N° 102
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2008-2009
|
Annexe au procès-verbal de la séance du
20 novembre 2008 |
AVIS
PRÉSENTÉ
au nom de la commission des Affaires
étrangères, de la défense et des forces armées (1)
sur le projet de loi de finances
pour 2009,
ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE,
TOME VIII
MÉDIAS (Audiovisuel
extérieur)
Par M. Joseph KERGUERIS,
Sénateur.
|
(1) Cette commission est
composée de : M. Josselin de Rohan,
président ; MM. Jacques Blanc, Didier Boulaud,
Jean-Louis Carrère, Jean-Pierre Chevènement, Robert
del Picchia, Jean François-Poncet, Robert Hue,
Joseph Kergueris, vice-présidents ;
Mmes Monique Cerisier-ben Guiga, Joëlle
Garriaud-Maylam, MM. André Trillard, André
Vantomme, Mme Dominique Voynet, secrétaires ;
MM. Jean-Paul Alduy, Jean-Etienne Antoinette,
Robert Badinter, Jean-Michel Baylet, René Beaumont,
Jacques Berthou, Jean Besson, Michel Billout, Didier
Borotra, Michel Boutant, Christian Cambon, Marcel-Pierre
Cléach, Raymond Couderc, Mme Michelle Demessine,
M. André Dulait, Mme Josette Durrieu,
MM. Jean Faure, Jean-Paul Fournier, Mme Gisèle
Gautier, M. Jacques Gautier, Mme Nathalie
Goulet, MM. Jean-Noël Guérini, Michel Guerry,
Hubert Haenel, Robert Laufoaulu, Simon Loueckhote,
Philippe Madrelle, Pierre Mauroy, Rachel Mazuir,
Jean-Luc Mélenchon, Louis Mermaz, Mme Lucette
Michaux-Chevry, MM. Jean Milhau, Charles Pasqua,
Xavier Pintat, Bernard Piras, Christian Poncelet, Yves
Pozzo di Borgo, Jean-Pierre Raffarin, Daniel Reiner,
Roger Romani, Mme Catherine
Tasca. |
Voir les numéros :
Assemblée nationale
(13ème législ.)
: 1127, 1198 à
1203 et T.A. 204
Sénat
: 98
et 99 (annexe
n° 17) (2008-2009)
INTRODUCTION
Mesdames, Messieurs,
La réforme de l'audiovisuel extérieur, lancée
à l'initiative du Président de la République, est désormais
bien engagée et le projet de loi de finances pour 2009 s'en
fait pour la première fois le reflet.
A la différence de nos partenaires européens,
qui disposent souvent d'un opérateur unique, comme la BBC pour
le Royaume-Uni ou la Deutsche Welle pour l'Allemagne,
l'audiovisuel extérieur français se caractérise, en effet, par
la dispersion de ses opérateurs, avec deux chaînes de
télévision - TV5 Monde et France 24 - deux radios - Radio
France Internationale et RMC Moyen-Orient - et un organisme de
coopération - Canal France International, qui fournit des
émissions en français aux radios et télévisions des pays
francophones du Maghreb, d'Afrique sub-saharienne et
d'Asie.
De nombreux rapports1(*) avaient mis en
évidence la fragmentation, la mauvaise organisation et le
manque d'efficacité de l'audiovisuel extérieur français,
malgré un budget équivalent à celui consacré par nos
partenaires.
Le Président de la République a donc lancé, à
l'été 2007, une réflexion sur la réforme de l'audiovisuel
extérieur français. La lettre de mission qu'il a adressée à M.
Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et
européennes, le 27 août 2007, évoque les enjeux de cette
réforme de la manière suivante :
« Notre politique audiovisuelle
extérieure, dont vous êtes le chef de file, constitue un enjeu
majeur pour l'influence de la France et pour la diffusion de
sa langue. La BBC a autant de moyens que l'audiovisuel
extérieur français pour une visibilité et une influence
beaucoup plus fortes. Il ne s'agit pas de copier un modèle,
mais de créer les conditions d'un pilotage coordonné et
efficace de notre politique audiovisuelle extérieure (radio,
télévision et Internet) et de procéder aux réorganisations
nécessaires (...). »
Un comité de pilotage, composé d'une
vingtaine de fonctionnaires issus de différents ministères,
réunis sous la direction de M. Jean-David Levitte, conseiller
diplomatique, et de M. Georges Marc Benamou, ancien conseiller
pour l'audiovisuel à la Présidence de la République, a été
chargé de rédiger des propositions sur la réforme de
l'audiovisuel extérieur. Il a remis ses conclusions en
décembre 2007.
A la différence des précédents, ce rapport
n'est pas lettre-morte, puisque sa principale recommandation
-la création d'une holding de l'audiovisuel extérieur- a été
suivie d'effets. Ainsi, la société holding « Audiovisuel
extérieur de la France » a été créée le 4 avril 2008.
Elle a notamment pour vocation de définir les objectifs
stratégiques et de développer les partenariats entre les
différents opérateurs, dans le respect de l'identité de
chacun.
Votre rapporteur pour avis s'est entretenu
avec les principaux intervenants de ce dossier, dont M. Alain
de Pouzilhac, président directeur général, et Mme Christine
Ockrent, directrice générale déléguée, de la holding, Mme
Marie-Christine Saragosse, directrice générale de TV5 Monde,
ainsi qu'avec les responsables des services du Premier
ministre et du ministère des Affaires étrangères et
européennes2(*).
Compte tenu des enjeux pour l'influence de la
France et du français dans le monde, votre rapporteur pour
avis a souhaité consacrer la première partie
de son rapport à cette réforme de l'audiovisuel extérieur, que
le projet de loi organique relatif à la nomination des
présidents des sociétés France Télévisions, Radio France et de
la société en charge de l'audiovisuel extérieur de la France,
ainsi que le projet de loi relatif à la communication
audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision,
actuellement discutés à l'Assemblée nationale, visent à
concrétiser.
La deuxième partie du
présent rapport est consacrée à l'examen de la situation
contrastée des différents médias : TV5 Monde, France 24
et RFI.
Consacrée à l'examen des crédits dans le
projet de loi de finances pour 2009, la troisième
partie du rapport met en évidence la stagnation des
financements destinés à l'audiovisuel extérieur en 2009 et
même, selon la programmation budgétaire triennale, une forte
diminution en 2010 et 2011, même si les montants pour 2010 et
2011 sont encore indicatifs à ce stade.
Estimant qu'une telle diminution des crédits
consacrés à l'audiovisuel extérieur risquerait de compromettre
la mise en oeuvre de cette réforme, dans un contexte très
concurrentiel et marqué par le développement des nouvelles
technologies (basculement de l'analogique au numérique,
télévision sur Internet ou sur téléphone mobile, etc.), et
tout en étant conscient des fortes contraintes budgétaires qui
pèsent sur notre pays, votre rapporteur pour avis vous propose
plusieurs amendements, présentés en
quatrième partie, visant à garantir sur un
mode pérenne le financement de l'audiovisuel extérieur.
I. LA RÉFORME DE L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
A. LA SITUATION PRÉCÉDENTE : L'ABSENCE DE
COHÉRENCE DU PAYSAGE AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR FRANÇAIS
1. L'absence de cohérence
Le paysage audiovisuel extérieur français
était caractérisé par la diversité des opérateurs.
La structure du capital, la nature du
financement et la tutelle des opérateurs variaient, en effet,
considérablement, comme le montre ce tableau :
SITUATION ANTERIEURE DE
L'AUDIOVISUEL EXTERIEUR
|
Chaînes de
télévision |
Structure du
capital |
Sources de
financement |
Autorité de
tutelle |
|
TV5 Monde |
Filiale d'entreprises audiovisuelles
publiques françaises et francophone. La France détient
environ 66 % du capital à travers France
Télévisions (47,4%), Arte France (12,5 %), et l'INA
(6,6%) |
Dotation budgétaire du ministère des
affaires étrangères et euro-péennes et contribution
budgétaire de France Télévisions |
Ministère des affaires étrangères et
européennes |
|
France 24 |
Société anonyme, capital détenu à
parité par TF1 et France Télévisions |
Dotation budgétaire dans le cadre d'une
convention de sub-vention pluriannuelle |
Premier ministre |
|
Radios |
|
|
|
|
RFI |
Etat : 100 % |
Redevance et dotation du ministère des
affaires étrangères et européennes |
Double tutelle : ministère des
affaires étrangères et européennes et ministère de la
culture et de la communication |
|
Médi 1 |
Société de droit marocain,
participation française de 49 % par l'intermédiaire
de la CIRT, filiale de la SOFIRAD |
Dotation budgétaire du ministère des
affaires étrangères et euro-péennes |
Ministère des affaires étrangères et
européennes |
|
Autres |
|
|
|
|
Canal France International |
Capital détenu à 75 % par France
Télévisions |
Dotation budgétaire du ministère des
Affaires étrangères |
Ministère des affaires étrangères et
européennes. |
2. Le défaut de vision stratégique
De plus, selon un constat partagé par
l'ensemble des acteurs, l'audiovisuel extérieur souffrait
d'une déficience de pilotage politique et administratif.
Le ministère des Affaires étrangères devait,
en théorie, être chargé d'assurer la cohérence le
l'audiovisuel extérieur français. Toutefois, son rôle était
limité, car il partageait sa tutelle avec le ministère de la
culture et de la communication et certains opérateurs, comme
France 24, ne relevaient pas de son ressort.
Un organisme avait certes été créé en 1989,
le Conseil de l'audiovisuel extérieur, qui était chargé
d'assurer la coordination de l'action audiovisuelle
extérieure. Cependant, le Conseil de l'audiovisuel extérieur
de la France n'a plus été réuni depuis 1996.
Il n'existait donc pas de structure de
coordination chargée de définir une véritable vision
stratégique.
3. Un financement équivalent à celui de nos
partenaires mais qui souffrait de la dispersion des
opérateurs
Si la France consacre à peu près le même
montant, de l'ordre de 300 millions d'euros, à
l'audiovisuel extérieur que ses principaux partenaires et
concurrents, comme la BBC pour le Royaume-Uni ou la Deutsche
Welle pour l'Allemagne, la dispersion des opérateurs français
génère d'importants doublons.
En outre, si la part des financements
consacrée à l'audiovisuel extérieur a progressé ces dernières
années, cette progression a été totalement absorbée par la
nouvelle chaîne d'information internationale France 24, lancée
en décembre 2006, au détriment des autres opérateurs de
l'audiovisuel extérieur, comme TV5 Monde et RFI.
Par ailleurs, on constate un écart croissant
entre les financements accordés aux opérateurs de
l'audiovisuel extérieur par rapport à ceux de l'audiovisuel
public national (qui s'élèvent à 2,8 milliards d'euros en
2008).
Faut-il rappeler que la dotation d'Arte,
chaîne franco-allemande, s'élève à 300 millions d'euros,
dont plus de 230 millions d'euros au titre de la
redevance audiovisuelle, soit l'équivalent de l'ensemble des
crédits des opérateurs de l'audiovisuel extérieur, pour une
couverture mondiale ?
COMPARAISON DES DOTATIONS DE
L'AUDIOVISUEL PUBLIC NATIONAL ET DE L'AUDIOVISUEL EXTERIEUR
SUR LA PERIODE 2002-2008
(en milliers d'euros)
| |
2002 (exécution) |
2003 (exécution) |
2004 (exécution) |
2005 (exécution) |
2006 (exécution) |
2007 (exécution |
LFI 2008 |
|
Audiovisuel public
national |
2 363,66 |
2 411,23 |
2 468,3 |
2 529,7 |
2 604,63 |
2 732,6 |
2831,99 |
|
Audiovisuel
extérieur |
211,25 |
213,88 |
214,82 |
235,46 |
261,19 |
304,39 |
308,43 |
|
Dont TV5 Monde |
64,15 |
65,09 |
66,63 |
67,60 |
65,63 |
69,76 |
70,02 |
|
RFI / RMC |
125,07 |
126,94 |
128,69 |
130,71 |
129,67 |
130,93 |
133,41 |
|
CFI |
22,03 |
21,85 |
19,50 |
22,15 |
18,89 |
19,5 |
16,5 |
|
France 24 |
|
|
|
15 |
47 |
69,54 |
88,503(*) |
Source : ministère des Affaires
étrangères et européennes
B. LE RAPPORT BENAMOU/LEVITTE SUR LA RÉFORME DE
L'AUDIOVISUEL EXTERIEUR
A l'initiative du Président de la République,
un comité de pilotage, composé de fonctionnaires issus de
différents ministères réunis sous la direction de M.
Jean-David Levitte, conseiller diplomatique, et de M. Georges
Marc Benhamou, ancien conseiller pour l'audiovisuel, a remis
un rapport en décembre 2007.
Ce rapport, qui n'a pas été rendu public,
fixe deux missions à l'audiovisuel extérieur
français :
- une mission d'influence, la France
devant pouvoir rivaliser avec les grands médias
internationaux, comme CNN, Al Jazeera, etc.
- une mission culturelle, consistant à
promouvoir nos valeurs - la démocratie, les droits de
l'homme, la laïcité, sans oublier la francophonie.
Ce rapport n'est pas resté sur le coin d'une
étagère, puisque sa principale recommandation - la création
d'une holding regroupant l'ensemble des opérateurs de
l'audiovisuel extérieur - a été suivie d'effets.
C. LA CRÉATION DE LA HOLDING « AUDIOVISUEL
EXTÉRIEUR DE LA FRANCE »
La holding « Audiovisuel Extérieur de la
France » a été créée le 4 avril 2008.
Elle a vocation à regrouper l'ensemble des
participations publiques dans les sociétés de l'audiovisuel
extérieur, c'est-à-dire TV5 Monde, Radio France Internationale
et France 24. Ainsi, selon les indications transmises à votre
rapporteur pour avis, la négociation sur la reprise par la
holding de la participation de TF1 dans le capital de France
24 est sur le point d'aboutir, pour un montant très inférieur
à celui demandé au départ par TF1 (45 millions d'euros pour un
apport initial de 17 500 euros).
Canal France international n'a pas été
intégré dans ce nouvel ensemble car il ne s'agit pas à
proprement parler d'un média, mais d'un organisme de
coopération ayant vocation à concentrer son action sur l'aide
aux médias des pays en développement.
Cette réforme vise à offrir davantage de
cohérence et de visibilité à l'audiovisuel extérieur français.
La holding a en effet pour mission de définir les priorités
stratégiques des différents opérateurs de l'audiovisuel
extérieur français, dans le respect de l'identité de chacun.
Il s'agit notamment de définir les priorités en termes de
publics visés, d'objectifs géographiques, ainsi qu'en termes
de moyens de diffusion.
Cette réforme vise également à renforcer les
synergies et à encourager les mutualisations (notamment en
matière de distribution) entre les opérateurs, tout en
écartant toute idée de fusion.
Concernant son statut, il s'agit d'une
société anonyme dont le capital de 37 000 euros est
entièrement détenu par l'Etat. Elle est dotée d'un conseil
d'administration de dix-huit membres, composé de six
représentants des administrations concernées, de six
personnalités qualifiées et de six représentants des salariés
des différentes sociétés. La société compte actuellement une
douzaine de collaborateurs.
M. Alain de Pouzilhac, alors président du
directoire de France 24, a été désigné président directeur
général de la holding. Il est secondé par Mme Christine
Ockrent, directrice générale déléguée.
TV5 Monde occupe une place à
part au sein de ce nouvel ensemble. Cela tient notamment à la
crainte des autres partenaires francophones de la chaîne (la
Belgique, la Suisse, le Québec) de se voir marginalisés ou
écartés du fait de la création de la société holding. Il est
vrai que nos partenaires ont pu parfois être froissés
d'apprendre par la presse des éléments dont ils n'avaient pas
eu connaissance.
Ils ont ainsi obtenu que la holding ne
détienne que 49 % du capital de TV5 Monde, alors qu'elle
devrait à terme détenir 100 % du capital de RFI et de France
24.
De même, alors que M. Alain de Pouzilhac
cumule le poste de président directeur général de la holding
avec celui de président du directoire de France 24, de
président directeur général RFI, concernant TV5 Monde, la
situation est différente, puisque si M. Alain de Pouzilhac
préside le conseil d'administration, cette chaîne dispose
d'une directrice générale (et non déléguée),
Mme Marie-Christine Saragosse.
Enfin, à titre anecdotique, le comité de
pilotage avait suggéré, dans son rapport, de dénommer ce
nouvel ensemble « FranceMonde » et un communiqué de
la Présidence de la République avait même repris cet intitulé.
Toutefois, il est apparu que cette marque
avait été déjà déposée et que son utilisation coûterait 15
millions d'euros. C'est la raison pour laquelle il a été
finalement décidé de reprendre le nom d'« Audiovisuel
Extérieur de la France ».
Pour votre rapporteur pour avis, il semble
souhaitable de trouver une nouvelle dénomination plus
attrayante.


D. UNE RÉFORME QUI S'INSCRIT DANS LE CADRE PLUS
GÉNÉRAL DE LA RÉFORME DE L'AUDIOVISUEL PUBLIC
La réforme de l'audiovisuel extérieur
s'inscrit dans le cadre plus général de la réforme de
l'audiovisuel public national, lancée également à l'initiative
du Président de la République.
Cette réforme a aussi été précédée d'un
rapport rédigé par la Commission pour la nouvelle télévision
publique, présidée par M. Jean-François Copé, et
remis au Président de la République le 25 juin 2008.
S'inspirant de ce rapport, la ministre de la
culture et de la communication, Mme Christine Albanel, a
présenté, le 22 octobre dernier, un projet de loi organique
relatif à la nomination des présidents des sociétés France
Télévisions, Radio France et de la société en charge de
l'audiovisuel extérieur de la France, ainsi qu'un projet de
loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau
service public de la télévision.
Ce projet de loi prévoit la suppression
progressive de la publicité après 20 heures dès le 5 janvier
2009 et en totalité après l'extinction de la diffusion
analogique. Il garantit expressément le financement pérenne de
France Télévisions, le Gouvernement s'engageant à compenser la
disparition de la publicité sur ses antennes, par l'indexation
de la redevance audiovisuelle sur l'inflation et par deux
taxes sur le chiffre d'affaires des opérateurs du secteur de
la communication audiovisuelle et du secteur des
communications électroniques.
Il rénove également la structure de France
Télévisions afin de favoriser l'émergence d'un « média
global » permettant la présence du secteur public
audiovisuel sur tous les supports de diffusion et
l'accessibilité de tous les citoyens aux offres de contenus
publics grâce au développement des technologies numériques.
Cela implique un nouveau modèle de gouvernance qui aboutit à
transformer France Télévisions en une entreprise unique et
conduit l'État actionnaire à reprendre la responsabilité de la
nomination de son président dans le respect des impératifs de
défense du pluralisme et de l'indépendance des médias.
Selon le projet de loi organique, le
Président de la République nommera les présidents des sociétés
nationales de programmes après avis conforme du Conseil
supérieur de l'audiovisuel et après consultation des
assemblées parlementaires, conformément aux dispositions de
l'article 13 de la Constitution modifié lors de la dernière
révision constitutionnelle.
Par ailleurs, le projet de loi assure la
transposition de la directive du 11 décembre 2007, dite
directive « services de médias audiovisuels ». Il
intègre, dans le champ d'application de la loi du 30 septembre
1986 relative à la liberté de communication, les services de
médias audiovisuels à la demande et leur applique, de manière
adaptée, la réglementation des services de télévision.
Enfin, le projet de loi habilite le
Gouvernement à prendre par ordonnance certaines dispositions
de nature législative afin de moderniser le droit du cinéma
avec l'objectif de consolider et d'adapter les outils de la
politique publique en faveur de l'audiovisuel et du
cinéma.
Ces deux projets de loi comportent
également des dispositions qui consolident la réforme de
l'audiovisuel extérieur.
Ainsi, le projet de loi organique retient la
même procédure pour la désignation du président de la société
en charge de l'audiovisuel extérieur que celle prévue pour la
nomination des présidents des sociétés France Télévisions et
de Radio France.
Le projet de loi relatif à la communication
audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision
introduit aussi la société « Audiovisuel Extérieur de la
France » en lieu et place de RFI dans la loi de 1986.
La société en charge de l'audiovisuel extérieur de la
France devient donc une société nationale de programme, à
l'image de France Télévisions. Cette société devrait
définir ou contribuer à définir les orientations stratégiques
et la coordination de ces sociétés afin d'assurer l'émergence
d'une grande puissance médiatique francophone qui participe au
rayonnement de la France et de la culture française à
l'étranger. Par ailleurs, à l'image des autres sociétés
nationales de programme, la société « Audiovisuel
Extérieur de la France » pourra également concevoir et
programmer elle-même des services de communication
audiovisuelle. En revanche, à la différence de
l'audiovisuel national, la suppression de la publicité ne
concernera pas l'audiovisuel extérieur.
Le cahier des charges de la holding, fixé par
décret, devra définir notamment, pour chacun des services
qu'elle proposera ou qui seront édités par ses filiales, les
obligations de service public auxquelles ils sont soumis,
ainsi que les conditions dans lesquelles la société assure la
diversité et le pluralisme des programmes. Ce cahier des
charges devrait être complété par un contrat
d'objectif et de moyens conclu entre l'Etat et la
holding
La composition du conseil d'administration de
la holding est très largement inspirée de celui de France
Télévisions et de Radio France et son président est nommé dans
les mêmes conditions que ceux de ces deux autres sociétés
nationales de programme. Il assurera la direction des filiales
éditrices de programmes.
Enfin, le projet de loi garantit, à
l'article 47 de la loi de 1986, que son capital restera
majoritairement et directement détenu par l'État.
Ainsi, la réforme de l'audiovisuel
extérieur est pleinement en cohérence avec la réforme de
l'audiovisuel public national.
A terme, votre rapporteur pour avis considère
d'ailleurs qu'il conviendrait de réfléchir à un rapprochement
entre l'audiovisuel national et l'audiovisuel extérieur, cette
frontière s'estompant de plus en plus sous l'effet des
nouvelles technologies.
II. LA
SITUATION CONTRASTÉE DES DIFFÉRENTS OPÉRATEURS DE
L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
Après la mise en place de la holding, la
phase suivante de la réforme devrait concerner la
réorganisation des différents opérateurs de l'audiovisuel
extérieur. Or, la situation de ces opérateurs apparaît
aujourd'hui contrastée.
Lancée en décembre 2006, la nouvelle chaîne
France 24 poursuit son développement.
Radio France Internationale connaît en
revanche une situation financière et sociale délicate.
Enfin, TV5 Monde confirme sa place à part au
sein du nouvel ensemble de l'audiovisuel extérieur.
A. RADIO FRANCE INTERNATIONALE (RFI) : UNE
SITUATION FINANCIÈRE ET SOCIALE DÉLICATE
Radio France Internationale (RFI) est une
radio publique française qui diffuse à Paris et partout dans
le monde. Avec 45 millions d'auditeurs potentiels, c'est
la troisième station de radio internationale la plus écoutée
au monde, derrière BBC World Service, et Voice of America, et
à égalité avec la Deutsche Welle. RFI émet 24h/24h dans le
monde entier en français et dans dix-neuf autres langues, en
FM, en ondes courtes et en ondes moyennes, sur le câble, sur
Worldspace et sur internet.
RFI emploie plus de 1 100 personnes,
dont 465 journalistes.
D'après les indications transmises à votre
rapporteur pour avis, si en Afrique francophone, dans un
contexte de concurrence accrue, la station parvient à
maintenir son audience, en revanche, en Afrique anglophone
l'impact de RFI est limité, notamment par rapport à celui des
radios locales et de la BBC. Par ailleurs l'audience recule
dans tous les pays du Proche Orient où elle est mesurée. De
même, les audiences en Europe sont stagnantes. Enfin, en
Amérique latine, où RFI est reprise sur des radios partenaires
aux audiences généralement limitées, les chiffres sont encore
plus faibles.
La faible présence de RFI sur Internet est
également une source de préoccupation.
L'ensemble des personnalités
entendues par votre rapporteur pour avis s'accordent à
reconnaître que la réorganisation de RFI sera la clef de la
réforme de l'audiovisuel extérieur.
D'ores et déjà, les dirigeants de RFI ont
annoncé, fin octobre, au comité d'entreprise leur intention de
supprimer, faute d'audience, la diffusion des programmes en
six langues (allemand, albanais, polonais, serbo-croate, turc
et laotien), tandis que trois autres langues (persan, chinois
et russe) n'existeraient plus que sur internet.
Pour votre rapporteur pour avis, la
conclusion d'un contrat d'objectifs et de moyens entre l'Etat
et Radio France Internationale reste plus que jamais à l'ordre
du jour.
|
Le futur contrat d'objectifs et
de moyens de RFI
La signature d'un contrat d'objectifs
et de moyens suppose une identification claire des
objectifs prioritaires de la société pour l'avenir, afin
de définir les grandes orientations stratégiques de ce
contrat. D'ores et déjà, les tutelles ont proposé un
cadre stratégique, qui repose sur les idées
suivantes :
1/ Le modèle traditionnel de la
radio internationale, né de la guerre froide et sur
lequel repose encore largement l'organisation de RFI, ne
correspond plus à l'état du monde ni aux modes de
consommation actuels de la radio. Il doit
aujourd'hui être fondamentalement remis en question.
Dans les trois prochaines années, RFI va devoir mener un
effort sans précédent pour s'adapter aux attentes de
publics beaucoup plus exigeants qu'auparavant dans le
contexte d'une offre médiatique sans cesse croissante,
en concurrence directe non plus seulement avec les
autres grandes radios internationales, mais aussi avec
des radios locales très professionnelles et surtout les
médias plus récents que sont la télévision et
l'Internet, qui traversent désormais les frontières et
dont la consommation progresse chaque année de façon
soutenue.
Sur les marchés des pays développés et,
de plus en plus, ceux des pays émergents, l'écoute de la
radio est désormais concentrée autour de formats
musicaux et distractifs ultra-locaux et la concurrence
acharnée qui les caractérise rend le coût d'accès à ces
marchés prohibitif. La multiplication des télévisions
d'information, l'accès généralisé à l'Internet y
relativisent par ailleurs beaucoup la nécessité de
proposer au public une radio d'information, a fortiori
si elle n'est pas dans la langue du pays, et y
condamnent RFI à la marginalité. Plutôt que la voie
hertzienne, et sauf exception justifiée par le contexte
politique et culturel local et par des scores d'audience
significatifs, une présence renforcée et mieux valorisée
sur l'Internet devrait à l'avenir y devenir le mode
normal de diffusion des productions de RFI.
Les radios internationales restent en
revanche un vecteur puissant dans les pays en
développement, et jouent souvent un rôle de premier plan
dans les pays en situation de crise ou de post-crise.
Mais là aussi, face à une concurrence locale de plus en
plus professionnelle, elles sont contraintes, pour
conserver une audience minimale, d'allier confort
d'écoute, format 24h/24 dans des langues accessibles à
une part significative de la population, et un minimum
de proximité. A ces conditions, RFI doit, dans des zones
où l'information indépendante n'est pas souvent la
règle, continuer d'apporter un éclairage équilibré sur
l'actualité du monde qui contribue à consolider
l'influence de la France et à favoriser un renforcement
de l'état de droit partout où c'est nécessaire.
Dans ce contexte contrasté, l'objectif
de RFI ne devrait donc plus être de rechercher une
couverture mondiale par la voie hertzienne, mais
d'optimiser l'impact de ses programmes, zone par zone, à
partir d'une analyse lucide de ses forces et de ses
faiblesses. Ce processus, qui devra être mené à son
terme à l'issue du contrat d'objectifs et de moyens de
la société, doit conduire à mettre fin à l'éparpillement
actuel des moyens de RFI, autour de deux
principes :
- une présence hertzienne renforcée
(diffusion 24h/24, dans des langues adaptées, enrichie
de programmes de proximité) dans les zones où RFI a - ou
pourrait avoir - un impact significatif ;
- une présence multilingue et enrichie
sur l'Internet en direction de toutes les zones où la
diffusion hertzienne des radios internationales est
condamnée à la marginalité.
2/ Parallèlement, ce premier
contrat d'objectifs et de moyens devrait mener à une
réorganisation en profondeur de l'offre en langues
étrangères de RFI, autour de trois cas de figure :
les langues ayant vocation à être
produites pour l'antenne radio et pour l'Internet,
les langues ayant vocation, à terme, à
n'être produites que pour l'internet,
les langues ayant vocation à être
proposées, de manière transitoire, sur l'internet.
En premier lieu, RFI doit rester un
média de référence en Afrique subsaharienne francophone
et devrait chercher à le devenir dans les autres bassins
linguistiques du continent, à l'exception de l'Afrique
du nord où l'impact des autres médias français est déjà
très important. Cela passe par un renforcement de la
production d'émissions en anglais et en portugais, par
la production - locale - d'émissions dans les grandes
langues vernaculaires comme le swahili ou l'haoussa.
Cela implique également un renforcement de la couverture
éditoriale de cette zone, à travers davantage de bureaux
et de correspondants locaux, et une présence aussi
systématique que possible de relais FM dans les grandes
agglomérations conjuguée, dans l'immédiat, aux ondes
courtes qui restent utiles pour toucher les zones
rurales et pour contrer l'interdiction périodique par
certains régimes de ses relais terrestres.
Au Proche et Moyen Orient, RFI a la
chance de pouvoir s'appuyer sur une chaîne en arabe
reconnue, RMC-Moyen Orient, dont l'audience et la
notoriété se sont malheureusement dégradées face à la
concurrence des nombreuses radios émettant en FM et des
nombreuses télévisions satellitaires qui arrosent la
zone. La modernisation des programmes de RMC-MO et la
poursuite des efforts pour en assurer une meilleure
diffusion sont une priorité. La part du budget global de
RFI consacrée à sa filiale arabophone devrait pour cela
être accrue progressivement sur la durée du contrat
d'objectifs et de moyens.
Dans les autres régions du monde,
Europe, Asie, Amérique, Océanie, RFI n'a pas, sauf
exception, la capacité d'atteindre des niveaux
d'audience réellement significatifs. Sur la durée du
contrat d'objectifs et de moyens, RFI devra donc
procéder à un examen critique de l'impact réel de ses
programmes, en rapport avec leur coût complet de
production et de diffusion et mettre en place, le cas
échéant, des modes d'action alternatifs. En tout état de
cause, au terme du présent contrat d'objectifs et de
moyens, RFI devrait être en mesure de proposer à ses
publics un site Internet multilingue sur l'actualité de
la France et du monde, largement enrichi par rapport à
son offre actuelle, avec l'ambition de toucher un nombre
d'internautes supérieur au nombre des auditeurs actuels
dans ces zones de faible impact.
Parallèlement, RFI devra identifier les
régions où, pour des raisons politiques, linguistiques
ou culturelles, il restera nécessaire de poursuivre,
voire d'amplifier, une politique volontariste de
présence radiophonique hertzienne, qui n'aura de sens,
là aussi, que si elle répond aux exigences du
public : diffusion 24h/24, dans des langues
adaptées, enrichie de programmes de proximité. A court
et moyen terme, il serait, par exemple, opportun de
renforcer notre présence radiophonique dans certains
pays est-européens extérieurs à l'Union européenne, avec
l'objectif de contribuer à sensibiliser leurs
populations aux valeurs démocratiques de l'Union.
Compte tenu des priorités géographiques
ainsi dégagées, l'offre de programmes de RFI pourra,
elle-même, être amenée à évoluer. Aussi, la société
concentrera-t-elle ses efforts sur sa mission
d'information et sa politique de proximité à l'égard des
auditeurs.
3/ Le contrat d'objectifs et de
moyens devra, en outre, définir les conditions
d'organisation interne qui permettront une plus grande
harmonisation et une plus grande coordination de la
ligne éditoriale des différentes antennes. Par
ailleurs, afin de contribuer à la cohérence du
dispositif audiovisuel français, RFI devrait identifier
des projets qui pourraient être menés en association
avec Radio France, mais également en matière
d'information internationale avec France 24, ainsi
qu'avec CFI, qui a vocation à devenir l'outil de
coordination de l'ensemble des actions de coopération
audiovisuelle de la France.
En effet, RFI doit constituer pour la
France un outil de coopération au service de la
diversité culturelle et du pluralisme des médias. Dans
les pays en développement, la diffusion de RFI contribue
à la diversité de l'information et à l'implantation d'un
État de droit, mais doit être accompagnée d'actions
(conseil, formation, échanges et coproduction de
programmes) en faveur des radios locales visant à
affermir leurs positions et encourager l'ouverture des
paysages radiophoniques.
4/ Le contrat d'objectifs et de
moyens devrait également comporter un volet substantiel
relatif à la modernisation de la gestion de
l'entreprise. Il est indispensable que la
société dégage en son sein des marges de manoeuvre
nouvelles pour contribuer au financement de ses projets.
Des gains d'efficacité, tirant notamment les
conséquences de la numérisation sur l'organisation, les
méthodes de travail et le niveau des effectifs devront
être recherchés.
Dans le même sens, une évaluation de
l'évolution de la masse salariale de Radio France
Internationale, qui représente plus de la moitié des
charges de l'entreprise, paraît nécessaire. Fondée sur
un objectif plus ambitieux que la seule stabilisation
des effectifs, cette analyse devra tenir compte des
perspectives de départs naturels et de rationalisation
des emplois non permanents.
Par ailleurs, l'évolution des moyens
(personnel, fonctionnement, investissement) alloués aux
différentes rédactions de Radio France Internationale
sur la période devrait faire l'objet d'une présentation
analytique, en regard de l'impact de chacune, en termes
d'audience.
Source : MAEE
2007 |
D'après le projet annuel de performance
annexé au projet de loi de finances pour 2009, les
principales priorités stratégiques de Radio France
Internationale, en 2009, devraient être les
suivantes :
- réformer la politique de diffusion de l'antenne en
termes de choix de langues, de publics visés et de supports
de diffusion
- tirer partie de la mutation des technologies de
l'information
- mettre en oeuvre des synergies avec TV5 Monde et France
24, tant sur le plan des fonctions supports que des contenus
- améliorer la structure financière de la société en
visant un retour à l'équilibre.
C'est toutefois dans un contexte
budgétaire contraint que les dirigeants devraient entreprendre
cette réorganisation en profondeur.
RFI a bénéficié d'une subvention du
ministère des Affaires étrangères et européennes de 71,1
millions d'euros en 2008. A cette subvention, il faut
ajouter une dotation de 58,72 millions d'euros au titre
de la redevance audiovisuelle. Au total, RFI a donc
bénéficié de dotations à hauteur de 133 millions d'euros en
2008.
L'évolution des dotations publiques à
RFI (en millions d'euros) depuis 2002
| |
LFI 2002 |
LFI 2003 |
LFI 2004 |
LFI 2005 |
LFI 2006 |
PLF 2007 |
PLF 2008 |
|
Subvention MAEE |
69,67 (57,67 %) |
70,37 (57,36 %) |
71,42 (57,40 %) |
72,13 (57,31 %) |
69,54 (55,45%) |
69,63 (55,2%) |
71,13 (55,07%) |
|
Redevance |
51,23 (42,40 %) |
52,30 (42,63 %) |
53,00 (41,58 %) |
53,71 (41,77 %) |
55,86 (42,89%) |
56,53 (42,74%) |
58,03 (44,92%) |
|
Total |
120,80 |
122,67 |
127,51 |
128,62 |
130,21 |
132,24 |
133 |
B. FRANCE 24 : LA
CONVENTION DE SUBVENTION POURRA-T-ELLE ETRE
RESPECTÉE ?
Lancée en décembre 2006, la nouvelle chaîne
française d'information internationale France 24, parfois
qualifiée de « CNN à la française », a pour objectif
d'offrir un point de vue français sur l'actualité du monde à
destination d'un public international.
La société diffuse, depuis le 6 décembre
2006, deux programmes principaux :
- un programme principal en français, diffusé
prioritairement en Europe, dans les pays du Maghreb et en
Afrique ;
- un programme principal multilingue, diffusé
prioritairement en Europe, en Afrique et aux Proche et
Moyen-Orient ; intégralement anglais au départ, ce
programme a vocation à faire l'objet de décrochages dans
diverses langues, en particulier l'arabe et l'espagnol.
Le lancement de ces deux programmes sur
Internet a eu lieu le 6 décembre 2006. Ils sont également
diffusés, depuis le 7 décembre 2006, sur le câble et le
satellite, dans plus de 70 millions de foyers. Outre les
zones prioritaires, France 24 est également accessible à
Washington et au siège de l'ONU à New-York.
Depuis le 2 avril 2007, France 24 diffuse
également 4 heures par jour de programmes en arabe.
D'autres décrochages (en espagnol, par
exemple) et l'extension de la diffusion en Asie, en Amérique
latine et en Amérique du Nord sont envisagés dans les années à
venir.
Depuis 2005, France 24 est disponible sur le
territoire français par le câble et le satellite ainsi que par
internet.
S'agissant des grilles de programme,
celles-ci sont fondées sur le concept d'information en
continu. Elles sont constituées, d'une part, d'images
d'actualité et, d'autre part, de programmes « hors
actualités » (magazines, débats, chroniques, programmes
courts, etc.).
France 24 diffuse ses programmes
24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec une moyenne
annuelle de 36 journaux diffusés par jour.
Elle cible les leaders d'opinion,
c'est-à-dire les décideurs politiques et économiques, les
professionnels des médias et, plus généralement, les
téléspectateurs réguliers des chaînes d'information nationales
et internationales.
La chaîne dispose d'environ 300
collaborateurs permanents, dont 205 journalistes, 50
techniciens et 45 personnes dans la distribution et les
directions fonctionnelles. L'équipe est multinationale et
jeune.
D'après les
indications transmises à votre rapporteur pour avis, France 24
a une audience encore assez faible en Europe. Ses résultats
sont en revanche prometteurs en Afrique francophone, au
Maghreb et au Moyen-Orient, auprès des leaders d'opinion.
L'Etat, représenté par le Premier ministre,
et France 24, représentée par ses deux actionnaires, France
Télévisions et TF1, ont conclu une convention de subvention,
signée le 29 novembre 2005, et modifiée le
24 juillet 2006 (avenant n° 1) et le 26 février
2007 (avenant n° 2) qui prévoit le versement de
subventions annuelles jusqu'au 31 décembre 2010.
Alors que cette convention prévoyait le
versement d'une subvention de 88,5 millions d'euros à la
chaîne en 2008, le projet de loi de finances initiale pour
2008 ne prévoyait qu'une subvention de 70 millions d'euros,
soit une différence de 18,5 millions d'euros avec la
convention.
Le Premier ministre s'était engagé, lors du
débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi de
finances, à respecter les termes de la convention et à verser
la somme supplémentaire de 18,5 millions d'euros à France 24,
sans toutefois donner d'indication sur l'origine de ces
fonds.
Les différents rapporteurs des commissions
compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat avaient
insisté à plusieurs reprises auprès du Gouvernement pour
obtenir des éclaircissements sur ce point. Le rapporteur
spécial de la commission des Finances du Sénat, M. Claude
Belot, a à nouveau attiré l'attention du Gouvernement sur
cette question à la suite du contrôle budgétaire qu'il a
effectué dans les locaux de la chaîne en juillet dernier.
En définitive, comme il l'avait annoncé lors
de l'examen du projet de loi de finances pour 2008, le
Gouvernement a décidé de compléter la subvention accordée par
l'Etat à France 24 à hauteur de 18,5 millions d'euros par
un redéploiement de crédits de gestion par un décret d'avance
au cours de l'année. France 24 a donc bien bénéficié
de 88,5 millions d'euros de dotations en
2008.
Tout en se félicitant de cette
décision, votre rapporteur pour avis tient à exprimer ici ses
réserves sur cette méthode qui revient à contourner
l'autorisation budgétaire accordée par le
Parlement.
Pour 2009, la subvention demandée par France
24 s'élève à 117 millions d'euros, dont :
- 91,7 millions d'euros, correspondant aux crédits prévus
en 2008 (88,5 millions d'euros) revalorisés de 3,7 %
- 25,3 millions d'euros pour étendre la couverture
géographique à l'Amérique du Nord et à l'Asie, et renforcer
la couverture linguistique en arabe.
Interrogé lors de son audition par votre
rapporteur pour avis, le président directeur général de la
holding M. Alain de Pouzilhac a affirmé que la convention de
partenariat de France 24 serait respectée en 2009.
Selon les indications figurant dans le
document annexé au projet de loi de finances pour 2009,
les principales priorités stratégiques de France
24 devraient être les suivantes :
- renforcer les synergies avec les acteurs de
l'audiovisuel extérieur français
- renforcer sa distribution à destination des particuliers
et des collectivités (hôtels, aéroports, etc.)
- assurer sa présence et sa distribution sur les nouveaux
médias, et notamment renforcer l'interactivité avec les
téléspectateurs et les internautes à travers le site web
France 24
- accroître son taux de notoriété dans ses zones de
diffusion
- renforcer sa réactivité et sa capacité à couvrir les
événements d'actualité dans le monde entier.
C. TV5 MONDE : UN OPÉRATEUR À PART DANS LE
NOUVEL ENSEMBLE
Créée en 1984, à l'initiative de la France et
avec des partenaires francophones (Suisse, Communauté
française de Belgique, Canada, Québec), TV5 Monde constitue
aujourd'hui le deuxième réseau mondial de télévision
internationale, devant CNN International, BBC World et
derrière MTV.
Elle peut être reçue par plus de 176 millions
de foyers dans le monde, qui représentent (hors Chine où la
présence des chaînes étrangères n'est pas autorisée) 20 %
des foyers TV du monde entier et 59 % des foyers TV câble
et satellite. Ses chaînes couvrent 200 pays et territoires,
répartis sur cinq continents. 5 700 hôtels sont raccordés
dans le monde pour une présence dans 3 millions de chambres à
destination de plus de 50 millions de voyageurs
francophones.
Première chaîne de télévision mondiale en
français, TV5 Monde est une chaîne généraliste qui propose une
vision originale du monde à travers une programmation et une
information soucieuses de faire connaître et partager la
diversité des cultures et des points de vue. TV5 Monde a su
adapter sa diffusion mondiale par la déclinaison de 8 signaux
spécifiques à chaque continent, des décalages horaires et des
sensibilités des publics.
Elle dispose d'environ 300 personnes.
En termes d'audience, globalement, en Europe,
TV5 Monde voit son audience reculer, sous l'effet, entre
autres, de la numérisation des réseaux de distribution. En
Afrique francophone, TV5 Monde attire un large public, mais
perd du terrain dans certains pays, notamment en raison de
l'émergence de chaînes locales.
Avec une contribution qui représente plus de
80 % des contributions des pays ou collectivités
partenaires (Suisse, Belgique et Canada-Québec), la France
finance actuellement 76 % du budget de TV5 Monde
L'annonce de la réforme de l'audiovisuel
extérieur a suscité des interrogations chez les partenaires
francophones, qui ont eu parfois le sentiment d'être tenus à
l'écart de cette réforme. En particulier, les partenaires
francophones ont craint l'idée d'une absorption de TV5 Monde
au sein du nouvel ensemble « Audiovisuel extérieur de la
France ». Ils ont notamment rappelé que cette chaîne
n'était pas française mais francophone.
En définitive, il a été convenu que
TV5 Monde serait un partenaire et non une filiale de la
holding. Un accord est également intervenu sur la
recomposition du capital : la participation des
partenaires francophones est maintenue à son niveau actuel
(33 %), tandis que la participation française au titre de
la holding est ramenée à 49 % soit à un niveau inférieur
au seuil majoritaire.
Actionnariat de TV5 Monde
| |
Avant la réforme |
Après la réforme |
|
France Télévisions |
47,38 % |
12,58 % |
|
Arte France |
12,50 % |
3,29 % |
|
INA |
6,61 % |
1,74 % |
|
Holding Audiovisuel extérieur de la
France |
0 % |
49 % |
|
RTBF (Communauté française de
Belgique) |
11,11 % |
Sans changement |
|
SSR (Suisse romande) |
11,11 % |
Sans changement |
|
Radio-Canada |
6,67 % |
Sans changement |
|
Télé Québec |
4,44 % |
Sans changement |
|
Total partenaires francophones |
33,33 ù |
Sans changement |
|
Personnes physiques |
0,18 % |
0,06 % |
Les principales dispositions du projet
d'entente négocié par la France avec les partenaires
francophones sont les suivantes :
- préserver le caractère multilatéral de TV5 Monde
- faire évoluer la gouvernance de
l'entreprise : la fonction de président du Conseil
d'administration de TV5 Monde est confiée au président
directeur général de la holding « Audiovisuel extérieur
de la France », tandis que celle de directeur général
est confiée à Mme Marie-Christine Saragosse
- étudier les modalités d'un rééquilibrage des
financements de TV5 Monde par les partenaires non français.
Parallèlement, l'évolution de la programmation de la chaîne
afin d'assurer une meilleure exposition des émissions de
l'ensemble de la francophonie en particulier des pays du Sud
est envisagée
- réaliser conjointement avec la holding des études ayant
pour objet la mise en commun de certaines fonctions
horizontales avec France 24 et RFI, soumises à l'approbation
des conseils d'administration des deux sociétés.
Ce projet d'entente doit être soumis aux
ministres des gouvernements partenaires lors de la Conférence
de Vancouver qui se tiendra fin novembre.
Celle-ci devrait également adopter le nouveau
plan stratégique de TV5 Monde pour la période 2009-2012.
Les principales priorités de TV5
Monde devraient être les suivantes :
- clarifier sa vision stratégique, en particulier la
politique de sous-titrage, afin de maximiser la portée
réelle de l'antenne
- consolider et élargir son audience dans le contexte du
passage au tout numérique, qui induit une baisse de la
couverture mondiale de la chaîne
- renforcer son développement multimédia en s'inscrivant
dans une stratégie de média global : développement de
la web TV, offres de contenus à destination de tous les
autres écrans que la télévision, en particulier
mobiles
- réaffirmer la cohérence et la lisibilité de son offre
éditoriale en concentrant ses efforts sur les contenus et la
qualité de diffusion de ceux-ci : libération de droits
relatifs aux programmes repris, dédoublement de certains
signaux, passage en 16/9
- combler le déficit d'image de la chaîne, revendiquer le
sens et la valeur de sa chaîne éditoriale et renforcer son
identité autour d'une marque forte déclinée
localement.
En 2008, TV5 Monde a bénéficié d'une
subvention de 65,7 millions d'euros du
ministère des Affaires étrangères et européennes. Pour 2009,
Mme Marie-Christine Saragosse, directrice générale de TV5
Monde, a indiqué à votre rapporteur pour avis, que le besoin
de financement de la chaîne s'élève à environ 72 millions
d'euros, correspondant à une légère augmentation de la
subvention de 2008 (70 millions d'euros)
Évolution de la dotation de l'Etat
accordée à TV5 Monde (en millions
d'euros)
| |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
2007 |
PLF 2008 |
|
Ressources publiques dont MAE |
65,9
61,11 |
66,63
62,64 |
67,60
63,61 |
66,20
62,11 |
68,42
64,22 |
70,02
65,7 |
|
Budget total |
82,23 |
86,25 |
88,64 |
90,47 |
91,89 |
|
III. LA DIMINUTION DES SUBVENTIONS SUR LES
TROIS PROCHAINES ANNÉES RISQUE DE FRAGILISER LA POURSUITE DE
LA RÉFORME DE L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
Tirant les conséquences de la création de la
holding « Audiovisuel extérieur de la France », les
dotations publiques ne sont plus attribuées société par
société mais font l'objet cette année d'une enveloppe globale
confiée à la holding, à charge pour elle de répartir ces
subventions entre les différents opérateurs.
Cette nouvelle donne se traduit dans la
maquette budgétaire par la fusion des anciens programmes 115
et 116 au sein d'un programme unique, intitulé
« Audiovisuel extérieur de la France » relevant
désormais entièrement des services du Premier ministre au sein
de la mission « Médias ».
Le projet de loi de finances fait apparaître
une stagnation des crédits destinés à l'audiovisuel extérieur
en 2009. Et, selon la programmation budgétaire triennale, les
financements consacrés à l'audiovisuel extérieur devraient
même diminuer fortement en 2010 et 2011.
A. LA NOUVELLE MAQUETTE BUDGÉTAIRE : UN
PROGRAMME UNIQUE PLACÉ SOUS LA TUTELLE ENTIÈRE DU PREMIER
MINISTRE
Alors que les deux précédents programmes
relevaient, pour l'un, du ministère des Affaires étrangères et
européennes (l'ancien programme 115 regroupant les crédits
destinés à TV5 Monde, RFI et à Canal France Internationale)
et, pour l'autre, des services du Premier ministre (l'ancien
programme 116 entièrement consacré à France 24), le
nouveau programme 115, intitulé « Audiovisuel extérieur
de la France », est entièrement placé sous la tutelle de
la direction du développement des médias au sein de
la mission « Médias » relevant du Premier
ministre.
L'aspect interministériel de l'audiovisuel
extérieur est ainsi clairement affirmé et la création d'un
programme unique offre une meilleure lisibilité
budgétaire.
B. LE RÔLE CLEF DE LA HOLDING EN MATIÈRE DE
RÉPARTITION DES DOTATIONS ENTRE LES DIFFÉRENTS OPÉRATEURS
Tirant les conséquences de la création de la
holding « Audiovisuel extérieur de la France »,
les dotations publiques ne sont plus attribuées
société par société mais font l'objet, cette année, d'une
enveloppe globale confiée à la holding, à charge pour elle de
répartir ces subventions entre les différents
opérateurs. La holding « Audiovisuel extérieur
de la France » disposera donc d'un puissant levier
d'action sur les différents opérateurs de l'audiovisuel
extérieur puisqu'elle sera chargée de répartir les
subventions.
C. UNE FORTE DIMINUTION DES CRÉDITS SUR LES
TROIS PROCHAINES ANNÉES QUI RISQUE DE COMPROMETTRE LA
MODERNISATION DE L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
La dotation de la holding « Audiovisuel
extérieur de la France » au titre du programme 115
s'élève à 233 millions d'euros en 2009.
A cette subvention s'ajoutent 65,3
millions d'euros au titre de la redevance
audiovisuelle (qui était auparavant directement versés à RFI
et qui fait désormais l'objet d'un nouveau programme 844
intitulé « Contribution au financement d'Audiovisuel
extérieur de la France » du compte de concours financier
« Avances à l'audiovisuel »).
Ainsi, au total, les crédits consacrés à
l'audiovisuel extérieur représentent 298 millions
d'euros pour 2009, soit une quasi-reconduction de la
dotation pour 2008 (296 millions d'euros), à périmètre
constant.
A titre de comparaison, le financement de
l'audiovisuel public national représente près de 3
milliards d'euros.
La dotation d'Arte, chaîne franco-allemande,
s'élève, à elle seule, à 300 millions
d'euros, dont plus de 230 millions d'euros au titre
de la redevance, soit l'équivalent de l'ensemble des crédits
des opérateurs de l'audiovisuel extérieur, pour une couverture
mondiale.
Et, selon le document de programmation
triennale, la subvention versée à la holding
« Audiovisuel extérieur de la France » devrait même
diminuer sur les trois prochaines années, puisqu'elle
passerait de 233 millions d'euros en 2009, à 218
millions d'euros en 2010 puis à 203 millions d'euros en
2011, même si ces montants sont encore indicatifs à
ce stade.
EVOLUTION DES CRÉDITS DE LA MISSION
MÉDIAS SUR LA PÉRIODE 2009-2011
Avertissement : La
répartition par programme, ferme pour le PLF 2009, est
indicative pour les 2ème et 3ème années.
Les plafonds par mission sont fermes.
|
Mission/Programme |
|
PLF
2009 |
2010 |
2011 |
|
Médias |
Plafond AE
Plafond CP |
1 017 131 337
1 012 131
337 |
1 005 506 337
1 000 506
337 |
994 019 150
989 019
150 |
|
Contribution au financement de
l'audiovisuel public |
|
473 000 000 |
480 875 000 |
488 887 813 |
|
Audiovisuel extérieur de la
France |
|
233 070 000 |
218 070 000 |
203 070
000 |
Source : PAP Médias annexé au projet
de loi de finances pour 2009
Dans ce contexte, votre rapporteur pour avis
s'interroge : la poursuite de la réforme de
l'audiovisuel extérieur ne risque-t-elle pas d'être compromise
faute de financements suffisants ?
Certes, le développement des synergies et des
mutualisations entre les différents opérateurs devrait
favoriser les économies d'échelle.
Ainsi, France 24 et TV5 Monde se sont
associés pour partager le même plateau de télévision lors de
la récente élection présidentielle américaine.
Mais, toute réforme nécessite dans un premier
temps un certain effort financier avant de pouvoir générer des
économies d'échelle.
De plus, le secteur audiovisuel est marqué
par une très forte concurrence et par le développement de
nouvelles technologies.
On pense notamment au basculement de
l'analogique au numérique ou encore au multimédia (télévision
sur Internet ou sur téléphonie mobile).
Or, ces nouvelles technologies demandent un
investissement financier important au départ.
Les besoins estimés de financement des
différents opérateurs pour 2009 sont les suivants :
- 117 millions d'euros demandés par France 24 comme le
prévoit la convention de subvention signée avec l'Etat, dont
91,7 millions d'euros correspondant aux 88,5 millions
d'euros prévus en 2008 et revalorisés à hauteur de
3,7 %, auxquels s'ajoutent 25,3 millions d'euros
demandés par France 24 pour étendre la couverture de la
chaîne à l'Amérique du Nord et à l'Asie, et renforcer sa
couverture linguistique en langue arabe.
- 72 millions d'euros demandés par TV5 Monde,
correspondant à une légère progression de la dotation de
2008 (70 millions d'euros)
- 133 millions d'euros correspondant à la dotation de RFI
pour 2008.
Au total, le besoin de financement de
l'audiovisuel extérieur estimé pour l'année prochaine s'élève
donc à 322 millions d'euros, alors que la dotation prévue pour
2009 n'est que de 298 millions d'euros, soit un manque de
financement de l'ordre de 25 millions d'euros.
La répartition des financements entre les
différents opérateurs par les dirigeants de la holding risque
donc d'être un exercice délicat en 2009. Comme le suggère le
rapporteur spécial de la commission des Finances, il
conviendrait à cet égard de définir des règles d'équité de
traitement des différentes sociétés, afin que le regroupement
des crédits ne s'opère pas au détriment de l'une ou l'autre
d'entre elles.
En tout état de cause, une forte
diminution des financements de l'audiovisuel extérieur (de
l'ordre de 15 et 30 millions d'euros), telle qu'envisagée pour
2010 et 2011, apparaît difficilement compatible avec les
objectifs de la réforme.
IV. LES
PROPOSITIONS DE VOTRE RAPPORTEUR POUR AVIS : CONSOLIDER
LA RÉFORME DE L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
Votre rapporteur pour avis approuve les
objectifs de la réforme de l'audiovisuel extérieur, qui visent
à renforcer sa cohérence, sa visibilité et son efficacité.
Estimant que tout jugement sur cette réforme
serait à ce stade prématuré, votre rapporteur pour
avis considère qu'il convient d'abord que cette réforme puisse
produire ses effets, tout en souhaitant qu'un bilan
détaillé de cette réforme soit effectué, notamment à
l'occasion de l'examen du prochain projet de loi de finances.
Dans l'attente de cette évaluation, votre rapporteur pour avis
juge qu'il convient de donner leur chance aux dirigeants de la
société holding « Audiovisuel extérieur de la
France » pour réussir là où l'Etat a manifestement
échoué.
Compte tenu de l'importance d'audiovisuel
extérieur pour l'influence de la France, de nos valeurs et de
la place de notre langue, votre rapporteur pour avis vous
propose d'ailleurs d'adopter plusieurs
amendements visant à conforter cette réforme,
notamment sur le plan budgétaire.
A. MODIFIER L'INTITULÉ DU PROGRAMME AFIN DE
RASSURER NOS PARTENAIRES FRANCOPHONES
Comme cela a été mentionné précédemment, la
réforme de l'audiovisuel extérieur a pu parfois froisser nos
partenaires francophones, qui ont eu souvent le sentiment
d'être tenus à l'écart. La place singulière qu'occupe TV5
Monde au sein du nouvel ensemble est le reflet de cette
préoccupation.
Or, le titre du nouveau programme 115 peut
sembler de ce point de vue ambigu puisqu'il s'intitule
« Audiovisuel extérieur de la France ».
Votre rapporteur pour avis vous propose, par
conséquent, un amendement visant à
modifier l'intitulé de ce programme 115, afin
de le remplacer par l'expression, plus neutre, d'« action
audiovisuelle extérieure ».
Il s'agirait ainsi d'envoyer un message à nos
partenaires francophones afin qu'ils s'engagent clairement
dans cette réforme.
Par souci de cohérence, votre rapporteur pour
avis vous propose aussi, par un autre
amendement, de modifier l'intitulé du
programme 844 du compte ce concours de l'Etat « Avances à
l'audiovisuel », qui s'intitulerait désormais
« Contribution au financement de l'action audiovisuelle
extérieure ».
B. GARANTIR SUR UN MODE PÉRENNE LE FINANCEMENT
DE L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR
Dans un contexte très concurrentiel, marqué
par le développement de nouvelles technologies, il semble à
votre rapporteur pour avis que la réforme de l'audiovisuel
extérieur risquerait d'être compromise si ses moyens venaient
à diminuer fortement dans les prochaines années.
C'est la raison pour laquelle, tout en étant
conscient des fortes contraintes budgétaires qui pèsent sur
notre pays, votre rapporteur pour avis vous propose plusieurs
amendements permettant de garantir, sur un
mode pérenne, le financement de l'audiovisuel extérieur.
En particulier, il vous propose deux
amendements visant à transférer la part de la
redevance audiovisuelle actuellement versée à l'Institut
national de l'Audiovisuel (INA) pour les affecter à
l'audiovisuel extérieur, cette part de redevance, qui
représente plus de 86 millions d'euros, étant intégralement
compensée par une réduction d'un montant équivalent de la
subvention versée à la holding « Audiovisuel extérieur de
la France ».
Ainsi, cette opération, neutre sur le plan
budgétaire pour l'année 2009, permettrait de garantir à
l'audiovisuel extérieur un financement sur la durée
(constitué, pour moitié, de subventions publiques et, pour une
autre moitié, des recettes issues de la redevance), puisque, à
la différence des subventions publiques, la redevance
audiovisuelle est une recette dynamique, qui n'est pas soumise
à l'aléa budgétaire.
Il semble, en effet, que des sociétés
audiovisuelles telles que TV5 Monde, RFI et France 24 ont
davantage vocation à être financées par le biais de la
redevance audiovisuelle qu'un organisme comme l'INA,
établissement public chargé de l'archivage des émissions
radiophonique et télévisées.
En outre, cette mesure serait cohérente avec
le rapprochement des règles applicables à l'audiovisuel
national et à l'audiovisuel extérieur, prévu par la réforme de
l'audiovisuel public, actuellement discutée à l'Assemblée
nationale, qui tend notamment à faire de la société holding
« Audiovisuel Extérieur de la France » une société
nationale de programme, à l'image de France Télévisions.
C. RENFORCER LE CONTRÔLE PARLEMENTAIRE SUR LA
« HOLDING AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR »
Tout en approuvant la création de la holding
« Audiovisuel extérieur de la France », votre
rapporteur pour avis estime souhaitable de renforcer
le contrôle parlementaire sur cet organisme, compte
tenu de son rôle central en matière de définition des
objectifs stratégiques et de répartition des dotations entre
les différents opérateurs.
Les dirigeants de la holding rendent certes
des comptes au conseil d'administration de la société, mais
celui-ci comprend principalement des fonctionnaires des
différentes administrations.
Il ne comprend pas de représentants du
Parlement, à la différence de ce qui existe, par exemple, pour
RFI ou France Télévisions.
Or, la holding étant financée par des fonds
publics, il semble normal que le Parlement ait un droit de
regard sur l'exécution des crédits.
Le projet de loi relatif à la communication
audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision
prévoit d'ailleurs de modifier la composition du conseil
d'administration de la société holding en s'inspirant de celle
des autres sociétés nationales de programme, comme France
Télévisions ou Radio France.
Ainsi, il est prévu que le conseil
d'administration de la holding comprenne, outre le président,
treize membres, dont deux parlementaires désignés
respectivement par l'Assemblée nationale et le Sénat.
En outre, votre rapporteur pour avis vous
propose d'adopter un amendement visant à
prévoir que le président directeur général et le
directeur général délégué de la holding « Audiovisuel
extérieur de la France » rendent compte, à intervalles
réguliers, devant les commissions compétentes des deux
assemblées, des priorités de leur action et
de l'exécution des crédits destinés à l'audiovisuel
extérieur.
EXAMEN
EN COMMISSION
La
commission a examiné le présent rapport pour avis lors de sa
réunion du 26 novembre 2008.
A la suite de l'exposé du rapporteur pour
avis, un débat s'est engagé.
Mme Monique Cerisier-ben Guiga a regretté que
le ministère des affaires étrangères et européennes n'ait plus
de droit de regard sur l'audiovisuel extérieur, malgré le rôle
important de l'audiovisuel extérieur pour l'action de la
France à l'étranger.
Elle s'est également interrogée sur le fait
de savoir si les liens unissant l'actuel président directeur
général de la holding à la chaîne France 24, dont il fut le
premier président, n'étaient pas susceptibles de se traduire
par un traitement de faveur de France 24, au détriment de TV5
Monde ou RFI.
Enfin, elle a rappelé que, si l'apport
initial de TF1 dans le capital de France 24 s'élevait à 17 000
euros, la chaîne avait demandé à l'Etat 45 millions d'euros
pour le rachat de sa participation.
En réponse, M. Joseph Kergueris, rapporteur
pour avis, a fait observer que la tutelle exercée précédemment
par le ministère des affaires étrangères et européennes
n'avait pas réellement démontré son efficacité et que le
rattachement au Premier ministre avait l'avantage de souligner
la dimension interministérielle de l'audiovisuel extérieur, où
le ministère de la culture et de la communication avait
également un rôle à jouer.
Il a également indiqué que le président
directeur général de la holding était dans le même temps
président du conseil d'administration de France 24, de RFI et
de TV5 Monde, ce qui constituait à ses yeux une garantie
importante pour le traitement équitable entre les différentes
entités.
Enfin, il a précisé que, selon les
indications recueillies lors de ses entretiens, la négociation
sur la reprise par l'Etat de la participation de TF1 dans le
capital de France 24 était sur le point d'aboutir pour un
montant très inférieur à celui demandé au départ par TF1 et
que cette négociation aurait également une incidence sur
France Télévisions, dont l'apport initial dans le capital de
France 24 était du même ordre que celui de TF1.
Mme Nathalie Goulet a rappelé que, lors de
l'examen de la loi sur la modernisation de l'économie, le
Parlement avait modifié la loi du 30 septembre 1986 relative à
la liberté de communication afin de permettre à l'Etat de
détenir indirectement la totalité du capital de RFI, et qu'à
cette occasion, un débat s'était engagé sur l'avenir de cette
radio et la question du contrôle politique sur l'audiovisuel
extérieur.
M. Joseph Kergueris a indiqué que, si la loi
de 1986 avait été modifiée pour permettre à la holding de
détenir le capital de RFI en lieu et place de l'Etat, une
disposition du projet de loi sur la réforme de l'audiovisuel
public garantissait que le capital de la holding restera
majoritairement et directement détenu par l'Etat.
Par ailleurs, il s'est déclaré en accord avec
l'idée de renforcer le contrôle parlementaire sur la holding
et il a annoncé qu'il présenterait à la commission un
amendement en ce sens.
M. Robert del Picchia a fait part de ses
préoccupations au sujet du faible montant des financements
consacrés à l'audiovisuel extérieur, au regard de
l'audiovisuel public national ou des concurrents étrangers,
comme CNN.
Il s'est également interrogé sur l'intérêt de
développer les mutualisations entre les différents opérateurs,
compte tenu de leur identité propre.
M. Jean-Paul Alduy a souhaité revenir sur le
cas de Radio France Internationale, qui joue un rôle très
important pour l'influence de la France et de notre langue,
notamment en Afrique francophone.
Mme Joëlle Garriaud-Maylam a également
exprimé sa préoccupation au sujet de la situation de Radio
France International. Elle s'est aussi interrogée sur la place
de Canal France International dans le nouvel ensemble
En réponse, M. Joseph Kergueris, rapporteur
pour avis, a apporté les précisions suivantes :
- la nouvelle holding aura pour fonction de développer les
mutualisations entre les différents opérateurs, mais aussi
et surtout de déterminer les objectifs stratégiques de
chaque opérateur selon les zones géographiques ou les
publics visés; ainsi, en matière de distribution, il
convient d'éviter une concurrence de France 24 et TV5 Monde
- Radio France Internationale est un très bel outil, mais
il paraît indispensable de définir une véritable stratégie
en termes de publics visés, de langues et de zones de
diffusion, de mode de diffusion ou encore en matière de
gestion des ressources humaines afin précisément de garantir
sa pérénité
- Canal France International n'a pas été intégré dans le
nouvel ensemble, car il ne s'agit pas d'un média, mais d'un
organisme qui fournit des programmes français à des radios
ou des télévisions des pays francophones. Cet opérateur
devrait être rattaché à l'avenir au ministère des affaires
étrangères et européennes et concentrer ses actions vers les
médias des pays en voie de développement.
La commission a ensuite procédé à l'examen
des amendements.
M. Joseph Kergueris, rapporteur pour avis, a
d'abord présenté deux amendements tendant à transférer la part
de la redevance audiovisuelle actuellement versée à l'Institut
national de l'Audiovisuel (INA) pour l'affecter à
l'audiovisuel extérieur, cette part de la redevance étant
intégralement compensée par un transfert d'un montant
équivalent de la subvention destinée à la holding et reversée
à l'INA.
Il a estimé que des sociétés audiovisuelles,
telles que TV5 Monde, RFI et France 24 ont plus vocation à
être financées par le biais de la redevance audiovisuelle,
qu'un organisme comme l'INA, établissement public chargé de
l'archivage des émissions radiophoniques et télévisées.
Il a souligné que cette opération, neutre sur
le plan budgétaire pour l'année 2009, permettrait de garantir
à l'audiovisuel extérieur un financement sur la durée,
puisqu'à la différence des subventions publiques, la redevance
audiovisuelle est une recette dynamique, qui n'est pas soumise
à l'aléa budgétaire.
Mme Catherine Tasca s'est interrogée sur cet
amendement. Elle a rappelé que l'institut national de
l'audiovisuel était un organisme de grande qualité qui menait
des activités en matière de coopération internationale.
M. Joseph Kergueris, rapporteur pour avis, a
indiqué qu'il ne s'agissait pas par cet amendement de mettre
en cause la qualité du travail effectué par l'INA, qui est
reconnue par tous, mais d'attirer l'attention du Gouvernement
sur la question du financement de l'audiovisuel extérieur.
La commission a alors adopté, les membres du
groupe socialiste et du groupe communiste républicain et
citoyen s'abstenant, les deux amendements.
M. Joseph Kergueris, rapporteur pour avis, a
ensuite souhaité renforcer le contrôle parlementaire sur la
holding « Audiovisuel extérieur de la France ».
Il a rappelé que le projet de loi relatif à
la communication audiovisuelle prévoyait de modifier la
composition du conseil d'administration de la holding afin d'y
inclure deux parlementaires désignés par l'Assemblée nationale
et le Sénat, mais qu'il s'interrogeait à titre personnel sur
la présence de parlementaires au sein du conseil
d'administration de sociétés, ce système comportant à ses yeux
le risque de faire de ces représentants des « juges et parties
».
Il a présenté un amendement visant à prévoir
que le président-directeur général et le directeur général
délégué de la holding rendent compte à intervalles réguliers
devant les commissions compétentes des deux assemblées des
priorités de leur action et de l'exécution des crédits.
M. Roger Romani a indiqué qu'il ne partageait
pas les craintes du rapporteur pour avis au sujet de la
présence de parlementaires au sein du conseil d'administration
des sociétés audiovisuelles, à laquelle il s'est déclaré
favorable au regard notamment de sa propre expérience.
M. Jean Besson s'est associé aux propos de M.
Roger Romani, tout en estimant qu'il serait souhaitable que
l'Assemblée nationale et le Sénat désignent respectivement
deux représentants, de manière à assurer la présence de
parlementaires de la majorité et de l'opposition au sein du
conseil d'administration de France Télévisions, de Radio
France et de la holding « Audiovisuel extérieur de la France
».
Mme Monique Cerisier-ben Guiga et Mme
Catherine Tasca ont approuvé cette suggestion.
M. Josselin de Rohan, président, a alors
rappelé que la question de la présence de parlementaires au
sein du conseil d'administration de la société holding ne
relevait pas du projet de loi de finances pour 2009, mais du
projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au
nouveau service public de la télévision, sur lequel il
souhaitait d'ailleurs que la commission se saisisse pour avis
pour ce qui concerne les aspects relatifs à l'audiovisuel
extérieur.
Il a par ailleurs indiqué que la commission
entendrait prochainement en audition le président directeur
général de la holding, M. Alain de Pouzilhac, et la directrice
générale déléguée, Mme Christine Ockrent, sur les aspects
relatifs à l'audiovisuel extérieur de la réforme de la
télévision publique.
La commission a alors adopté l'amendement
proposé par le rapporteur.
Enfin, M. Joseph Kergueris, rapporteur pour
avis, a présenté deux amendements visant à modifier l'intitulé
des programmes, l'expression « Audiovisuel extérieur de la
France » étant remplacée par celle d'« Action audiovisuelle
extérieure », de manière à rassurer nos partenaires
francophones.
Après que M. Robert del Picchia eut fait part
de son attachement à la mention de la France, la commission a
adopté ces deux amendements.
Puis la commission a proposé d'émettre un
avis favorable à l'adoption des crédits du programme
« Audiovisuel extérieur de la France » de la mission
« Médias ».
ANNEXE : LISTE DES PERSONNALITÉS RENCONTRÉES PAR
LE RAPPORTEUR POUR AVIS
Mercredi 15 octobre 2008
Mme Laurence Franceschini,
Directrice des médias, Service du Premier
ministre
Jeudi 6 novembre 2008
Mme Victoire Bidegain di Rosa,
conseillère au cabinet de M. Bernard Kouchner,
ministre des Affaires étrangères et
européennes, et M. Richard
Boidin, directeur de l'audiovisuel extérieur au
ministère des Affaires et européennes
Mme Marie-Christine Saragosse,
Directrice générale de TV5 Monde
Mercredi 12 novembre 2008
M. Alain de Pouzilhac,
Président directeur général de la Holding « Audiovisuel
Extérieur de la France » et Mme Christine
Ockrent, Directrice générale déléguée de la
société holding « Audiovisuel Extérieur de la
France »
AMENDEMENTS ADOPTÉS PAR LA
COMMISSION
Amendement n°1
PROJET DE LOI DE FINANCES
ARTICLES DEUXIEME PARTIE
COMPTE DE CONCOURS FINANCIERS
AVANCES A L'AUDIOVISUEL PUBLIC
ARTICLE 37
ÉTAT D
Modifier comme suit les crédits de la
mission :
|
Programmes |
Autorisations
d'engagement |
Crédits de
paiement |
| |
+ |
- |
+ |
- |
|
France
Télévisions |
|
|
|
|
|
ARTE France |
|
|
|
|
|
Radio France |
|
|
|
|
|
Contribution au
financement
d'Audiovisuel Extérieur de la
France |
+ 86 172 400 |
|
+ 86 172 400 |
|
|
Institut national de
l'audiovisuel |
|
- 86 172 400 |
|
- 86 172 400 |
|
Passage à la télévision tout
Numérique |
|
|
|
|
|
TOTAL |
+ 86 172 400 |
- 86 172 400 |
+ 86 172 400 |
- 86 172 400 |
|
SOLDE |
0 |
0 |
OBJET
Cet amendement a pour objet de transférer des
crédits à hauteur de 86 172 400 euros du programme
845 « Institut national de l'audiovisuel » au
programme 844 « Contribution au financement d'Audiovisuel
Extérieur de la France » du compte spécial « Avances
à l'audiovisuel public ».
Le mode de financement actuel de l'Institut
national de l'audiovisuel, organisme public chargé de la
sauvegarde et de l'exploitation du patrimoine audiovisuel
(archivage et numérisation des émissions de radio et de
télévision), par le biais de la redevance audiovisuelle ne
paraît pas justifié. Il semblerait plus logique que cet
organisme, qui n'est pas à une société de radio ou de
télévision, bénéficie d'une subvention de l'Etat.
En revanche, le financement de l'audiovisuel
extérieur de la France repose aujourd'hui très largement sur
une subvention de l'Etat (versée au titre du programme 115
« Audiovisuel extérieur de la France » de la mission
« Médias ») et pour une petite partie seulement par
le biais de la redevance audiovisuelle (cette part étant
auparavant dédiée à Radio France Internationale), alors que
ces crédits sont destinés à des sociétés audiovisuelles,
telles que TV5 Monde, RFI ou France 24.
Il en résulte notamment une plus forte
incertitude sur le montant de la dotation publique, en
particulier dans le contexte budgétaire actuel.
Il paraît donc souhaitable de transférer la
part du financement par le biais de la redevance destinée à
l'INA à la société « Audiovisuel extérieur de la
France », cette part ayant vocation à être entièrement
compensée par un transfert équivalent de la dotation publique
versée à « Audiovisuel extérieur de la France » au
titre du programme 115 de la mission « Médias », qui
fait l'objet d'un autre amendement de votre rapporteur pour
avis.
Amendement n°2
PROJET DE LOI DE FINANCES
ARTICLES DEUXIEME PARTIE
MISSION MEDIAS
ARTICLE 35
ÉTAT B
I. Créer le programme :
« Institut national de
l'audiovisuel
II. En conséquence, modifier comme suit les
crédits de la mission :
|
Programmes |
Autorisations
d'engagement |
Crédits de
paiement |
| |
+ |
- |
+ |
- |
|
Presse |
|
|
|
|
|
Soutien à l'expression
radiophonique locale
|
|
|
|
|
|
Contribution au financement de
l'audiovisuel public |
|
|
|
|
|
Audiovisuel extérieur de la
France |
|
- 86 172 400 |
|
- 86 172 400 |
|
Institut national de
l'audiovisuel (nouveau) |
+ 86 172 400 |
|
+ 86 172 400 |
|
|
TOTAL |
+ 86 172 400 |
- 86 172 400 |
+ 86 172 400 |
- 86 172 400 |
|
SOLDE |
0 |
0 |
OBJET
Cet amendement a deux objets.
Il vise, d'une part, à créer un nouveau
programme intitulé « Institut national de
l'audiovisuel » au sein de la mission
« Médias ».
Il tend, d'autre part, à transférer des
crédits à hauteur de 86 172 400 euros du programme
115 « Audiovisuel extérieure de la France » à ce
nouveau programme « Institut national de
l'audiovisuel ».
Ce transfert de crédits correspond à un
transfert de même montant du programme « Institut
national de l'audiovisuel » au programme
« Contribution au financement d'Audiovisuel Extérieur de
la France » du compte spécial « Avances à
l'audiovisuel public », présenté par votre rapporteur
pour avis dans un autre amendement.
Le mode de financement actuel de l'Institut
national de l'audiovisuel, organisme public chargé de la
sauvegarde et de l'exploitation du patrimoine audiovisuel, par
le biais de la redevance audiovisuelle ne paraît pas justifié.
Il semblerait plus logique que cet organisme, qui n'est pas à
une société de radio ou de télévision, bénéficie d'une
subvention de l'Etat.
En revanche, le financement de l'audiovisuel
extérieur de la France repose aujourd'hui très largement sur
une subvention de l'Etat (versée au titre du programme 115
« Audiovisuel extérieur de la France » de la mission
« Médias ») et pour une petite partie seulement par
le biais de la redevance audiovisuelle, alors que ces crédits
sont destinés à des sociétés audiovisuelles, telles que TV5
Monde, RFI ou France 24.
Il en résulte notamment une plus forte
incertitude sur le montant de la dotation publique, en
particulier dans le contexte budgétaire actuel.
Il paraît donc souhaitable de transférer la
part du financement par le biais de la redevance destinée à
l'INA à la société « Audiovisuel extérieur de la
France », cette part ayant vocation à être entièrement
compensée par un transfert équivalent de la dotation publique
versée à « Audiovisuel extérieur de la France » au
titre du programme 115 de la mission « Médias ». Tel
est l'objet de cet amendement.
Amendement n°3
PROJET DE LOI DE FINANCES
ARTICLES DEUXIEME PARTIE
MISSION MEDIAS
ARTICLE ADDITIONNEL APRES L'ARTICLE
63
Après l'article 63 insérer un article
additionnel ainsi rédigé :
Le Président directeur général et le
directeur général délégué de la société « Audiovisuel
extérieur de la France » rendent compte à intervalles
réguliers devant les commissions des Finances, des Affaires
culturelles et des Affaires étrangères de l'Assemblée
nationale et du Sénat des priorités de leur action et de
l'exécution des dépenses consacrées à l'audiovisuel
extérieur.
OBJET
Cet amendement vise à renforcer le contrôle
parlementaire sur la holding « Audiovisuel extérieur de
la France ».
La société anonyme « Audiovisuel
extérieur de la France » a été créée le 4 avril 2008.
Elle a vocation à regrouper l'ensemble des
participations de l'Etat dans les entités qui composent
l'audiovisuel extérieur français, c'est-à-dire TV5 Monde, RFI
et France 24, afin notamment d'accroître la cohérence et la
visibilité de l'audiovisuel extérieur, ainsi que renforcer les
synergies entre les opérateurs.
L'Etat est seul propriétaire du capital et
les financements dont elle dispose proviennent pour
l'essentiel de dotations publiques votées chaque année par le
Parlement dans le cadre des lois de finances.
Son Conseil d'administration comprend des
représentants des administrations concernées, des
personnalités qualifiées ainsi que des représentants des
salariés.
En revanche, il ne comprend aucun
représentant du Parlement.
La loi prévoit pourtant que des représentants
du Parlement siègent au conseil d'administration de RFI comme
de celui de France Télévisions.
Le projet de loi relatif à la communication
audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision,
actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, prévoit
d'ailleurs de modifier la composition du conseil
d'administration de la société holding en s'inspirant de celle
des autres sociétés nationales de programme, comme France
Télévisions ou Radio France.
Ainsi, il est prévu que le conseil
d'administration de la holding comprenne, outre le président,
treize membres, dont deux parlementaires désignés
respectivement par l'Assemblée nationale et le Sénat.
Votre rapporteur pour avis propose, en outre,
de prévoir un autre système consistant en une audition
régulière devant les commissions compétentes des deux
assemblées des dirigeants de la holding.
Ces auditions permettraient aux dirigeants de
la holding de présenter aux parlementaires les principales
orientations et les objectifs stratégiques assignés à
l'audiovisuel extérieur.
La société « Audiovisuel extérieur de la
France » reposant sur des subventions publiques votées
par le Parlement, il semble également logique que les
dirigeants de la holding rendent compte à intervalles
réguliers de l'exécution des crédits qui leur ont été
confiés.
Le montant des crédits dont elle dispose
n'est pas négligeable puisqu'il s'élève à près de 300 millions
d'euros, dont 233 issus du budget général et 65 issus de la
redevance audiovisuelle.
Amendement n°4
PROJET DE LOI DE FINANCES
ARTICLES DEUXIEME PARTIE
MISSION MEDIAS
ARTICLE 35
ÉTAT B
Rédiger comme suit l'intitulé du
programme 115 « Audiovisuel extérieur de la France »
de la mission « Médias » :
«Action audiovisuelle extérieure »
OBJET
La réforme de l'audiovisuel extérieur a pu
parfois froisser nos partenaires francophones, qui ont eu
souvent le sentiment d'être tenus à l'écart.
Rappelons que TV5 Monde n'est pas une chaîne
française mais une chaîne francophone créée par la France en
partenariat avec les autorités de la Suisse, de la Communauté
française de Belgique, du Canada et du Québec.
Or, le titre du nouveau programme 115 peut
sembler de ce point de vue ambigu puisqu'il s'intitule
« Audiovisuel extérieur de la France ».
Cet amendement vise par conséquent à modifier
l'intitulé de ce programme 115, afin de le remplacer par
l'expression, plus neutre, d'« action audiovisuelle
extérieure ».
Il s'agirait ainsi d'envoyer un message à nos
partenaires francophones afin qu'ils s'engagent clairement
dans la réforme de l'audiovisuel extérieur.
Par souci de cohérence, votre rapporteur pour
avis vous propose aussi, par un autre amendement, de modifier
l'intitulé du programme 844 du compte ce concours de l'Etat
« Avances à l'audiovisuel », qui s'intitulerait
désormais « Contribution au financement de l'action
audiovisuelle extérieure ».
Amendement n°5
PROJET DE LOI DE FINANCES
ARTICLES DEUXIEME PARTIE
COMPTE DE CONCOURS FINANCIERS
AVANCES A L'AUDIOVISUEL PUBLIC
ARTICLE 37
ÉTAT D
Rédiger comme suit l'intitulé du
programme 844 « Contribution au financement d'audiovisuel
extérieur de la France » du compte de concours financiers
« Avances à l'audiovisuel public » :
Contribution au financement de l'action
audiovisuelle extérieure
OBJET
Cet amendement a pour objet de modifier
l'intitulé du programme 844 du compte de concours de l'Etat
« Avances à l'audiovisuel », qui s'intitulerait
désormais « Contribution au financement de l'action
audiovisuelle extérieure ».
Il est directement lié à un autre amendement
qui propose de modifier l'intitulé du programme 115
« Audiovisuel extérieur de la France » de la mission
« Médias », qui s'appellerait dorénavant
« Action audiovisuelle extérieure ».
Par souci de cohérence, il convient également
de modifier l'intitulé du programme 844, qui regroupe les
crédits issus de la redevance audiovisuelle destinés au
financement de l'audiovisuel extérieur.
*
1 « La politique audiovisuelle
extérieure de la France », rapport de M. Francis Balle,
La Documentation française, Paris, 1996
Communication de M. Hubert Védrine,
ministre des Affaires étrangères, sur la politique de
l'audiovisuel extérieur (conseil des ministres du 30 avril
1998).
« Pour une nouvelle stratégie de
l'action culturelle extérieure de la France : de
l'exception à l'influence », rapport n° 91 de M. Louis
Duvernois, présenté le 1er décembre 2004, au nom de
la commission des Affaires culturelles du Sénat.
« L'audiovisuel extérieur :
quels choix pour demain ? », rapport n° 3589
présenté par M. François Rochebloine, au nom de la
mission d'information de la commission des Affaires étrangères
de l'Assemblée nationale, le 17 janvier 2007.
*
2 La liste des personnes entendues
figure en annexe au présent rapport pour avis.
*
3 Dont 18,5 millions d'euros abondés
en cours d'année par décret d'avance |