouvernement- cherchent à favoriser un
nouveau média au succès incertain plutôt que de soutenir une radio à la
popularité et à l’impact réels. Difficile d’y voir une stratégie à
caractère géopolitique, ce qui est pourtant un des arguments principaux de
la direction de RFI.
La Cour d'appel, saisie par le comité d'entreprise, a suspendu
le 12 mai la procédure du plan social, demandant à la direction de fournir
au CE les documents demandés, notamment sur la mise en place de la holding
Audiovisuel extérieur de la France (AEF) qui chapeaute RFI et France
24.
Les syndicats refusent "tout licenciement contraint", posé
comme préalable aux négociations. Lundi, le PDG de RFI Alain de Pouzilhac
- également patron de l'AEF - a reçu les syndicats mais "il s'est contenté
de passer le relais à sa directrice générale et ne veut pas discuter", a
affirmé à l'AFP Maria Afonso, secrétaire du CE.
Dans un communiqué, l'intersyndicale demande aux dirigeants de
la radio, M. de Pouzilhac et Christine Ockrent, de "renoncer à leurs
bonus". "La simple décence voudrait qu'ils rendent leurs bonus et qu'Alain
de Pouzilhac renonce à présider le Conseil de surveillance d'une société
qui gère 20 casinos en France", écrivent-ils
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