La rédaction allemande de Radio France Internationale (RFI), dont la
direction a annoncé la fermeture, a écrit à la chancelière allemande
Angela Merkel et au président français Nicolas Sarkozy pour défendre ces
programmes, au nom de "l'entente franco-allemande".
"La direction de RFI a décidé de fermer la rédaction allemande et son
bureau de Berlin. Ainsi disparaît la plate-forme pour l'information audio
et web la plus complète et approfondie sur la France en allemand",
écrivent les membres de la rédaction allemande de RFI dans cette lettre
ouverte rendue publique mercredi.
RFI a annoncé en janvier un plan social de 206 suppressions d'emplois
ainsi que la fermeture de six rédactions de langues étrangères: allemand,
albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien.
Le PDG de RFI, Alain de Pouzilhac, a notamment argué que le mur de
Berlin "était tombé il y dix-neuf ans" et que l'émission de programmes en
langue allemande ne justifiait plus. "Le mur de Berlin n'a jamais été
notre raison d'être", affirme la lettre.
"Etant donné le nombre d'Allemands apprenant le Français toujours en
baisse, notre mission consiste à susciter l'intérêt et la compréhension
des germanophones pour la France", afin de "stimuler cette amitié
franco-allemande que vous, Madame la Chancelière, avez jadis qualifiée
d'essentielle", poursuit-elle.
La rédaction allemande a déjà reçu "plus de 1.500 lettres de soutien",
a indiqué Ulrike Sachweh, journaliste de la rédaction allemande.
Parmi ces soutiens figurent des personnalités comme le maire de Berlin
Klaus Wowereit, les socialistes Jean-Marc Ayrault, Vincent Peillon, Harlem
Désir et Michel Rocard, Jacques Toubon, la journaliste Laure Adler,
l'écrivain Michel Tournier, le dessinateur Sempé ou le réalisateur Volker
Schlöndorff.