Dernière mise à jour le 30/06/2009 à 18h03 TU | AVEC LE JDD.FR PAR Caroline VIGOUREUX
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L'affrontement se poursuit à RFI

Le comité d'entreprise (CE) de Radio France Internationale, qui s'estimait insuffisamment informé sur le plan social, a été débouté lundi de l'action qu'il avait engagée contre la direction. Mais le bras de fer se poursuit. Le CE a confirmé au JDD.fr avoir saisi lundi le juge des référés pour demander l'annulation des suppressions de postes. Et les salariés entament leur 8e semaine de grève.

La tension ne retombe pas entre la direction de RFI et son Comité d'entreprise(CE). Depuis 50 jours, les salariés manifestent contre un plan social, qui prévoit la suppression de 206 postes et la fermeture de six rédactions (Allemagne, Albanie, Pologne, Serbie-Croatie, Turquie, Laos). S'estimant mal informé sur ce plan social, le CE avait saisi la justice, qui lui avait donné raison le 11 mai dernier. La cour d'appel de Paris avait ordonné à la direction d'informer et de consulter les organisations représentatives du personnel. Dans l'attente de la transmission de ces informations, le plan social avait été suspendu. Malgré les nouveaux documents fournis, le CE s'estimait toujours mal informé. Il avait alors intenté un second recours. Mais lundi, la justice a débouté le CE, estimant que les documents fournis par la direction étaient "tout à fait suffisants". Ce qui devrait donc permettre la reprise du plan social, jusque là suspendu.

Pourtant, les syndicats assurent toujours "ne connaitre ni la place, ni le rôle, ni le budget que va avoir RFI" par rapport à la mise en place de la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui fédère RFI, France 24 et TV5 Monde. Ils entendent donc continuer le combat. "On espérait une autre décision mais on va attaquer la direction sur le fond de l'affaire", prévient Nina Desesquelle, déléguée du Syndicat national des journalistes (SNJ) pour RFI. Une allusion à la nouvelle initiative du CE, qui a décidé lundi, de saisir le juge des référés "pour examiner pour la première fois le contenu manifestement insuffisant du plan social", et demande ainsi la nullité du plan social.

Confrontation d'arguments

Pour les syndicats, l'idée est claire: la restructuration de leur radio se fait surtout au profit du reste. "Après avoir licencié à RFI, on embauche à France 24", souligne, amer, Nina Desesquelle. Pour la direction, ce plan social s'impose en raison du "plan de modernisation" de RFI. Ce qui ne convainc pas les syndicats, qui considèrent "qu'il n'y a aucune modernisation, mais que des licenciements", estime Nina Desesquelle. "Ces arguments ne sont que des motifs basés sur des contrevérités, pour nous manipuler", dénonce quant à elle, Maria Alfonso, secrétaire générale FO pour RFI. "Le dialogue social est peu constructif. A force de vouloir passer en force, on se demande ce que la direction a à cacher" s'interroge la syndicaliste. Dans un communiqué, la direction de RFI a proposé lundi "aux partenaires sociaux de reprendre le dialogue et d'ouvrir immédiatement le volontariat au départ" et appelé "à l'esprit de responsabilité de tous les syndicats et à l'arrêt de la grève". Ce à quoi les syndicats répondent: "Il n'est pas question de lever la grève. Face à l'attitude de la direction, nous sommes contraints de nous radicaliser tous les jours un peu plus", estime, non sans regrets, la déléguée FO. "Il n'y a aucune nécessité de baisser les bras", rétorque la SNJ. Les syndicats demandent à l'Elysée de nommer un médiateur, mais n'ont, pour l'heure, pas obtenu de réponse.

Et l'enjeu est de taille, puisque RFI comprend 19 rédactions en langues étrangères et émet dans 74 pays, atteignant 45 millions d'auditeurs. Nina Desesquelle insiste sur le caractère "critique et urgent" de la situation, avant de signaler que cette contestation "a dépassé tous les records de grève dans l'audiovisuel public".

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