INTRODUCTION
I –
AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR DE LA FRANCE : UNE HOLDING AU
MILIEU DU GUÉ 7
A – UNE
SOCIÉTÉ EN CONSTRUCTION 7
1. Une
structure opérationnelle 7
2. Un
pilotage politique en suspens 10
B – DES
FILIALES RÉCALCITRANTES 11
1. France
24 : un actionnariat encombrant 11
2. RFI :
un personnel inquiet 13
II –
TV5 MONDE : LES LEÇONS D’UN FIASCO
ANNONCÉ 17
A – DES
PARTENAIRES FRANCOPHONES MALMENÉS 17
B – UN NOUVEAU
DÉPART POUR UNE CHAÎNE D’AVENIR ? 20
CONCLUSION 23
EXAMEN EN
COMMISSION 25
ANNEXE -
Liste chronologique des personnes entendues par votre
rapporteur 33
Mesdames,
Messieurs,
La réforme de
l’audiovisuel extérieur français voulue par le Président de la
République devait mettre fin à vingt ans d’errements.
S’appuyant sur des rapports innombrables, la mission de
concertation et de propositions sur l’audiovisuel extérieur,
animée par des conseillers élyséens, allait enfin parvenir à
rationaliser un secteur en chantier perpétuel.
Force est de
constater que les résultats ne sont à ce jour pas à la hauteur
des promesses. Le « feuilleton » TV5 et les premiers
pas de la société nouvellement créée, la holding
« Audiovisuel extérieur de la France », ne
permettent pas encore de lever les incertitudes qui pèsent
depuis longtemps sur la stratégie audiovisuelle de la France
hors de ses frontières et que la Cour des comptes a
excellemment mises en évidence (1).
2009 sera une
année décisive pour la holding qui devra intégrer ses filiales
aujourd’hui récalcitrantes et mettre en œuvre les
priorités stratégiques qu’elle aura définies avec l’Etat.
2009 sera
également l’occasion de tourner définitivement la page du
fiasco TV5. Confirmant les craintes exprimées par votre
rapporteur l’année dernière, la méthode initialement retenue
pour mener à bien la réforme de l’audiovisuel extérieur de la
France (AEF) a notoirement hypothéqué ses chances de succès.
Face à l’opposition de partenaires francophones malmenés, le
Gouvernement français a dû revoir sa copie sur la place de TV5
dans le nouveau dispositif.
Cet épisode
regrettable a eu pour conséquence d’affaiblir le Gouvernement
français vis-à-vis de ses partenaires étrangers ainsi que de
l’ensemble des acteurs de l’AEF alors qu’il prétendait réussir
là où beaucoup ont échoué.
I – AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR DE LA
FRANCE : UNE HOLDING AU MILIEU DU GUÉ
La holding
« Audiovisuel extérieur de la France » (AEF) est la
partie visible de l’iceberg de la réforme. Créée le 4 avril
2008, la société a vocation à réunir les participations de
l’Etat dans les opérateurs actuels (RFI, France 24,
TV5 Monde), traduisant ainsi la volonté gouvernementale
de rationalisation d’un secteur dont l’éparpillement était
notoire.
En dépit de
l’activisme de ses dirigeants, l’AEF est à ce jour une société
en construction dont les futures filiales se montrent
rétives ; les ambitions affichées semblent se heurter à
des problèmes juridiques qui ont été sous-estimés tandis que
des interrogations stratégiques demeurent sans
réponse.
A – Une société en
construction
Les fondations
de la société Audiovisuel extérieur de la France sont
aujourd’hui posées mais plusieurs points méritent d’être
éclaircis afin de réussir le pari de la holding.
1. Une structure
opérationnelle
a) Les
statuts
La société
Audiovisuel Extérieur de la France (AEF) est une société
anonyme au capital de 37 000 euros, détenue à 100 % par l’Etat
et liée à ce dernier par une convention de subvention signée
le 23 mai 2008.
Regroupant les
participations de l’Etat dans les entités de l’audiovisuel
extérieur, la holding devrait à terme détenir 100 % de RFI et
de France 24, ainsi que 49 % de TV5 Monde. TV5 Monde n’en sera
donc pas une filiale mais un partenaire.
AEF a pour
mission de discuter et mettre en oeuvre la réforme de
l’audiovisuel public extérieur, avec pour objectifs une
politique audiovisuelle extérieure de la France plus
cohérente, une stratégie plus lisible et une amélioration de
l’efficacité de chacun des opérateurs.
Les dirigeants
de la holding, nommés le 24 avril 2008, sont M. Alain de
Pouzilhac, président, directeur général (2) et Mme
Christine Ockrent, directrice générale déléguée. La nomination
de cette dernière a suscité des commentaires étonnés ou
incrédules, en France comme chez nos partenaires, en raison
des liens qui l’unissent à l’actuel ministre des affaires
étrangères. Cette nomination confirme que l’audiovisuel public
français, qu’il soit intérieur ou extérieur, fait l’objet
d’une exception souvent incompréhensible pour les regards
étrangers.
Le conseil
d’administration de la société est actuellement composé comme
suit :
Composition
du conseil d’administration de la société Audiovisuel
extérieur de la France (3)
|
en
qualité de représentants de
l’État |
en
qualité de personnalités choisies en raison de leur
compétence |
|
Mme Anne
Gazeau-Secret, directrice générale de la coopération
internationale et
du développement du ministère des affaires étrangères et
européennes |
M. Alain
Duplessis de Pouzilhac, président directeur général de
l’Audiovisuel Extérieur de la France |
|
M.
Gérard Errera, ambassadeur de France, secrétaire général
du ministère des affaires étrangères et
européennes |
Mme
Christine Ockrent, directrice générale déléguée de
l’Audiovisuel Extérieur de la France |
|
M. Rémy
Rioux, sous-directeur des transports et de l’audiovisuel
à l’Agence des Participations de l’État |
Mme
Hélène Carrère d’Encausse |
|
M.
Emmanuel Hamelin, inspecteur général des affaires
culturelles |
M.
Jean-Michel Goudard |
|
Mme
Laurence Franceschini, directrice du développement des
médias |
M.
Benoit Paumier |
|
M.
Vincent Berjot, sous-directeur au ministère du
budget |
M.
Hubert Védrine |
En matière
d’effectifs, la holding AEF devrait compter une douzaine de
collaborateurs au 31 décembre 2008. L’objectif pour les
prochaines années est de ne pas dépasser une vingtaine de
personnes, dont certaines pourraient provenir des différentes
entités actuelles sans pour autant être remplacées dans leur
poste d’origine.
b) Les
crédits
Une enveloppe
budgétaire de 3,7 millions d’euros a été versée à la holding
AEF au titre de l’exercice 2008 (4).
Pour 2009, la
société est dotée de 233,07 millions d’euros de crédits,
correspondant à la totalité des crédits du programme 115
(Audiovisuel extérieur de la France) de la mission Médias.
Tirant les
conséquences de la création de la holding, les dotations
publiques ne sont plus, à partir de 2009, attribuées société
par société mais font l’objet d’une enveloppe globale confiée
à la société AEF. Cette nouvelle donne se traduit dans la
maquette budgétaire par la fusion des anciens programmes 115
et 116 (5).
Dans le projet
de loi de finances pour 2009, les crédits de l’audiovisuel
extérieur sont désormais réunis au sein du programme 115
renommé « Audiovisuel extérieur de la France » qui
relève du Premier ministre. Les 65,28 millions d’euros de
crédits du programme 844 (6), anciennement
« Radio France Internationale », et aujourd’hui
renommé « Contribution au financement d’Audiovisuel
Extérieur de la France » viennent néanmoins les
compléter.
Désormais, il
appartient à la holding AEF de répartir les crédits entre les
différentes entités. Cette solution ne va pas sans soulever
quelques inquiétudes sur l’équité de traitement des différents
opérateurs. Il convient d’éviter en effet qu’une société,
considérée comme prioritaire par les dirigeants de la holding,
ne vampirise les crédits au détriment des autres.
Cette
préoccupation trouve un écho auprès de la Cour des comptes.
M. Jean Picq, président de la troisième chambre, faisait
ainsi part, lors de son audition par la commission des
finances, d’une inquiétude concernant « le rôle de la
holding dans l’allocation des ressources de chaque entité. Les
instruments de pilotage seront-ils entièrement dirigés vers la
holding, qui serait libre de répartir les ressources publiques
entre ses sociétés filiales, ou les financements de chacune
d’elle seront-ils individualisés dans le programme «
audiovisuel extérieur » ? De la même façon, y aura-t-il un
contrat unique d’objectifs et de moyens au niveau de la
holding ou l’État sera-t-il amené à assigner des objectifs
spécifiques à chaque société ? » (7)
2. Un pilotage politique en
suspens
Le gag
« France Monde »
La mission de
concertation et de propositions sur l’audiovisuel extérieur
avait, dans ses conclusions, insisté sur la nécessité
d’accoler une marque à l’audiovisuel extérieur français. Le
nom de « France Monde » avait été choisi. C’est
ainsi qu’un communiqué de la Présidence de la République
annonçait le 20 février 2008 la création de l’entité France
Monde. Les dirigeants de la holding nouvellement créée
apprendront in extremis que cette marque a déjà été déposée et
que son utilisation coûterait 15 millions d’euros.
Cette
mésaventure ne doit pas empêcher la holding de se doter d’un
nom plus attrayant que le très sage « Audiovisuel
extérieur de la France ».
La question du
pilotage politique de la holding reste posée. Or celle-ci a
toujours été au cœur des
critiques adressées à l’audiovisuel extérieur français. Le
flou actuel sur la responsabilité des orientations
stratégiques souligne le danger de reproduire les erreurs du
passé : l’Etat doit pouvoir opposer un pilotage politique
au pilotage opérationnel de la holding et ne pas se trouver en
situation de faiblesse. La Cour des comptes, par la voix de M.
Jean Picq, partage cette préoccupation :
« Une
seconde inquiétude concerne le pilotage de la holding par
l’État. Si, en effet, le rassemblement de l’ensemble des
subventions de l’État à l’audiovisuel extérieur dans un seul
programme budgétaire – et ce d’autant plus que pourrait être
supprimé le financement de RFI par la redevance – va dans le
sens d’une plus grande lisibilité de la politique et des
financements de l’État, comment seront décidées les
orientations stratégiques, géographiques et linguistiques
? » (8).
Si le
ministère des affaires étrangères et européennes (MAEE) assure
être sollicité pour contribuer à la définition des priorités
régionales ou linguistiques, cette association n’a pas à ce
jour été formalisée. On peut néanmoins remarquer que le MAEE a
perdu la tutelle budgétaire sur l’audiovisuel extérieur.
Quelle sera donc sa place à l’avenir ? Ses responsables
admettent que la forme de la future concertation
interministérielle n’a pas encore été arrêtée de même que les
rapports entre le Gouvernement et la société AEF n’ont pas
encore été définis. La direction du développement des médias
(DDM), responsable du programme 115, a indiqué à votre
rapporteur que ce pilotage pourrait être exercé par le biais
d’un comité ad hoc dont elle serait le chef de file et
qui rassemblerait les différents ministères impliqués dans ce
dossier. L’écueil à éviter demeure cependant la résurrection
d’un éphémère et inerte Conseil audiovisuel extérieur de la
France.
Le projet de
loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau
service public de la télévision, adopté en conseil des
ministres le 22 octobre, devrait apporter des précisions sur
ce sujet notamment.
Il prévoit en
effet de conférer à la holding, en lieu et place de Radio
France internationale, le statut de société nationale de
programme avec les obligations afférentes. Elle devra ainsi
obéir à un cahier des charges et signer avec l’Etat une
convention d’objectifs et de moyens. Les missions de l’AEF
seront donc enfin précisément déterminées alors qu’elles
relevaient jusqu’à présent d’un communiqué de presse de
l’Élysée. M. Alain de Pouzilhac s’était d’ailleurs rapidement
affranchi des conclusions de la mission installée par le
Président de la République, estimant qu’il lui appartenait
plutôt de réparer les dégâts causés par celle-ci.
La composition
du conseil d’administration de l’AEF sera également modifiée
en s’inspirant très largement de celui de France Télévisions
et de Radio France. Le président sera nommé dans les mêmes
conditions que celui de ces deux autres sociétés nationales de
programme, « par décret pour cinq ans après avis
conforme du Conseil supérieur de
l’audiovisuel ».
Cependant, des
incertitudes d’une autre nature perdurent avec ses futures
filiales, RFI et France 24.
B – Des filiales
récalcitrantes
L’actionnariat
de France 24 et la méfiance des personnels de RFI sont
autant d’obstacles à l’intégration aisée des deux filiales
dans la holding.
1. France 24 : un actionnariat
encombrant
Comme
l’indique pudiquement la DDM en réponse à votre rapporteur,
l’organisation capitalistique [de l’AEF] n’est pas achevée. Si
l’obstacle législatif à l’entrée de la holding dans le capital
de RFI a été levé (9), la prise de
contrôle de France 24 s’avère plus complexe.
Détenue à
parité par TF1 et France Télévisions, France 24 ne peut
devenir une filiale de la société AEF sans une réorganisation
capitalistique. En effet, afin de posséder 100 % des
parts de France 24, l’Etat doit au préalable procéder au
rachat des participations des deux actionnaires
actuels.
La Cour des
comptes a fait part de la recommandation suivante sur ce
sujet : « la perspective du changement
d’actionnariat met en lumière le paradoxe d’un montage initial
où la société, bien que financée sur fonds publics, est
néanmoins détenue par des actionnaires qui n’encourent aucun
risque financier réel dans sa gestion. En l’absence – que l’on
peut regretter – d’une clause de retour à l’État de
l’investissement qu’il a ainsi consenti, la Cour souligne la
nécessité que le caractère original du montage d’origine soit
pris en compte lors de son éventuel dénouement d’une façon qui
reflète sa réalité économique et préserve les intérêts
patrimoniaux de l’État. » (10)
Des
négociations ont donc été engagées par l’agence des
participations de l’Etat qui ont rapidement achoppé sur le
montant de la valorisation de la société. TF1 semblait
initialement retenir le chiffre de 90 millions d’euros,
inenvisageable pour l’Etat.
D’après les
informations recueillies par votre rapporteur, ce dossier
semble cependant sur le point de trouver une issue
respectueuse des intérêts patrimoniaux de l’Etat. Les
responsables de TF1 ont ainsi fait savoir qu’ils ne
souhaitaient pas entraver la constitution de la holding. Un
accord pourrait être trouvé dans la prolongation des contrats
de coopération qui permettent aujourd’hui à TF1 de fournir un
certain nombre de prestations à France 24.
France
Télévisions cédera ses parts pour le même montant et verra
donc ses comptes abonder à cette hauteur.
L’avenir de
France 24 au sein de la holding soulève également
quelques questions :
– Quel
est l’impact réel de la chaîne ? Les données disponibles
en matière d’audience ne permettent pas de répondre à cette
question puisque les études réalisées portent principalement
sur la notoriété. La Cour de comptes demande ainsi que
« des critères permettant de juger de la réussite de
la stratégie adoptée par France 24
soient fixés. » (11)
– Les
fonctions antérieures du président de l’AEF vont-elles
accentuer le statut privilégié de la chaîne ? En effet,
France 24 bénéficie déjà d’une exception budgétaire en
vertu de laquelle sa subvention augmente chaque année selon
une indexation prédéfinie. Comment cette exception se traduira
t-elle au sein de la nouvelle structure ? Les 117
millions d’euros contractuels qui devraient être versés en
2009 risquent de grever le budget de l’AEF et de réduire les
marges de manœuvre. Votre
rapporteur renouvelle sa critique sur l’insuffisante
transparence du financement de cette subvention.
– Le
français doit-il rester une langue de diffusion ? L’idée
brièvement émise par le Président de la République d’une
diffusion dans la seule langue française de France 24
paraît contradictoire avec l’objectif de propager les idées
françaises auprès du plus grand nombre. Ce choix
encouragerait, en outre, une concurrence malvenue avec TV5
Monde. La plus value de France 24 réside principalement
dans ses versions anglaise et arabe bien que cette dernière
émette insuffisamment (4 heures par jour).
– Quelle
peut être aujourd’hui la pérennité d’une chaîne d’information
internationale ? L’émergence de nouveaux modes de
consommation ne condamne t-elle pas une télévision construite
sur un modèle ancien ?
2. RFI : un personnel inquiet
« RFI
a fait l’objet d’une moindre attention des pouvoirs
publics » : ce ne sont pas les salariés de Radio
France Internationale (RFI) qui s’expriment ainsi mais le
rapporteur spécial (12). Il confirme
là un sentiment répandu au sein de l’entreprise, celui d’être
mal aimé. M. de Pouzilhac et Mme Ockrent, respectivement
président directeur général et directrice générale déléguée
depuis le 30 juin et le 3 juillet dernier, auront fort à faire
pour gagner la confiance du personnel.
Le constat sur
RFI est unanime : si la qualité des programmes et
l’expertise des journalistes de la « radio du
monde » sont saluées, les pesanteurs syndicales sont
accusées d’empêcher toute tentative de réforme. Cependant, les
représentants de l’Intersyndicale, rencontrés par votre
rapporteur, se disent prêts à participer à une réforme qui
respecte l’identité de « radio de journalistes »
internationale de RFI.
Les
interlocuteurs de votre rapporteur désignent majoritairement
la réforme des langues comme la clé de la modernisation de
RFI.
RFI émet en
français et en 19 langues étrangères dans lesquelles elle
diffuse deux cent vingt heures vingt minutes par semaine
d’informations et de magazines, hors filiales.
nombre
d’heures de programmes en langues étrangères
|
albanais
5h |
Anglais
33h30 |
Allemand
12h |
cambodgien
7h |
|
chinois
21h |
espagnol
28h |
haoussa
14h |
laotien
2h30 |
|
persan
10h30 |
polonais
7h |
Portugais
12h |
Brésilien
12h |
|
roumain
16h20 |
russe
14h |
serbe et
croate 11h30 |
vietnamien
14h |
Source :
rapport d’activité 2007-2008
Une
restructuration des rédactions suppose au préalable d’évaluer
leur valeur ajoutée dans chacune de ces langues. A cet égard,
les salariés de RFI pointent le risque d’uniformiser des
rédactions qui défendent chacune une ligne éditoriale ;
ils mettent ainsi en garde contre la tentation de transformer
les journalistes en simples traducteurs.
Le réexamen de
la politique de langues étrangères doit s’appuyer sur la
définition de priorités géographiques mais aussi stratégiques.
D’une part, il s’agit de se donner les moyens d’évaluer le
potentiel et les attentes des auditeurs dans chaque zone ainsi
que de déterminer le mode de diffusion le plus pertinent.
D’autre part, les éventuelles économies qui résulteraient
d’une rationalisation des langues doivent être investies dans
le développement de RFI.
D’ores et
déjà, les dirigeants de RFI ont annoncé fin octobre au comité
d’entreprise leur intention de supprimer, faute d’audience, la
diffusion des programmes en six langues (allemand, albanais,
polonais, serbo-croate, turc et laotien), tandis que trois
autres langues (persan, chinois et russe) n’existeront plus
que sur internet. Cette décision, qui doit être précisée le 20
novembre prochain, a suscité l’envoi d’une lettre de
protestation au Président de la République par les directeurs
de ces rédactions.
RFI est
actuellement confrontée à une chute d’audience sur la gravité
de laquelle direction et salariés ne semblent pas s’accorder,
à l’exception des performances médiocres de Monte Carlo
Doualiya.
Cette
divergence met en lumière l’insuffisance des outils d’analyse
d’audience, qualitative et quantitative. Il serait souhaitable
que la société holding se dote d’un service d’études et y
consacre les moyens nécessaires. Il est, en effet, impensable
que la définition de priorités géographiques de chaque média
ne s’appuie pas sur des études analysant pour chaque zone les
potentialités. La capacité d’expertise fait d’ailleurs défaut
pour les trois opérateurs de l’audiovisuel extérieur.
La place
qu’occupe RFI en Afrique semble justifier pour de nombreux
responsables le recentrage de la radio sur l’Afrique. Ce
projet repose sur la volonté de consolider la présence de RFI
en Afrique et d’y développer ses potentialités (notamment au
Nigéria, Ghana ou Afrique du Sud) ; l’investissement dans
les langues locales – ainsi que dans l’anglais et le portugais
pour d’autres pays – ne pourrait alors être
contesté.
répartition
géographique de l’audience radio globale du Groupe
RFI
(en
millions d’auditeurs)
|
Afrique |
27,5 |
|
Proche-Orient,
Moyen-Orient et Maghreb |
10,5 |
|
Amériques. |
4,2 |
|
Europe
|
2,2 |
|
Asie et
Océanie |
1,7 |
Source :
rapport d’activité 2007-2008
La présence de
RFI sur Internet est un autre sujet de préoccupation. Le
rapporteur spécial souligne ainsi « la faible
imprégnation de la culture Internet parmi les journalistes de
RFI ». Votre rapporteur ne partage pas cette analyse
considérant que les moyens consacrés à Internet ont jusqu’à
présent été insuffisants.
Dans la
réflexion qui s’engage, votre rapporteur souhaite rappeler le
rôle primordial de la radio et l’avenir encore assuré de
celle-ci. Alors qu’Internet et dans une moindre mesure la
télévision semblent recueillir toute l’attention
des dirigeants
de l’AEF, il importe de ne pas délaisser ce media pour l’heure
irremplaçable dans de nombreuses régions du monde.
2009 fait donc
figure de tournant pour l’avenir de RFI. La radio peut
démentir sa mauvaise réputation en faisant sienne une réforme
qui lui donnerait les moyens de consolider ses atouts que sont
la qualité de ses journalistes et de ses correspondants ainsi
que sa vocation à expliquer le monde. Les perspectives de
synergies avec France 24 ne semblent pas dans ce cadre
aussi nombreuses qu’annoncées.
II – TV5
MONDE : LES LEÇONS D’UN FIASCO ANNONCÉ
Pour avoir
oublié la singularité de TV5 Monde, la France, aveuglée par sa
volonté de rationalisation de l’audiovisuel extérieur
français, a subi les foudres de ses partenaires francophones.
Une double
erreur de méthode et d’appréciation est à l’origine de
l’épisode mouvementé qu’a connu la chaîne. L’occultation de
ses deux caractères essentiels fait ainsi figure de péché
originel : TV5 est une chaîne francophone et non pas
française, d’une part et une chaîne multilatérale et non pas
nationale, d’autre part.
Afin d’apaiser
ses partenaires qui avaient le sentiment d’être
« méprisés », la France a revu sa copie et donné des
gages sur la gouvernance et le financement de TV5.
La crise
aujourd’hui surmontée, les partenaires francophones font
preuve d’un optimisme prudent tandis que les radiodiffuseurs
français témoignent une certaine amertume. La France se trouve
quant à elle affaiblie par les garanties qu’elle a apportées à
ses partenaires. Néanmoins, cette crise peut être une
opportunité que doivent saisir les acteurs du dossier pour
faire de TV5 le projet le plus porteur du XXIème
siècle (13).
A – Des partenaires francophones
malmenés
« Ratage
complet », « arrogance », « manque de
professionnalisme », ces mots choisis témoignent des
traces laissées par la tentative de réforme imaginée par
M. Georges-Marc Benamou, ancien conseiller du Président
de la République, en charge de la culture et de
l’audiovisuel.
Si les
partenaires francophones de TV5 comprenaient la volonté de
réforme de l’audiovisuel extérieur français affichée par la
France, ils redoutaient que celle-ci ne remette en cause
l’originalité de TV5.
Ils avaient
ainsi identifié ses cinq éléments constitutifs et donc
intangibles : chaîne multilatérale, généraliste,
dotée d’une autonomie de gouvernance, à couverture mondiale en
matière de diffusion et reflétant la programmation des chaînes
partenaires.
TV5
Monde
Née en 1983 de
la coopération de radiodiffuseurs publics francophones réunis
au sein d’un groupement d’intérêt économique, TV5 Monde est
dotée depuis 1990 d’un statut de société anonyme.
TV 5 Monde est
une filiale de France Télévisions, ARTE et l’INA, mais aussi
de la RTBF (Belgique), la SSR (Suisse) et de Radio Canada et
Téléquebec (Canada).
Depuis 2005,
une « Charte fixant les missions principales et le cadre
institutionnel de TV5 » précise le rôle et la composition des
différents organes décisionnels de TV5. Coexistent un organe
statutaire, le conseil d’administration, et un organe
intergouvernemental, la conférence des ministres.
Précédée d’une
« réunion des hauts fonctionnaires », la conférence des
ministres, regroupant les ministres responsables des
différents gouvernements bailleurs de fonds, se réunit tous
les deux ans.
S’agissant de
TV5 Monde, la Charte prévoit que siègent au conseil
d’administration les radiodiffuseurs de la France (six
sièges), de la communauté francophone de Belgique (un siège),
de la Suisse (un siège), du Canada et du Québec (un siège en
alternance ainsi qu’un poste d’observateur, également en
alternance).
Le conseil
d’administration « approuve le plan stratégique avant de
le soumettre à la Conférence des ministres. Il s’assure
également de la mise en œuvre des
orientations et des paramètres généraux de la programmation de
la chaîne. »
Les
actionnaires sont les chaînes partenaires de TV5 Monde. Outre
leur participation au capital, ces chaînes fournissent des
programmes libres de droits destinés à être diffusés par TV5
Monde.
A la
répartition du capital correspond celle des financements
théoriques des partenaires : la France, via ses opérateurs
audiovisuels, détient 66,5 % du capital et les Etats
partenaires, via leurs chaînes de télévision, en détiennent
chacun 1/9 soit 11,11 %. Les contributions budgétaires des
Etats aux frais communs de la société sont calculées selon
cette même proportion.
Schématiquement,
les ressources budgétaires de TV5 Monde se composent d’environ
10 % de ressources propres et 90 % de contributions des Etats
partenaires versées soit directement, soit par l’intermédiaire
d’un opérateur audiovisuel actionnaire de TV5
Monde.
Les dépenses
de TV5 Monde pour 2006 s’élèvent à 91 millions d’euros. 10,5
millions sont financés sur fonds propres tandis que la France
contribue à hauteur de 66,8 millions d’euros.
En dépenses,
une distinction très nette est faite au sein du budget de TV5
Monde entre des frais dits « communs » et des frais dits
« spécifiques ». Les frais communs correspondent à
la part du budget dont le financement est assuré conjointement
par tous les partenaires en proportion de leur participation
au capital. Par opposition, les frais spécifiques
correspondent à des dépenses dont le financement n’est pas
partagé et est assuré par l’un des partenaires. En 2007, les
frais communs représentaient 40,15 millions d’euros et les
frais spécifiques 45,57 millions d’euros dont 42,7 millions
d’euros à la charge de la France.
La chaîne se
compose d’un ensemble de sept signaux émis depuis Paris vers
autant de zones géographiques : FBS (France, Belgique Suisse)
; Europe ; Orient ; Asie ; Afrique ; Etats-Unis ; Amérique
latine. S’y ajoute le signal Québec-Canada, géré par une
société dédiée indépendante de TV5 Monde, TV5
Québec-Canada.
Elle peut être
reçue par plus de 179 millions de foyers dans plus de 203
pays. Elle est ainsi l’un des trois plus grands réseaux
mondiaux de télévision, aux côtés de MTV et CNN.
La prestation
de M. Georges-Marc Benamou, lors de la conférence de
Lucerne de novembre 2007, a marqué les esprits. Elle n’en a en
aucun cas rassuré sur les intentions françaises.
Les
partenaires ne pouvaient accepter que TV5 se retrouve à
l’issue de la réforme sous l’autorité directe de la nouvelle
entité créée par les autorités françaises regroupant les
opérateurs de l’audiovisuel extérieur (la holding
AEF).
Restait à
trouver un équilibre entre les objectifs de la réforme
française et les attentes des partenaires
francophones.
Les
partenaires ont donc convenu que TV5 serait un partenaire et
non une filiale de la holding. Un accord est également
intervenu sur la recomposition du capital : la
participation des partenaires francophones est maintenue à son
niveau actuel (33 %) tandis que la participation
française au titre de la holding est ramenée à 49 %, donc
inférieure au seuil majoritaire.
Le tableau
ci-dessous fait apparaître la répartition du capital entre les
actionnaires jusqu’à présent et en vertu de la réforme
:
actionnariat
de TV5 Monde
| |
Avant la
réforme |
Après la
réforme |
|
France
Télévisions |
47,38
% |
12,58 % |
|
Arte
France |
12,50
% |
3,29
% |
|
INA |
6,61
% |
1,74
% |
|
SAEF |
0 % |
49 % |
|
RTBF
(Communauté Française de Belgique) |
11,11
% |
Sans
changement |
|
SSR
(Suisse Romande) |
11,11
% |
Sans
changement |
|
Radio-Canada |
6,67
% |
Sans
changement |
|
Télé
Québec |
4,44
% |
Sans
changement |
|
Total
partenaires francophones |
33,33 % |
Sans
changement |
|
Personnes
physiques |
0,18 % |
0,06 % |
Source :
Direction du développement des médias
Alors que le
Canada préside pour deux ans la conférence des ministres, la
prochaine Conférence fin novembre à Vancouver sera l’occasion
de mettre en œuvre l’accord
intervenu entre les partenaires.
Un projet
d’entente, formalisant l’accord, doit y être soumis aux
ministres des gouvernements partenaires, en même temps que le
projet de plan stratégique de TV5 Monde pour les années
2009-2012.
Les
principales dispositions du projet d’entente sont les
suivantes :
– préserver le
caractère multilatéral de TV5 Monde ;
– faire
évoluer la gouvernance de l’entreprise : la fonction de
président du conseil d’administration de TV5 Monde est confiée
au président-directeur général de la holding Audiovisuel
Extérieur de la France tandis que celle de directeur général
est confiée à un Français, Mme Marie-Christine Saragosse,
nommée le 29 avril 2008, sans affiliation à cette holding
;
– étudier
les modalités d’un rééquilibrage des financements de
TV5 Monde par les partenaires non français.
Parallèlement, l’évolution de la programmation de la chaîne
afin d’assurer une meilleure exposition des émissions de
l’ensemble de la francophonie en particulier des pays du Sud
est également envisagée ;
La France
s’était émue de la faible participation des partenaires au
financement de TV5. Les responsables canadiens ont annoncé par
la voix du Premier ministre, M. Stephen Harper, l’augmentation
de leur contribution (14). Les
autorités suisses semblent également prêtes à revoir leur
capacité financière.
– réaliser
conjointement avec la holding AEF des études ayant pour objet
la mise en commun de certaines fonctions horizontales avec
France 24 et RFI, soumises à l’approbation des conseils
d’administration des deux sociétés.
Les
responsables canadiens et suisses rencontrés par votre
rapporteur ont souligné leur vigilance quant aux suites
données à ce psychodrame mais ont néanmoins fait part de leur
confiance dans l’avenir de TV5.
B – Un nouveau départ pour une chaîne
d’avenir ?
Les
partenaires canadiens n’hésitent pas à qualifier TV5 de
« plus bel outil que la francophonie s’est donnée »
ou de « cas unique dans le paysage audiovisuel
mondial » tandis que la France porte sur elle un regard
mitigé.
Les acteurs
canadiens du dossier insistent sur leur attachement à ce
qu’ils nomment « l’esprit de la francophonie ». Hors
de France, la francophonie ne se résume pas au partage de la
langue française mais à l’existence de valeurs communes au
premier rang desquelles la tolérance et la diversité
culturelle. En outre, TV5 représente un soutien pour les
francophones dans les pays où ils sont minoritaires. Les
Français vus des pays francophones semblent indifférents à la
francophonie ce qui les conduit à « sous-estimer la
grandeur de TV5 ».
Au terme de
cette aventure, la France sort donc affaiblie et son image
dégradée. En revanche, TV5 et ses actionnaires francophones
semblent revigorés.
– Les
partenaires ont profité des maladresses françaises pour faire
valoir leurs demandes : un renforcement de la présence
des programmes des radiodiffuseurs francophones sur TV5 Monde.
Les radiodiffuseurs canadiens s’interrogent en effet avec
franchise sur l’opportunité de travailler avec des chaînes
privées qui offriraient une meilleure exposition de leurs
programmes que TV5.
Les
partenaires regrettent également la faible continuité de la
gouvernance que provoque l’instabilité gouvernementale
française.
– L’affaiblissement
français se traduit par le risque d’un désengagement de France
Télévisions, son rôle étant aujourd’hui réduit à la portion
congrue.
Alors que
France Télévisions voit sa participation dans TV5 Monde
considérablement diminuée (passant de 47,38 à 12,58 %),
ses dirigeants s’interrogent légitimement sur la gratuité des
programmes que le groupe fournissait jusqu’à présent à TV5.
Dès lors que le poids de France Télévisions diminue, l’effort
consenti – 23 000 heures de programmes fournis chaque
année – pourrait être remis en question.
Plusieurs
interlocuteurs de votre rapporteur – notamment canadiens et
suisses – ont fait part de leur confiance dans l’avenir d’une
chaîne multilatérale et plus encore supranationale. La
mondialisation plaide, selon eux, en faveur d’un modèle
dépassant les Etats-nations. Sur ce plan, TV5 possède un
avantage concurrentiel puisque la chaîne fait figure de
précurseur. Ces mêmes interlocuteurs considèrent que le projet
pour TV5 manque d’ambitions. Faire de TV5 la chaîne des
réalités culturelles multinationales suppose de définir un
projet politique, dégagé des contraintes institutionnelles ou
administratives, et qui s’affranchisse du modèle de télévision
d’assemblage actuel.
TV5 peut déjà
s’appuyer sur les atouts suivants :
- un
réseau de distribution exceptionnel
- une marque
forte ; selon l’expression d’une personne entendue par
votre rapporteur, « il faut continuer à miser sur la
marque et améliorer le produit »
- un
site Internet très fréquenté, notamment en raison des outils
linguistiques et pédagogiques mis à
disposition
Dans son
développement futur, TV5 devra cependant surmonter plusieurs
obstacles au premier rang desquels le rééquilibrage financier
entre partenaires et la tension sur l’achat de
programmes.
« TV5
a des capacités insoupçonnées pour jouer un rôle de premier
plan face aux enjeux majeurs de la planète, en favorisant la
cohabitation des cultures. » Votre rapporteur espère
que cette analyse qu’il partage convaincra les dirigeants de
l’AEF de revoir leurs priorités et de miser véritablement sur
TV5 Monde.
Le cas TV5
Québec Canada
TV5 Québec
Canada est une entreprise canadienne indépendante, qui gère
pour le Canada le signal de TV 5 Monde. Financée à
85 % sur fonds propres, elle reçoit 1,8 million d’euros
de subvention du Québec et du Canada. RadioCanada et
Téléquébec siègent à son conseil d’administration.
La chaîne,
diffusée exclusivement au Canada, ne propose pas les mêmes
programmes que TV5 Monde sur ses autres signaux mais les
choisit parmi l’offre des radiodiffuseurs partenaires de TV5
Monde avec une obligation de 15-20 % de programmation
canadienne.
TV5 Québec
Canada est un concurrent direct de RadioCanada et de
Téléquébec qui lui fournissent pourtant par l’intermédiaire de
TV5 Monde des programmes gratuitement.
La chaîne
généraliste recueille une part de marché quotidienne maximale
de1,4 %.
La migration
prochaine vers la haute définition de la diffusion au Canada
nécessitera un investissement conséquent. TV5 Monde sera
également confronté à ce coûteux virage
technologique.
Selon
plusieurs sources, TV5 Québec Canada devrait être une
déclinaison de TV5 Monde qui viendrait compléter l’offre
publique canadienne plutôt qu’une entité autonome. Ce choix
permettrait d’augmenter les moyens consacrés à TV5 Monde et en
conséquence d’obtenir une meilleure visibilité des programmes
canadiens en profitant d’un réseau de distribution.
CONCLUSION
La réforme de
l’audiovisuel extérieur aura apporté, si besoin en était, une
nouvelle preuve de l’exception française en matière de
médias.
D’une part,
l’absence de l’opérateur de l’audiovisuel public national dans
le dispositif de l’audiovisuel extérieur distingue la France
de ses concurrents dans le paysage médiatique international.
D’autre part, l’indépendance de la holding Audiovisuel
extérieur de la France, déjà compromise par les circonstances
de sa naissance, est encore mise en doute lorsque les liens de
ses dirigeants avec le pouvoir exécutif sont
avérés.
La perte
d’influence du ministère des affaires étrangères, le tropisme
télévisuel des dirigeants de la holding ainsi que les
incertitudes budgétaires sont autant de motifs supplémentaires
d’inquiétude pour l’avenir.
La tentative
de regrouper les forces de l’AEF est certainement louable.
Mais elle doit d’abord reposer sur une vision claire des
enjeux stratégiques et du rôle de chacun avant d’être une
affaire de meccano institutionnel. Cette vision fait défaut
aujourd’hui. Ce manque de clairvoyance est à l’origine des
mécomptes rencontrés par la France dans TV5 Monde en 2008,
souhaitons qu’il soit surmonté dans les mois qui
viennent.
EXAMEN EN COMMISSION
La commission
des affaires étrangères a entendu, en commission élargie à
l’ensemble des députés, Mme Christine Albanel, ministre de la
culture et de la communication, sur les crédits de la mission
«Médias» pour 2009, au cours de sa séance du mercredi 29
octobre 2008.
M. Patrice
Martin-Lalande, président, rapporteur spécial de la
Commission des finances, de l’économie générale et du
plan, pour la mission « Médias », le compte
d’affectation spéciale « Gestion et valorisation des
ressources tirées de l’utilisation du spectre hertzien »
et le compte de concours financiers « Avances à
l’audiovisuel ». Madame la ministre de la
culture et de la communication, je suis heureux de vous
accueillir, avec M. Pierre Méhaignerie, président de la
Commission des affaires culturelles, familiales et sociales,
et M. Axel Poniatowski, président de la Commission des
affaires étrangères. Je suis chargé d’excuser M. Didier
Migaud, président de la Commission des finances, de l’économie
générale et du plan, et M. Gilles Carrez, rapporteur
général.
Nous sommes
réunis en formation de commission élargie afin de vous
entendre sur les crédits consacrés à la mission
« Médias » et aux comptes spéciaux associés, dans le
projet de loi de finances pour 2009.
[…]
Les
rapporteurs de nos trois commissions sont aujourd’hui :
M. Christian Kert, rapporteur pour avis de la Commission
des affaires culturelles, pour la mission
« Médias » ; M. Didier Mathus, rapporteur
pour avis de la Commission des affaires étrangères, pour le
programme « Audiovisuel extérieur de la France »,
moi-même étant rapporteur spécial de la Commission des
finances, de l’économie générale et du plan, pour la mission
« Médias », le compte d’affectation spéciale
« Gestion et valorisation des ressources tirées de
l’utilisation du spectre hertzien » et le compte de
concours financiers « Avances à
l’audiovisuel ».
[…]
M. le
président Axel Poniatowski. La Commission des
affaires étrangères s’intéresse de près à la question de
l’audiovisuel extérieur, au sujet de laquelle elle a rédigé un
certain nombre de rapports.
L’année 2009 a
été décisive pour la mise en œuvre de la
réforme de l’audiovisuel extérieur engagée par le Président de
la République.
Je me félicite
que le Gouvernement soit pratiquement parvenu à résoudre la
crise que TV5 a connue ces derniers mois. L’attachement des
francophones à cette chaîne a pu être mesuré récemment. En
contrepartie des garanties obtenues en matière de gouvernance,
nos partenaires francophones s’apprêtent-ils à accroître leur
contribution financière, comme cela avait été
annoncé ?
La langue
française doit être le véhicule naturel des idées françaises.
C’est pourquoi je plaide pour le renforcement de la couverture
en français de France 24. Personnellement, même si je
suis conscient que ma position est minoritaire, je ne vois pas
quel intérêt représentent les émissions diffusées sur cette
chaîne en anglais ou en arabe.
S’agissant de
la grande réforme en gestation, il me semble qu’un recentrage
de RFI sur l’Afrique et le Maghreb aurait davantage d’avenir
qu’une espèce de complémentarité avec la télévision.
Pouvez-vous nous en dire davantage à propos des évolutions que
vous envisagez pour RFI ?
Je rappelle
que, à l’issue de cette réunion, les membres de la Commission
des affaires étrangères se prononceront sur les crédits de la
mission « Médias ».
M. Patrice
Martin-Lalande, président et rapporteur
spécial. Le domaine des médias illustre bien la
volonté du Président de la République de mener des réformes
tous azimuts, conformément à ce qu’il avait annoncé au cours
de la campagne électorale.
Trois secteurs
font ainsi l’objet de réformes d’une ampleur sans
précédent : l’audiovisuel extérieur, qui évolue enfin,
France Télévisions, mais aussi la presse écrite, grâce à
l’organisation des états généraux de la presse. Seul le
secteur de la radio semble rester l’écart de ce mouvement – à
ceci près que RFI fait partie de l’audiovisuel extérieur et
que la radio numérique sera lancée en 2009.
[…]
Je vous
rappelle que j’ai remis un rapport d’information sur
l’audiovisuel extérieur en juillet dernier, après avoir fait
le point sur la situation avec la Cour des comptes, en
compagnie du président de la Commission des finances. Sans
revenir sur l’ensemble du rapport, j’aimerais vous interroger,
madame la ministre, sur certaines des difficultés que nous
avions mises en avant.
La première
concerne l’insuffisance actuelle de pilotage politique, qui
résulte de l’empilement des structures, de la multiplicité des
autorités de tutelle et de l’absence de coordination entre les
parties prenantes. Pouvez-vous nous dire quelles solutions ont
été retenues pour remédier à cette situation ?
Sans pilotage
politique, notre action ne saurait être efficace dans ce
domaine, comme dans d’autres. La réforme en cours démontre
qu’il existe aujourd’hui une volonté politique, mais il faut
veiller à la pérenniser.
Comme j’ai eu
l’occasion de le rappeler à M. Alain de Pouzilhac et à
Mme Christine Ockrent, que j’ai rencontrés à plusieurs
reprises depuis le mois de septembre, il n’appartiendra pas au
conseil d’administration de la nouvelle holding de
définir la politique de notre pays dans ce domaine. Nous avons
besoin d’un autre niveau de décision, de nature
politique.
D’autre part,
nous avons cru comprendre qu’un accord était sur le point
d’être signé à propos des conditions de sortie des partenaires
actuels – TF1, mais aussi France Télévisions – hors du capital
de France 24. Pouvez-vous le confirmer ?
Une autre de
mes interrogations porte sur l’évolution des crédits prévus
pour l’audiovisuel extérieur. Il faut naturellement espérer
que les synergies à venir permettront de faire plus et mieux à
crédits constants – c’est d’ailleurs l’un des objectifs de la
réorganisation actuelle. Toutefois, l’augmentation des crédits
– 0,8 % – me semble bien faible. J’espère que nous n’en
resterons pas là au cours des années suivantes.
[…]
M. Didier
Mathus, rapporteur pour avis de la Commission des affaires
étrangères, pour le programme « Audiovisuel extérieur de
la France ». L’audiovisuel extérieur
français a été l’objet d’une réforme lancée avec fracas par le
conseiller élyséen M. Benamou pour un succès au bout du
compte assez nuancé. L’objectif initial était d’en souder les
trois composantes : TV5 Monde, RFI et France 24,
mais il a d’abord fallu se faire à l’idée que TV5 Monde
ne pouvait être un morceau de l’opérateur national.
Nos
partenaires francophones se sont froissés, pour le moins, de
notre comportement dans cette affaire et, à l’arrivée, la
position de la France dans TV5 Monde est plus
inconfortable qu’au départ. Pour le reste, une holding va
gérer les participations de France 24 et de RFI avec
l’objectif de déployer des synergies, certes toujours
souhaitables mais en l’occurrence quelque peu difficiles à
trouver entre une radio à l’utilité toute particulière en
Afrique et une télévision d’information – au format d’ailleurs
peut-être déjà obsolète à l’heure d’Internet. On manque
d’éléments pour apprécier l’impact de France 24 et il est
quasiment impossible de mesurer son audience réelle, mais je
ne suis pas sûr, même si l’idée d’une télévision à vocation
internationale est intéressante a priori, que le format
retenu soit le bon.
Voilà une
réforme au milieu du gué, dont nous avons compris qu'elle
visera seulement France 24 et RFI, avec des objectifs
incertains. Il peut en effet s'avérer hasardeux
d'instrumentaliser, dans une vision préformatée, une rédaction
aussi particulière que celle de RFI.
Ainsi ce
paysage audiovisuel international ne constitue-t-il pas
vraiment un succès. Plusieurs maladresses ont émaillé la
constitution du pôle, comme la nomination de l'épouse du
ministre des affaires étrangères à sa tête ou la substitution
au nom de France Monde – déjà déposé ! – du peu
attractif acronyme « AEF ».
Le mécanisme
retenu pour la répartition des ressources entre les différents
partenaires n'est pas convaincant : comment penser que
RFI ne sera pas négligé par une holding dont les dirigeants ne
sont autres que M. de Pouzilhac et
Mme Ockrent ?
Pouvez-vous
donner des précisions sur l'actionnariat de France 24,
pour le moins baroque à l'origine ? Il semble que TF1,
pour en sortir, empochera une plus-value colossale : on a
évoqué jusqu'à 90 millions d'euros pour une mise de fonds
de départ de 17 500 euros. Même s'il faut se réjouir
que, grâce au parallélisme des formes, France Télévisions ne
fasse pas une mauvaise affaire, cela ne manque pas de nous
interroger.
Précisément,
l'absence de l'opérateur national dans le dispositif AEF pose
question. Les ressources considérables du service public ne
sont pas utilisées. La participation de France Télévisions
dans TV5 Monde passe à 12 %, au point que ses dirigeants
s'interrogent légitimement sur la nécessité de continuer à
fournir gratuitement des programmes à cette chaîne.
Enfin, Nicolas
Sarkozy a promu l'idée curieuse, pour une chaîne censée
s'adresser à des étrangers, que France 24 devait parler
exclusivement en français. Même si des versions arabe et
anglaise sont prévues, un tel choix place France 24 sur
le même créneau que TV5, ce qui induit une concurrence
frontale, notamment dans le domaine de la
distribution.
Personne n'a
souhaité l'immobilisme, mais il faut bien constater que ce
dispositif, bancal au départ, ne s'est pas
amélioré.
M. le
président Axel Poniatowski. Compte tenu de la durée
de cette réunion, la Commission des affaires étrangères se
prononcera sur le programme « Audiovisuel extérieur de la
France » lors d'une réunion ultérieure.
[…]
Mme
Christine Albanel, ministre de la culture et de la
communication. Vous l’avez souligné, nous sommes
dans une période de mutation, tant dans l’audiovisuel que dans
la presse.
[…]
En ce qui
concerne l’audiovisuel extérieur, M. Martin-Lalande a vu
juste. Nous avons certes traversé une période de refondation
mais, contrairement a ce que pense M. Mathus, la
situation ne s’aggrave pas, au contraire. L’audiovisuel
extérieur est, en effet, bien financé, alors même qu’il
souffrait jusqu’ici d’un manque de synergies. La
holding contribuera à changer la donne en détenant
100 % des parts de RFI et de France 24, mais également
49 % de TV5 Monde, 17 % de France Télévisions, INA
et Arte, et 33 % des chaînes francophones. Cette
association plus étroite me semble de très bon augure. Alain
de Pouzilhac, président exécutif de RFI, présidera bien
entendu France 24 et c’est Marie-Christine Saragosse,
appréciée de tous, qui préside TV5. La gestion de
l’audiovisuel extérieur a par ailleurs été transférée à la
direction du développement des médias – laquelle sera associée
au ministère de la culture –, mais le programme
« Audiovisuel extérieur de la France » au sens
strict sera directement placé sous l’autorité du Premier
ministre avec un conseil réunissant les représentants des
ministères des affaires étrangères, de la culture et de
l’économie. Le retrait de TF1 de la chaîne d’informations en
continu est en négociation. L’investissement initial de la
chaîne était de 18 000 euros ; elle réclame
aujourd’hui 90 millions mais, assurément, elle obtiendra
infiniment moins, même si des accords de fourniture de
programmes seront passés. Ainsi, la gouvernance de l’ensemble
sera grandement clarifiée.
En ce qui
concerne RFI, l’idée est de se recentrer sur les langues et
les zones géographiques les plus porteuses. En effet, alors
qu’existent à Paris des rédactions en allemand, serbo-croate
ou polonais, les enquêtes révèlent un taux d’écoute
extrêmement faible dans les pays concernés. Il est donc plus
intéressant de supprimer certaines langues et de se concentrer
sur l’Afrique, où les enjeux sont considérables. Par ailleurs,
des synergies pourront être trouvées entre RFI et
France 24. Ainsi, cette dernière voulait absolument
augmenter ses émissions en langue arabe, sans toutefois
parvenir à trouver les financements nécessaires. Or RFI
dispose de rédactions en langue arabe remarquables. La réunion
de l’ensemble permettra donc des synergies
intéressantes.
Je ne partage
pas l’avis de M. Poniatowski, selon lequel France 24
devrait diffuser en Français.
On pourrait
dire que TV5 est une chaîne francophone, et France 24 une
chaîne francophile.
M. Jacques
Myard. Cela n’a rien à voir !
[…]
Mme la
ministre. France 24 n’est pas destinée à porter
la voix de la France, mais à transmettre un regard, une
approche spécifique. Et il est très important qu’elle le fasse
en arabe ou en anglais. Si vous commentez les événements qui
se déroulent à Bagdad, votre discours aura plus d’impact en
arabe qu’en français.
M. Jacques
Myard. Ce n’est pas vrai !
M. Jacques
Myard. On finance des programmes et la
télévision : comment est-il possible que des chaînes
diffusent le supplément hebdomadaire en langue étrangère d’un
quotidien du soir ? Celui-ci devrait rembourser à l’État
le coût de cette diffusion de la presse américaine
hebdomadaire.
En ce qui
concerne les programmes, je suis frappé par la naïveté des
télévisions françaises par rapport aux chaînes étrangères,
comme la BBC. France Info ne cesse de faire de la publicité
pour des groupes de rap anglo-saxons, alors qu’elle pourrait
promouvoir des groupes reggae de banlieue. A-t-on affaire à
des cerveaux lavés ?
Je ne
comprends pas l’idée d’une fusion en ce qui concerne la chaîne
internationale. La radio n’est pas la télévision. L’instrument
RFI doit être préservé.
Il n’est pas
possible de dire que France 24 ne doit pas diffuser en
français du fait de l’existence de TV5.
Mme la
ministre. Je n’ai pas dit cela !
M. Jacques
Myard. Je vous ai donc mal comprise et j’en suis
rassuré.
TV5 est une
sorte d’équivalent télévisuel de France Culture. Il faut
développer France 24, en langue française, anglaise,
arabe, où il va falloir monter en puissance, et en chinois,
langue à laquelle il va falloir s’intéresser. C’est un outil
qui fait son trou, et il va falloir le développer.
[…]
Mme la
ministre. Monsieur Myard, l’existence d’un petit
supplément hebdomadaire en anglais dans Le Monde ne me
semble pas dramatique.
M. Jacques
Myard. C’est inadmissible ! Demandez donc au
New York Times s’il compte respecter le principe de
réciprocité !
Mme la
ministre. Je n’ai pas remarqué d’invasion de musique
britannique sur Radio France. Les obligations qui incombent au
groupe sont considérables : plus de 50 % de chanson
française sur les différentes stations, notamment Le
Mouv’.
À propos de
France 24, je rejoins votre analyse : la chaîne doit
diffuser des programmes en anglais, en arabe, en français et,
pourquoi pas, demain, en mandarin.
*
La commission
a examiné pour avis les crédits de la mission «Médias »
pour 2009 au cours de sa troisième séance du mardi 4 novembre
2009.
M. le
Président Axel Poniatowski. La commission doit, après la
commission élargie qui s’est tenue le 29 octobre, se prononcer
sur les crédits de l’audiovisuel extérieur ; j’invite le
Rapporteur pour avis à présenter en conséquence son
explication de vote.
M. Didier
Mathus, rapporteur pour avis. La tentative de réforme de
l’audiovisuel extérieur, qui a été menée dans des conditions
pour le moins discutables, s’avère un échec concernant TV5
Monde puisque la position de la France s’y trouve aujourd’hui
fragilisée. Quant à France 24 et RFI, il serait prématuré
de se prononcer sur leur devenir. L’incapacité à mesurer
l’impact de France 24 après du public rend l’appréciation
particulièrement difficile. C’est pourquoi je m’abstiendrai de
voter les crédits.
M. le
Président Axel Poniatowski. Je souhaite faire deux
remarques : en premier lieu, je m’interroge sur la
pertinence d’un rapprochement entre radio et télévision. Si
TV5 et France 24 peuvent être associées, RFI est un media
à part qui devrait se spécialiser sur l’Afrique. En second
lieu, je sais que je suis en désaccord total avec le
rapporteur, mais j’estime que la langue de diffusion de
France 24 doit être exclusivement le français. Seule une
chaîne d’information internationale française en langue
française présente un intérêt compte tenu de la
concurrence.
*
Alors que le
rapporteur s’abstient, la commission émet un avis
favorable à l’adoption des crédits de la mission
« Medias » pour 2009.
ANNEXE
Liste chronologique des personnes
entendues par votre rapporteur
1)
Lors d’un déplacement à Ottawa et à Montréal, du 24 au 26
septembre 2008
Ambassade
de France à Ottawa
- M.
François Delattre, ambassadeur de France
- Mme Lise
Talbot-Barré, première secrétaire
- M.
Olivier Boasson, conseiller culturel
- Mme
Caroline Jacquemot-Gindre, attachée
audiovisuel
Consulat
général de France à Montréal
- M.
Pierre Robion, consul général de France
- Mme Nathalie
Pradère, consule générale adjointe
Consulat
général de France à Québec
- M.
François Alabrune, consul général de France
- M.
Stéphane Catta, conseiller de coopération et d’action
culturelle
- Mme Estelle
Priest, chargée de mission audiovisuel
- M.
François Croquette, attaché culturel
- M.
Frédéric Paruta, chef du service de presse
Ministère
du Patrimoine canadien
- M.
René Bouchard, directeur général des affaires
internationales
- Mme Myriam
Brochu, gestionnaire des programmes audiovisuels
internationaux
Autres
personnalités rencontrées
- M. François
Filion, conseiller à la direction des affaires de la
francophonie, au ministère des affaires étrangères et du
commerce international
- Mme Rose-Marie
Losier-Cool, sénatrice du Nouveau Brunswick, Présidente
intérimaire du Sénat et membre de la commission des langues
officielles du Sénat
- M. Michel
Morin, conseiller au Conseil de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes
TV5
Québec-Canada
–Mme Suzanne
Gouin, présidente directrice générale
Radio
Canada
M. Sylvain
Lafrance, vice-président
Antenne
de Radio Canada à Ottawa
- M.
Richard Simoens, directeur
- Mme
Agathe Camiré, agente principale des
communications
Télé-Québec
M. Claude
Plante, directeur général des affaires internationales
2) A
Paris
Office
fédéral suisse de la communication
M. Frédéric
Riehl, vice-directeur droit et international
Télévision
Suisse Romande
M. Gilles
Marchand, directeur
Ministère
des affaires étrangères
- Mme Victoire
Bidegain di Rosa, conseillère culturelle au Cabinet du
Ministre
- M.
Richard Boidin, directeur de l’audiovisuel extérieur
Services
du Premier Ministre - Direction du développement des
médias
- Mme Laurence
Franceschini, directrice du développement des médias
- Mme
Emmanuelle Bensimon, sous-directrice de la communication
audiovisuelle
Société
Audiovisuel extérieur de la France
- M.
Alain de Pouzilhac, président du directoire
- Mme
Christine Ockrent, directrice générale
TF1
- M.
Nonce Paolini, Président directeur général
- M.
Jean-Pierre Paoli, directeur de la stratégie et du
développement
- Mme
Marie-Charlotte Guichet, directrice des relations
institutionnelles
France
Télévisions
- M.
Patrick de Carolis, président directeur général de France
Télévisions
- M.
Alain Belais, directeur des relations internationales
- Mme Anne
Grand d’Esnon, directrice des relations
institutionnelles
Intersyndicale
de Radio France Internationale
- Mme Nina
Desesquelle (SNJ)
- Mme Maria
Afonso (FO, secrétaire du CE)
- M.
Gilles Cheuvreux (FO)
- M.
Marc Thiebault (CFDT)
- M.
Rafael Reynes (CFDT)
- Mme
Francoise Delignon (SNRT-CGT)
- Mme Elisa
Drago (SNJ-CGT)
- M.
Julio Feo (SNJ-CGT)
© Assemblée nationale
1 () Rapports
particuliers de la Cour des comptes sur les comptes et la
gestion des opérateurs de l’audiovisuel extérieur, publiés
dans le rapport d’information n° 1087, présenté par M. Patrice
Martin-Lalande, juillet 2008.
2 () et
jusqu’au 29 septembre dernier, président du directoire de
France 24.
3 () Décret
du 14 avril 2008 portant nomination au conseil
d'administration de la société Audiovisuel Extérieur de la
France.
4 () couvrant
la période d’avril à décembre puisque la société a été créée
le 4 avril 2008.
5 () Le
programme 115 « Audiovisuel extérieur », sur lequel étaient
inscrits les crédits finançant les trois sociétés de
l’audiovisuel extérieur dont le ministère des affaires
étrangères et européennes (MAEE) assurait la tutelle, à savoir
Radio France Internationale (RFI), TV5 Monde et CFI, ainsi que
la radio franco-marocaine Médi 1 ; le programme
116 « Chaîne française d’information internationale »,
finançant exclusivement la chaîne française d’information
internationale (CFII) dénommée France 24.
6 () Le
programme 844 dépend du compte de concours financier
« Avances à l’audiovisuel ».
7 () Rapport
d’information n° 1087 de M. Patrice Martin-Lalande
relatif aux rapports particuliers de la Cour des comptes sur
els comptes et la gestion des opérateurs de l’audiovisuel
extérieur, déposé le 22 juillet 2008,
p. 46.
8 () Rapport
d’information n° 1087 précité, p. 45.
9 () Loi n°
2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie,
article 143 : le premier alinéa de l’article 47 de la loi
n° 86-1067 du 30 septembre 1986 précitée est ainsi
rédigé : « L’Etat détient directement la
totalité du capital des sociétés France Télévisions et Radio
France et, directement ou indirectement, la totalité du
capital de la société Radio France
Internationale ».
10 () Rapport
d’information n° 1087 précité, p. 73.
11 () Rapport
d’information n° 1087 précité, p. 73.
12 () Rapport
d’information n° 1087 précité, p. 15.
13 () Selon
l’expression de M. Sylvain Lafrance, vice-président de
Radio-Canada.
14 () Le 18
septembre, le premier ministre, alors en campagne électorale,
a promis d’augmenter de 25 millions de dollars sur cinq
ans le soutien à TV5 selon la répartition suivante : 10
millions pour TV5 Québec-Canada et 15 millions pour TV5
Monde. |