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Lundi dernier le 9
novembre,s'est déroulé à l'Assemblée nationale le débat
sur l'examen des crédits "médias" dans le cadre du
projet de loi de finances pour 2010.Frédéric
Mitterrand,ministre de la Culture et de la
Communication, a défendu son budget et il ne s'est pas
trop éloigné de la ligne de conduite tracée par
son Gouvernement,silence sur la crise sociale à
RFI.
VOUS POUVEZ LIRE
L'INTÉGRALITÉ DU DISCOURS DE F.MITTERRAND SUR
L'AUDIOVISUEL EXTÉRIEUR EN CLIQUANT
ICI
Parmi les nombreux
sujets abordés nous retrouvons bien évidemment soit le
dossier RFI,soit l'Audiovisuel Extérieur de la
France , ils ont été évoqués à plusieurs reprises par
les députés,notament par Patrice Martin-Lalande
(UMP) rapporteur spécial de la commission des
finances, de l’économie générale et du contrôle
budgétaire, pour les médias,il a salué les premiers
résultats de la transformation de l'Audiovisuel
Extérieur de la France en tant que média global et le
succès de la nouvelle chaîne France 24, sous la conduite
d'Alain de Pouzilhac et de Christine Ockrent mais a
souligné aussi que:" L'AEF devra maintenant achever sa
constitution en média global, tel que la loi le
prévoit".Patrice Martin-Lalande remarque par ailleur que
reste à mener à bien deux chantiers: "d’une part, la
difficile réorganisation de RFI, en achevant le
processus de ciblage des zones et des langues de
diffusion, rendu nécessaire par les évolutions
géostratégiques et les mutations technologiques ;
d’autre part, la négociation d'un premier contrat
d’objectifs et de moyens."
"À ce sujet je ne peux que déplorer
l'absence d’un tel contrat,alors que le Parlement va se
prononcer sur les crédits alloués à l’Audiovisuel
extérieur de la France" ajoute-t-il et enfin il
declare:"Si la fondation de l'AEF semble sur la bonne
voie, il est toutefois nécessaire de définir les
modalités précises du pilotage politique de
l'audiovisuel extérieur.Je redis cette année qu’il
appartient non pas au conseil d'administration de la
holding, mais bien aux ministères concernés, de définir
la politique de la France. Il conviendrait, au-delà des
réunions interministérielles qui précèdent les conseils
d'administration de l'AEF, qu'une instance dédiée
garantisse ce pilotage politique".
Moins indulgents en revanche les propos de
Christian Kert (UMP),rapporteur et vice-président
de la commission des affaires culturelles, qui sous
sollicitation de Maxime Gremetz (PCF) affirme concernant
le conflit social à RFI: "Nous avons estimé que nous ne
pouvions pas rester étrangers à ce conflit qui
s’enlise".Christian Kert a annoncé que la commission des
affaires culturelles et de l’éducation va recevoir
bientôt la direction de RFI et sur les applaudissements
des bancs des groupes UMP il retorque :"Nous aimerions
aider RFI à sortir de cette impasse. Ce n’est pas votre
aval que nous attendons dans cette affaire, monsieur le
ministre, mais votre simple soutien".
Didier Mathus:"RFI
joue un rôle irremplaçable dans certaines régions du
monde"
Didier Mathus
(PS photo à droite),
rapporteur de la commission des affaires étrangères à
l'Assemblee nationale denonce la difficulté d'analyser
le budget de la holding AEF,en l’absence du contrat
d’objectifs et de moyens."On nous annonce depuis le mois
de mai qu’il va être incessamment communiqué. Nous
avions espéré que le Parlement pourrait l’avoir en sa
possession afin d’éclairer le débat budgétaire.
Malheureusement, ce n’est pas le cas, ce qui fait que la
lisibilité budgétaire de l’AEF est extrêmement réduite.
Cela a amené la commission des affaires étrangères à
s’interroger avec beaucoup de force sur cette opacité
budgétaire" déplore-t-il.Didier Mathus signale le manque
de lisibilité sur le pilotage de l’AEF:"Qui pilote
réellement l’AEF ? Un interministériel, sûrement de très
qualité, dans lequel on retrouve le ministère de la
culture, la Direction du développement des médias,le
cabinet du Premier ministre, le ministère des affaires
étrangères. Chronologiquement,nous constatons un
effacement des affaires étrangères dans un domaine où la
décision politique pourtant est d’importance puisqu’il
s’agit de faire le choix des langues et des zones
géographiques cibles dans notre action extérieure. Nous
pouvons regretter, en tout cas la commission l’a fait,
cet effacement des affaires étrangères".Didier Mathus
souligne que cette situation cumule tous les
inconvénients car il n’y a ni un pilotage politique
précis qui corresponde à des orientations stratégiques
nationales, ni la crédibilité de l’indépendance, puisque
cet audiovisuel extérieur est dirigé par la compagne du
ministre des affaires étrangères.
Didier Mathus considere que le
Gouvernement ne peut plus rester immobile dans cette
affaire:"Nous savons tous le rôle irremplaçable que joue
RFI dans certaines régions du monde. C’est une vraie
radio, avec ses vraies spécificités, c’est une radio de
journalistes, pas une radio d’animateurs" affirme t-il
et ajoute:"Quels sont les arguments avancés par l’AEF
pour s’en prendre à RFI ? Quand on veut tuer son chien,
on dit qu’il a la rage. En l’occurrence, la rage,
c’était à la fois le déficit – mais le déficit d’une
entreprise publique, nous savons que c’est ce que veut
bien en faire l’actionnaire unique, c’est-à-dire l’État
– et une perte d’audience supposée de 8 millions
d’auditeurs. En réalité, ce chiffre ne repose que sur
une étude très mystérieuse, attribuée à un groupement
qui s’appelle le GEDA, qui n’est rien d’autre qu’un
institut universitaire belge – je n’ai absolument rien
contre la Belgique mais il se trouve que cet institut
est inconnu de toutes les grandes entreprises de mesure
de l’audience qu’il s’agisse de la SOFRES, de l’IFOP,
etc. Il semble assez mystérieux que personne ne
connaisse l’origine d’une étude qui a été revendiquée,
matraquée par la direction de l’AEF. J’ai beaucoup de
doutes sur cette étude."
En outre, Didier Mathus relève que
plusieurs fautes psychologiques ont été commises dans ce
conflit:"On ne peut pas à la fois donner le sentiment de
vouloir marginaliser le média radio au profit de la
télévision de format breaking news comme France 24,
expliquer que la masse salariale de RFI est trop élevée
et, dans le même temps, augmenter le budget de l’AEF de
1,5 million d’euros par rapport aux prévisions
budgétaires, uniquement à cause du salaire des
dirigeants".Didier Mathus juge que la crise à RFI
est inacceptable et demande de réagir d’urgence,il
annonce aussi que la commission des affaires étrangères
a décidé, la semaine dernière, de former une mission
d’information sur la situation à RFI et il declare que
le Gouvernement doit s'occuper de le dossier RFI car:"La
direction de l’AEF n’est plus en état aujourd’hui de
régler convenablement la situation de RFI. Il faut
désigner un médiateur,il faut que le Gouvernement s’en
mêle."
Selon Didier Mathus,RFI est une grande
radio. Une radio de journalistes, qui sont des experts
et apportent un éclairage formidable en matière de
politique étrangère:"Ils ne comprennent pas le projet de
réorganisation de leur radio. On sent, en filigrane, que
des maladresses ont été commises par les dirigeants de
l’AEF" affirme t-il et il ajoute:" On ressent une sorte
d’incompréhension de ce qu’est le média radio et de sa
spécificité dans certaines zones géographiques, en
particulier en Afrique, où l’on a pu relever des erreurs
stratégiques curieuses. La direction de RFI, par
exemple, veut promouvoir avec la société Orange des
modes de communication de la radio par téléphone mobile
et développer Internet en Afrique. Quand on connaît le
prix des communications mobiles et que l’on sait que
l’essentiel de son territoire n’a même pas
l’électricité, on comprend que des erreurs stratégiques
ont été commises."
Didier Mathus estime que "la situation est bloquée,
car les dirigeants de l’AEF n’ont plus la légitimité, la
crédibilité nécessaires pour être les artisans du
dénouement de cette crise. Or ce dénouement est
aujourd’hui indispensable". Il n’est pas acceptable,
après le plus long conflit de l’histoire de
l’audiovisuel public, que le Gouvernement s’en tienne à
des atermoiements. Il doit se saisir de ce dossier, ou
mieux, nommer un médiateur pour parvenir le plus vite
possible au dénouement, que tout le monde souhaite. On
ne peut pas laisser RFI, qui est une grande radio et
accomplit un travail exceptionnel, dans la situation où
elle est depuis maintenant plus de six mois. Ce n’est
pas acceptable. Le Gouvernement doit intervenir. C’est
une radio cent pour cent publique. Nous souhaitons un
moratoire sur les 206 suppressions d’emplois. On ne peut
dire, comme la direction de l’AEF, que RFI fait du bon
travail et supprimer dans le même temps 25 % de ses
effectifs. Nous savons qu’il y aura nécessairement des
licenciements.Il est légitime qu’il y ait des
redéploiements de langues. C’est l’évolution naturelle
d’une radio de cette nature. Mais il ne nous semble pas
convenable que cela passe par la suppression de
25 % des effectifs",conclut-il.
François Rochebloine
(NC photo à
droite) de son côté a affirmé que:"La conduite de
l’audiovisuel extérieur et la gestion de la crise
majeure qui ébranle RFI continue de susciter des
interrogations. Entre autres mesures, le Gouvernement
avait, l’an passé, annoncé dans le cadre du projet
global de modernisation de Radio France internationale
la suppression de 206 postes. Sans pour autant remettre
en question cette réforme, qui était sans doute
nécessaire, les représentants du personnel en
conviennent, il nous faut déplorer la manière dont la
crise générée par cette politique a été gérée"
François Rochebloine ajoute
aussi que : "Outre une réforme dont les objectifs
sont restés assez flous, on ne peut que regretter la
gestion de la crise sociale qu’elle a engendrée, crise
exacerbée au demeurant par l’annonce d’embauches à
France 24 alors même que RFI devait licencier. On peut
d’ailleurs légitimement s’interroger sur les raisons
pour lesquelles certaines personnes de RFI n’ont pas
alors été transférées à France 24".
Patrick Bloche:"la
crise à RFI 'un scandale d'État' "
Patrick Bloche (PS) a rappelé que
les journalistes de RFI continuent à remplir leur
mission que permet soit à des peuples de recouvrer la
liberté,soit à ne pas oublier que la France est la
patrie des droits de l’Homme.Il a estimé aussi
que:"Aujourd’hui, force est de constater que
l’entreprise de démolition de cette radio centrale dans
le paysage de la francophonie se poursuit avec tout
l’acharnement qu’y met un couple dirigeant contesté pour
de multiples raisons et il a ajouté enfin que:" Il n’est
que temps d’entendre le message des personnels de RFI
mobilisés depuis de longs mois pour empêcher la
suppression de 206 emplois, que ne justifie en rien la
situation financière de RFI, et de mettre fin ainsi à un
scandale d’État".
Patrick Bloche denonce la
volonté de tuer RFI et il a appellé Alain de
Pouzilhac (PDG AEF) à
démissionner.
Maxime Gremetz (PCF),définit la
crise à RFI "le scandale des scandales",et il souligne
que:"Les personnels se battent depuis des mois,on n’a
jamais vu cela en France. Ils engagent une procédure
judiciaire et ils obtiennent une victoire : le tribunal
déboute la direction" et enfin il declare que ;"Le
tribunal a jugé que la direction devait présenter son
contrat d’objectifs et de moyens, mais, à ce jour, elle
refuse de le faire. Elle se moque des décisions des
tribunaux,il faut maintenant faire respecter la décision
du tribunal. À partir du contrat d’objectifs et de
moyens, les organisations syndicales pourront discuter
sérieusement en disposant d’un minimum d’information, ce
qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui"
conclut-il.
De la situation à RFI s' est plaint aussi
Noël Mamère (Les Verts) qui a exprimé sa vive
inquiétude au sujet de RFI:" À RFI, la rédaction se bat
avec acharnement depuis des mois pour lutter contre la
reprise en main politique et les suppressions de postes
et de programmes" declare t-il.
L'indifférence de
Frédéric Mitterrand
Après les propos des députés,
Frédéric Mitterrand ( photo à droite) a
souligné que la réforme,de l’audiovisuel extérieur
engagée dès l’été 2007 à l’initiative du Président de la
République,était indispensable et que la politique
audiovisuelle extérieure de la France souffrait depuis
trop longtemps d’un manque de cohérence et d’efficacité
de ses opérateurs.Avec cette réforme, est réaffirmé le
rôle de pilotage stratégique et de coordination d’AEF,
qui devient la société nationale de programme chargée de
l’audiovisuel extérieur de la France.
Frédéric Mitterrand relève que:"La
stratégie proposée par les dirigeants d’AEF consiste,
dans un premier temps, à réaliser de forts
investissements dans chacune des sociétés avant une
phase de retour sur investissements, grâce à une
meilleure coordination entre les sociétés et grâce au
développement des ressources propres.La forte
augmentation des ressources publiques inscrite au PLF
pour la société AEF témoigne du soutien de l’État à la
stratégie proposée par ses dirigeants : 315 millions
d’euros à l’audiovisuel extérieur de la France en 2010,
soit une dotation en hausse de 6 % par rapport au
montant inscrit en loi de finances initiale 2009" et il
ajoute que :"Grâce à ces moyens renforcés, France 24,
chaîne d’information née en 2006, va se déployer
progressivement au niveau mondial et en plusieurs
langues. TV5 Monde, chaîne à laquelle je suis également
attaché, s’engage dans la deuxième année de mise en
œuvre de son plan stratégique 2009-2012, avec l’ambition
de conforter sa diffusion sur les cinq continents, où
elle est une vitrine de la culture et des valeurs de la
francophonie".
Quant à RFI Frédéric Mitterrand juge
prioritaire "la relance de ses audiences",il
declare qu'il est necessaire développer la
diffusion FM, mais également la diffusion sur les
nouveaux médias et qu'il convient également d’adapter la
politique des langues aux évolutions géopolitiques du
monde, en développant notamment les langues prioritaires
pour le groupe.
Sur la crise sociale à RFI Frédéric
Mitterrand estime que la radio mondiale: "Traverse une
crise existentielle profonde" et il remarque que la
reforme de Radio France Internationale,trop longtemps
différée est essentielle "à la survie de la société".Le
ministre annonce que la relance de RFI doit se mettre en
œuvre dès le début de 2010:"C’est une exigence que nous
devons tous porter ensemble" declare t-il.Concernant le
pilotage politique de l’audiovisuel extérieur
F.Mitterand s' est démontré peu bavard en soulignant
seulement:" Il est connu et déjà opérant".
Le ministre a détaillé que d'un point de
vue administratif, la direction du développement des
médias est responsable de la tutelle de l’AEF et que la
DDM rapporte au cabinet du Premier ministre;d’un point
de vue politique,il est tout aussi clair que c’est à ce
niveau que le pilotage s’exerce. Les différents
ministères concernés par l’audiovisuel extérieur,qu’il
s’agisse des affaires étrangères et européennes, de
l’économie, du budget, ou de la culture et de la
communication, se retrouvent à Matignon en réunions
interministérielles pour débattre et arbitrer les
grandes orientations stratégiques de l’AEF.Donc
l'audiovisuel extérieur de la France est désormais
piloté à Matignon et non plus au Quai d'Orsay, où tant
d'errements furent constatés ces dernières années.
Appui renoué à la direction de
RFI
Frédéric Mitterrand a précisé :" Le sort
de RFI m’est particulièrement cher, car c’est là que
j’ai commencé à travailler. J’ai passé deux années à y
faire des piges au tout début de son existence. Je
connais donc bien cette maison et je l’admire. J’ai pu
vérifier l’importance, la valeur de RFI dans le paysage
audiovisuel français, la qualité des informations et du
travail des journalistes. Cependant, dès cette
époque-là, j’ai été frappé par un certain nombre de
dysfonctionnements, qui n’ont fait que s’aggraver et
appellent à une refonte de l’institution.
Le ministre de la culture a souligné enfin
que Radio France Internationale est l’une des pièces
maîtresses de l’audiovisuel extérieur de la France. Mais
elle a été trop longtemps oubliée par sa
tutelle.Résultat : la situation financière est très
dégradée, avec des déficits récurrents. "Les capitaux
propres sont devenus négatifs. Une grande partie des
personnels éprouve un sentiment d’abandon Avec la
réforme en cours, RFI pourra retrouver les moyens de
faire face aux mutations technologiques que connaît le
secteur des médias, et renforcer ses missions là où elle
dispose d’une implantation forte". Je pense
essentiellement à l’Afrique, où la diffusion en langue
vernaculaire en swahili, en haoussa va être renforcée"
remarque t-il."En revanche, là où RFI a une audience
confidentielle, comme c’est le cas en Europe de l’Est,
il est légitime de repenser sa stratégie et de
l’orienter vers de nouveaux modes de diffusion, comme
Internet ou la webradio".
Selon Frédéric Mitterrand un
nombre important de membres du personnel s’est prononcé
pour des départs volontaires
Sur la crise au sein de RFI il y a donc
beaucoup de questions,peu de réponses,Frédéric
Mitterrand n'a pas donné aucune réponse sur le COM par
exemple,thème centrale de l'action de la direction de
l'AEF et de l'Etat.Malheureusement il y a une seule
certitude Frédéric Mitterrand est desormais le
porte-parole zélé du Gouvernement sans capacité ni
volonté de repondre ni aux salariés,ni aux députés et
ses allocutions sont devenues des simples comptes rendus
d'un ordinaire conseil des ministres,sans aucune
expertise personelle. |