De toute façon,
qu'est ce qu'on a à perdre maintenant ?" Maria Afonso, secrétaire au
comité d'entreprise de Radio France internationale et déléguée FO, se dit
"suprise" par la décision du juge des référés du tribunal de grand
instance (TGI) de Paris de rejeter, lundi 27 juillet, la demande de
nullité du plan social engagé à RFI. Mais elle n'a pas l'intention
d'abandonner le combat : le comité d'entreprise fera appel. "Nous sommes
dos au mur, nous n'avons pas vraiment d'autre solution", explique Maria
Afonso, une pointe d'amertume dans la voix.
Le comité
d'entreprise de la radio avait demandé à la justice de constater
"l'insuffisance patente du plan de sauvegarde de l'emploi présenté par
RFI" et d'ordonner "la nullité de la procédure de licenciement pour motif
économique" et "la présentation d'un nouveau plan de sauvegarde de
l'emploi, conforme aux exigences légales". En plus d'être débouté, le CE a
été condamné à verser 3 000 euros à la société au titre des "indemnités
procédurales".
FERMETURE DE SIX
BUREAUX
"Le gouvernement a
fait de la lutte contre les licenciements sa priorité, il monte au créneau
à chaque plan social. Et là, alors qu'il est actionnaire à 100 % de RFI,
il ne fait rien !" dénonce Mme Afonso. La direction de la radio a annoncé
en janvier un plan social comprenant 206 suppressions d'emploi sur un
millier, et la fermeture de six bureaux en langue étrangère (allemand,
albanais, polonais, serbo-croate, turc et laotien), arguant d'une trop
faible audience.
Pour protester
contre ce plan, les salariés de RFI ont entamé le 12 mai un mouvement de
grève, suspendu le 10 juillet pour l'été. Les auditeurs de la station, en
majorité des expatriés et des Africains francophones, ont été privés de la
quasi-totalité des programmes, durant deux mois, ce qui fait de cette
grève l'une des plus longues de l'existence de la radio. "A la rentrée,
soyez bien attentifs, ajoute à ce propos Mme Afonso. Il se peut que vous
entendiez parler de nos auditeurs..."