La grève déclenchée le 12 mai par les syndicats SNJ, FO,
SNRT-CGT et SNJ-CGT à Radio France Internationale (RFI) se poursuivait
vendredi alors que cette radio publique est désormais formellement
intégrée à la holding Audiovisuel extérieur de la France (AEF) à la suite
d'un renouvellement du conseil d'administration.
"La grève continue de perturber l'antenne", a indiqué à l'AFP
la directrice déléguée Geneviève Goëtzinger, après une réunion vendredi du
nouveau conseil d'administration de RFI, désormais filiale à 100% d'AEF.
Fort de dix membres, le nouveau conseil ne diffère du précédent que par le
nombre de représentants du personnel, qui passe de deux à trois.Pour
l’heure, c’est le dialogue de sourd entre les deux parties. Quoi qu’il
arrive, l’intersyndicale (FO, SNJ, CGT) a prévenu qu’elle n'accepterait
aucun licenciement sec. Mais, pour la directrice déléguée de RFI,
Geneviève Goetzinger, «on ne peut pas s'engager à ce qu'il y ait zéro
licenciement contraint car il n'est pas sûr qu'on trouve 206 candidats au
départ».
«Plutôt que d’ouvrir de vraies discussions avec les syndicats à
l’origine de la mobilisation, la direction de la station a choisi de
mépriser le mouvement, en diffusant beaucoup moins souvent que d’ordinaire
les messages d’annonce de la grève à l'antenne sous le curieux prétexte de
problèmes techniques, quitte à laisser dans l’ignorance les millions
d’auditeurs, ensuite en fustigeant un mouvement "minoritaire", enfin en
décidant de discuter avec deux organisations, la CFDT et la CGC) qui
préfèrent accompagner le plan social», résume Patrice Chevalier, délégué
syndical FO, dont l’organisation dirige le CE.
Selon la direction, un protocole de sortie de grève a été
soumis aux syndicats et la direction attend leurs propositions.Un projet
d’accord qui «sera soumis, avant signature, au Comité d’Entreprise du 9
juin».
Les syndicats en grève s'opposent à un plan de départ qui porte
sur 206 personnes, estimant que certains de ces départs seront
"contraints", et dénonce la fermeture de six rédactions de langues
étrangères (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc et
laotien).
Malgré une décision de justice qui a suspendu le 12 mai la
procédure pour défaut d’information et consultation du CE, la direction
n’a toujours pas fourni tous les documents nécessaires à l’appréciation du
plan social par les représentants des salariés. Il manque notamment ceux
relatifs à la mise en place de la holding Audiovisuel Extérieur de la
France (AEF) devant officiellement chapeauter RFI, France 24 et TV5 Monde
à partir du 5 juin.
«Après la dernière réunion du CE, nous ne
savons toujours pas quelle sera la répartition du budget dans l'AEF entre
les différentes entités. Nous sommes dans le flou total quant à notre
avenir, étant donné que nos dirigeants refusent toujours de nous fournir
les termes du contrat d'objectif et de moyens (COM) négocié entre l'AEF et
l'Etat», souligne Patrice Chevalier .
Les grévistes, qui souhaitent la médiation du président Nicolas
Sarkozy, ont par ailleurs écrit au conseiller social du président Raymond
Soubie, pour qu'une délégation soit reçue à l'Elysée. Les syndicats
SNRT-CGT (techniciens) et SNJ-CGT (journalistes) de l'audiovisuel public
ont indiqué vendredi dans un communiqué qu'ils "appuient la demande de
l'intersyndicale".
Le refus de communiquer ces informations conforte chaque jour
un peu plus les syndicats dans l’idée que le plan social est lié aux
éventuelles synergies de personnel attendues par le président de la
holding, Alain de Pouzilhac, et non aux difficultés financières ou encore
à la prétendue faible audience avancées par la direction. «Le but de
l’opération est de redimensionner les effectifs de l’AEF en faisant porter
l’effort à RFI (46 millions d’auditeurs réguliers) plutôt qu’à la chaîne
de télé France 24 (950.000 spectateurs) Cherchez l’erreur !», fulmine
FO.
Enfin, les syndicats SNJ, FO, SNRT-CGT et SNJ-CGT de RFI
dénoncent vendredi dans un communiqué commun la décision de la direction
de RFI et de son PDG Alain de Pouzilhac de recourir à une agence de
communication extérieure, Image 7, engageant ainsi des dépenses inutiles
alors que RFI dispose en interne de sa propre direction de la
communication.