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Le comité d'entreprise (CE) de Radio France Internationale,
qui s'estimait insuffisamment informé sur le plan social, a été débouté
lundi de l'action qu'il avait engagée contre la direction. Mais le bras de
fer se poursuit. Le CE a confirmé au JDD.fr avoir saisi lundi le juge des
référés pour demander l'annulation des suppressions de postes. Et les
salariés entament leur 8e semaine de grève.
La tension ne retombe pas entre la direction de RFI et son
Comité d'entreprise(CE). Depuis 50 jours, les salariés manifestent contre
un plan social, qui prévoit la suppression de 206 postes et la fermeture
de six rédactions (Allemagne, Albanie, Pologne, Serbie-Croatie, Turquie,
Laos). S'estimant mal informé sur ce plan social, le CE avait saisi la
justice, qui lui avait donné raison le 11 mai dernier. La cour d'appel de
Paris avait ordonné à la direction d'informer et de consulter les
organisations représentatives du personnel. Dans l'attente de la
transmission de ces informations, le plan social avait été suspendu.
Malgré les nouveaux documents fournis, le CE s'estimait toujours mal
informé. Il avait alors intenté un second recours. Mais lundi, la justice
a débouté le CE, estimant que les documents fournis par la direction
étaient "tout à fait suffisants". Ce qui devrait donc permettre la
reprise du plan social, jusque là suspendu.
Pourtant, les syndicats
assurent toujours "ne connaitre ni la place, ni le rôle, ni le budget
que va avoir RFI" par rapport à la mise en place de la holding
Audiovisuel extérieur de la France (AEF), qui fédère RFI, France 24 et TV5
Monde. Ils entendent donc continuer le combat. "On espérait une autre
décision mais on va attaquer la direction sur le fond de l'affaire",
prévient Nina Desesquelle, déléguée du Syndicat national des journalistes
(SNJ) pour RFI. Une allusion à la nouvelle initiative du CE, qui a décidé
lundi, de saisir le juge des référés "pour examiner pour la première fois
le contenu manifestement insuffisant du plan social", et demande ainsi la
nullité du plan social.
Confrontation d'arguments
Pour les
syndicats, l'idée est claire: la restructuration de leur radio se fait
surtout au profit du reste. "Après avoir licencié à RFI, on embauche à
France 24", souligne, amer, Nina Desesquelle. Pour la direction, ce
plan social s'impose en raison du "plan de modernisation" de RFI.
Ce qui ne convainc pas les syndicats, qui considèrent "qu'il n'y a
aucune modernisation, mais que des licenciements", estime Nina
Desesquelle. "Ces arguments ne sont que des motifs basés sur des
contrevérités, pour nous manipuler", dénonce quant à elle, Maria
Alfonso, secrétaire générale FO pour RFI. "Le dialogue social est peu
constructif. A force de vouloir passer en force, on se demande ce que la
direction a à cacher" s'interroge la syndicaliste. Dans un communiqué,
la direction de RFI a proposé lundi "aux partenaires sociaux de
reprendre le dialogue et d'ouvrir immédiatement le volontariat au
départ" et appelé "à l'esprit de responsabilité de tous les
syndicats et à l'arrêt de la grève". Ce à quoi les syndicats
répondent: "Il n'est pas question de lever la grève. Face à l'attitude
de la direction, nous sommes contraints de nous radicaliser tous les jours
un peu plus", estime, non sans regrets, la déléguée FO. "Il n'y a
aucune nécessité de baisser les bras", rétorque la SNJ. Les syndicats
demandent à l'Elysée de nommer un médiateur, mais n'ont, pour l'heure, pas
obtenu de réponse.
Et l'enjeu est de taille, puisque RFI comprend
19 rédactions en langues étrangères et émet dans 74 pays, atteignant 45
millions d'auditeurs. Nina Desesquelle insiste sur le caractère
"critique et urgent" de la situation, avant de signaler que cette
contestation "a dépassé tous les records de grève dans l'audiovisuel
public".
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