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Depuis près de trois semaines, la voix de
la France se tait. RFI, Radio France International, est en effet en grève
depuis le 12 mai pour protester contre un projet de la direction de
supprimer 206 postes sur 1100, soit 22% des effectifs.
Pour justifier cette décision, la direction
de la holding audiovisuel extérieur de la France, dirigée par Alain de
Pouzilhac et Christine Ockrent, avance la nécessité d’une réorganisation,
histoire de faire face à un déficit de plus de 8 millions d’euros en
2008.
Sur l’autel de la modernité voulue par
l’émergence d’internet, la diffusion radio dans six langues est ainsi
sacrifiée faute, selon la direction, d’auditeurs. Fini donc RFI en
laotien, en albanais, en serbo-croate, en polonais en turc et même en
allemand, ce qui ne manque pas de chagriner les amoureux de l’axe
Paris-Berlin.
Tout ce scénario est écrit depuis de longs
mois, il ne surprend plus vraiment personne mais voilà qu’au lieu d’une
certaine résignation qui gagne d’habitude dans ce type de conflits, les
syndicats de RFI amplifient de jour en jour l’écho qu’ils donnent à leur
mobilisation.
Vendredi, une pétition parue dans
Libération et signée par Laurent Fabius, Jack Lang ou Jean-Marc Ayrault
appelait à un retrait pur et simple du plan social avec un argument simple
: comment le chef de l’Etat peut-il demander aux entreprises de
sauvegarder les emplois tout en procédant lui-même à un plan de
licenciements massifs à RFI ?
D’autant que le déficit exhibé semble bien
comporter nombre d’éléments exceptionnels et que la principale logique
voulu par l’Etat semble plutôt de redimensionner les effectifs de
l’audiovisuel extérieur en faisant porter l’effort à la radio plutôt qu’à
la télévision France 24. Maintenant, le temps joue en faveur des
grévistes. Des grévistes d’autant plus endurants qu’ils ont été confortés
par une décision de la Cour d’Appel de Paris de suspendre le plan
social.
Et comme il suffit qu’une quinzaine de
techniciens et réalisateurs se déclarent en grève avec le soutien d’une
caisse de solidarité pour bloquer l’ensemble de la radio... Le conflit ne
peut que durer... Les syndicats, qui exigent des garanties de non
licenciements secs, demandent donc la nomination d’un médiateur pour
sortir de l’ornière.
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